La carte de Al-Hakim bi-Amr Allah
Mulukhiyya à l'ail et au lapin
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Ragoût-socle du simât (plat vert quotidien partagé)

Mulukhiyya à l'ail et au lapin

QuotidienDocumentée🍄 🧂moyen1 h 15
Ragoût-socle du simât (plat vert quotidien partagé)

Mulukhiyya à l'ail et au lapin

Pourquoi ce plat ? La mulukhiyya — soupe de feuilles de corète potagère liées en velouté soyeux — est LE plat populaire de l'Égypte fatimide. Or les chroniqueurs rapportent qu'Al-Hakim l'interdit formellement à ses sujets, parmi d'autres aliments qu'il jugeait liés à des adversaires de sa dynastie. Aucun plat ne dit mieux son règne : ce que le peuple aimait, le calife pouvait le rayer d'un décret.

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Ragoût-socle du simât (plat vert quotidien partagé)

Un velouté vert profond de feuilles de corète hachées fines, cuit dans un bouillon de lapin, puis réveillé d'une taqliya d'ail et de coriandre versée brûlante. On le mange sur du riz ou trempé de pain.

Sache, toi qui lis ce rouleau, que j'ai défendu la mauve verte des jardins à tous mes sujets, et que nul marchand n'osait plus en crier le nom dans les ruelles du Caire. Pourquoi ? Parce qu'un calife décide aussi de ce qui entre dans la bouche de son peuple. Voici pourtant comment on la prépare en mon Égypte : on hache les feuilles plus fin que poussière, on les noie dans un bouillon de lapin, et l'on jette dessus l'ail pilé qui chante dans le beurre. Beaucoup pleurèrent mon interdit ; c'est dire combien ils l'aimaient.
Al-Hakim bi-Amr Allah
Ingrédients
  • Feuilles de corète potagère (mulukhiyya) fraîchesun grand panier (base verte du velouté)
  • Lapin (ou poule)une bête (bouillon et viande)
  • Ailune bonne tête (taqliya parfumée)
  • Coriandre verte et grainesune poignée (signature aromatique)
  • Beurre clarifié (samn)quelques cuillerées (corps gras de la taqliya)
  • Sel, poivre longselon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Dans l'Égypte médiévale, la mulukhiyya se cuisinait dans presque chaque foyer, du fellah au palais, avec la viande qu'on pouvait s'offrir — lapin, poule ou simplement bouillon. La finesse du hachage et la taqliya d'ail faisaient la réputation d'une cuisinière. L'interdiction d'Al-Hakim resta célèbre précisément parce qu'elle visait un plat du quotidien aimé de tous.
Sources : Ibn Sayyâr al-Warrâq, Kitâb al-Tabîkh (Xe s.) · al-Maqrîzî, al-Khitat (description du Caire fatimide et des interdits d'Al-Hakim) · Lilia Zaouali, L'Islam de marché : cuisine et gastronomie en terre d'islam

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