Amy Beach(1867 — 1944)

Amy Beach

États-Unis

8 min de lecture

MusiqueXXe siècleAmérique de la fin du XIXe et début du XXe siècle, période d'affirmation d'une identité musicale nationale américaine

Amy Beach (1867-1944) est la première compositrice américaine à avoir réussi à faire créer une symphonie par un grand orchestre professionnel. Figure pionnière de la musique classique américaine, elle composa plus de 150 œuvres, dont la célèbre Gaelic Symphony (1896).

Citations célèbres

« I am an American composer, and I am proud of it. »

Faits marquants

  • 1867 : naissance à Henniker, New Hampshire
  • 1896 : création de la Gaelic Symphony par le Boston Symphony Orchestra — première symphonie d'une compositrice américaine jouée par un grand orchestre
  • 1900 : composition du Concerto pour piano en do dièse mineur
  • 1910-1914 : tournée de concerts en Europe avec grand succès
  • 1944 : décès à New York

Œuvres & réalisations

Messe en mi bémol majeur, op. 5 (1892)

Œuvre chorale monumentale créée par la Handel and Haydn Society de Boston. Ce fut l'une des premières grandes compositions d'Amy Beach à être jouée publiquement, et elle lui valut une reconnaissance immédiate dans le milieu musical américain.

Symphonie gaélique en mi mineur, op. 32 (1896)

Première symphonie composée et publiée par une femme américaine, créée par l'Orchestre symphonique de Boston sous la direction d'Emil Paur. Beach y intègre des thèmes mélodiques celtiques et irlandais pour forger une identité musicale américaine originale.

Sonate pour violon et piano en la mineur, op. 34 (1896)

Œuvre de musique de chambre très admirée qui témoigne de la maîtrise de Beach dans la forme sonate. Jouée dans toute l'Amérique du Nord et en Europe, elle contribua à sa réputation internationale.

Concerto pour piano en do dièse mineur, op. 45 (1900)

Concerto d'une grande virtuosité créé par Amy Beach elle-même en soliste avec l'Orchestre symphonique de Boston. Il est considéré comme l'un des concertos pour piano les plus ambitieux composés par un(e) musicien(ne) américain(e) de l'époque.

Quintette pour piano et cordes en fa dièse mineur, op. 67 (1907)

Œuvre de chambre majeure considérée comme l'une de ses compositions les plus abouties. Le quintette témoigne de l'influence du romantisme germanique tardif tout en affirmant une voix résolument personnelle.

« Ah, Love, but a Day », mélodie pour voix et piano, op. 44 n° 2 (1900)

L'une des mélodies vocales les plus populaires d'Amy Beach de son vivant, chantée par les grandes voix de l'époque. Elle illustre sa maîtrise de la mélodie de salon cultivée, genre prisé de la bourgeoisie musicale américaine.

Anecdotes

Amy Beach était une enfant prodige stupéfiante : à un an, elle chantait déjà une quarantaine de mélodies de mémoire avec une justesse parfaite, et à quatre ans, elle improvisait des contre-chants sur les airs que sa mère jouait au piano. Ces capacités extraordinaires convainquirent sa famille de lui offrir une formation musicale sérieuse à Boston dès l'âge de sept ans.

Lorsqu'elle épousa le Dr Henry Harris Aubrey Beach en 1885, à dix-huit ans, son mari — médecin respecté de Boston — lui interdit de donner des concerts publics payants plus d'une ou deux fois par an, estimant que cela ne convenait pas à son rang. Pendant vingt-cinq ans, Amy canalisa toute son énergie dans la composition, produisant des œuvres de grande envergure malgré ces contraintes sociales imposées par la société victorienne.

La création de la Symphonie gaélique par l'Orchestre symphonique de Boston le 30 octobre 1896 fut un événement historique : c'était la première fois qu'une symphonie composée par une femme américaine était jouée par un grand orchestre professionnel. Les critiques, surpris par la maîtrise technique de l'œuvre, soulignèrent qu'elle n'avait rien à envier aux compositeurs masculins de l'époque.

Amy Beach était largement autodidacte en matière de composition : elle n'eut jamais de professeur officiel et apprit essentiellement en analysant les partitions des grands maîtres. Elle traduisit elle-même les traités d'harmonie et de contrepoint allemands, notamment ceux d'Adolph Bernhard Marx, ne lisant pas l'allemand. Cette démarche singulière lui forgea un style personnel et une rigueur intellectuelle rare.

Après la mort de son mari en 1910, Amy Beach entreprit une longue tournée européenne (1911-1914) où elle se produisit comme pianiste en Allemagne et en Autriche avec un grand succès. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale la contraignit à rentrer aux États-Unis, où elle devint une figure incontournable de la vie musicale américaine jusqu'à la fin de sa vie.

Sources primaires

Critique de la première de la Symphonie gaélique, Boston Evening Transcript (31 octobre 1896)
Mrs. H.H.A. Beach has achieved a remarkable success with her Gaelic Symphony. The work shows a command of orchestral resources and a mastery of form that would do credit to any composer of either sex.
Amy Beach, article dans The Etude (revue musicale américaine) (vers 1914)
I have always composed at the piano, working out my ideas at the keyboard and then committing them to paper. Harmony and counterpoint I learned largely from the study of scores, translating the German treatises myself.
Programme officiel de l'Orchestre symphonique de Boston, première de la Symphonie gaélique (30 octobre 1896)
Symphony in E minor ('Gaelic'), Op. 32, composed by Mrs. H.H.A. Beach. World premiere performance under the direction of Emil Paur.
Critique du Concerto pour piano, Boston Globe (7 avril 1900)
Mrs. Beach's concerto is a work of remarkable scope and ambition. As both composer and soloist, she demonstrated a command of the orchestra that places her among the foremost musicians this country has produced.

Lieux clés

Henniker, New Hampshire, États-Unis

Petite ville de Nouvelle-Angleterre où Amy Beach naquit le 5 septembre 1867. Ce cadre rural de la Nouvelle-Angleterre fut celui de son enfance et de l'éclosion de son talent musical exceptionnel.

Boston, Massachusetts, États-Unis

Centre de la vie musicale et intellectuelle d'Amy Beach pendant plus de vingt-cinq ans. C'est là que furent créées la plupart de ses grandes œuvres par l'Orchestre symphonique de Boston et la Handel and Haydn Society.

MacDowell Colony, Peterborough, New Hampshire, États-Unis

Résidence d'artistes où Amy Beach séjourna régulièrement à partir des années 1930, composant dans un environnement créatif propice. Elle y côtoya d'autres grands artistes américains de son époque.

Hambourg, Allemagne

Ville où Amy Beach se produisit avec un grand succès lors de sa tournée européenne (1911-1914). Ses concerts y furent très bien accueillis par la critique, lui conférant une reconnaissance internationale inattendue.

New York, États-Unis

Ville où Amy Beach passa les dernières années de sa vie et où elle mourut le 27 décembre 1944. Elle y fut active dans la vie musicale américaine jusqu'à ses derniers jours.

Voir aussi