Amiral français né en 1733, il se distingue pendant la guerre d'indépendance américaine avant de devenir ministre de la Marine sous la Révolution (1791-1792). Sénateur sous l'Empire napoléonien, il incarne la continuité entre l'Ancien Régime naval et les institutions révolutionnaires.
Antoine-Jean-Marie Thévenard(1733 — 1815)
Antoine-Jean-Marie Thévenard
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 2 juillet 1733 à Saint-Malo
- Participe à la guerre d'indépendance américaine aux côtés des insurgents (1778-1783)
- Nommé ministre de la Marine et des Colonies de 1791 à 1792 sous la Révolution
- Élevé au rang de sénateur sous le Consulat et l'Empire napoléonien
- Décède le 13 mars 1815, à la veille des Cent-Jours
Œuvres & réalisations
En qualité de ministre de la Marine sous l'Assemblée législative, Thévenard tenta de préserver la cohérence opérationnelle de la flotte française face aux départs massifs d'officiers émigrés et à l'indiscipline croissante des équipages révolutionnaires.
Thévenard participa aux opérations navales françaises en soutien aux insurgents américains, commandant des bâtiments en Atlantique et aux Antilles et contribuant à la pression maritime sur la Grande-Bretagne.
Sur plus de quarante ans de service actif, Thévenard gravit tous les échelons de la hiérarchie navale jusqu'au rang d'officier général, participant aux guerres coloniales et aux conflits européens de la seconde moitié du XVIIIe siècle.
Nommé sénateur sous le Premier Empire, Thévenard siégea dans la haute assemblée napoléonienne, incarnant la continuité entre les institutions navales de l'Ancien Régime et les nouvelles structures politiques issues de la Révolution.
Anecdotes
Né à Saint-Malo en 1733, Thévenard grandit dans une cité de corsaires et de marins où l'odeur du goudron et le vacarme des chantiers navals formaient le décor de son enfance. Cette ville de Duguay-Trouin lui transmit une vocation maritime précoce, et il s'engagea dans la Royale dès l'adolescence, suivant une voie tracée par des générations de marins bretons.
Lors de la guerre d'indépendance américaine (1778-1783), Thévenard commanda plusieurs navires et participa aux opérations navales en Atlantique et aux Antilles, aux côtés de l'escadre française soutenant les insurgents américains. Ces campagnes lui valurent d'être remarqué par sa hiérarchie pour son sang-froid et ses qualités de commandement lors des engagements contre la Royal Navy britannique.
Nommé ministre de la Marine en octobre 1791 sous l'Assemblée législative, Thévenard se trouva face à une situation explosive : les officiers de la Royale, pour beaucoup issus de la noblesse, avaient massivement émigré, laissant la flotte française sans cadres expérimentés. Il s'efforça de maintenir la discipline et la cohérence opérationnelle d'un corps décimé par la vague révolutionnaire, un défi presque insurmontable.
Après sa courte période ministérielle (il quitta le poste en mars 1792), Thévenard traversa les années de la Terreur avec une prudence remarquable, évitant la guillotine qui fauchait tant d'officiers de l'Ancien Régime. Sa discrétion lui permit de survivre là où des collègues aux états de service comparables périssaient, illustrant combien naviguer dans les eaux politiques révolutionnaires exigeait autant d'habileté que les tempêtes atlantiques.
Sous le Consulat puis l'Empire, Napoléon reconnut la valeur de ce marin-administrateur chevronné en le nommant sénateur. Thévenard incarnait ainsi la continuité de l'État français : né sous Louis XV, officier sous Louis XVI, ministre sous la Révolution, il siégeait désormais au Sénat impérial — traversant un demi-siècle de bouleversements sans jamais perdre la considération du pouvoir.
Sources primaires
Les lettres et circulaires adressées par Thévenard aux commandants des ports de Brest, Rochefort et Toulon entre octobre 1791 et mars 1792 documentent ses efforts pour maintenir la discipline et gérer les vacances de postes consécutives à l'émigration des officiers nobles.
Les états de service de Thévenard retracent ses campagnes successives depuis son entrée dans la Royale, ses grades successifs et ses commandements, incluant ses missions lors de la guerre d'Amérique (1778-1783).
Les registres des séances du Sénat impérial consignent les présences et votes de Thévenard parmi les sénateurs de l'Empire napoléonien, attestant de son rôle institutionnel sous le régime napoléonien.
Les rapports transmis par le ministère de la Marine à l'Assemblée législative durant la période de Thévenard témoignent de l'état de la flotte française et des difficultés à recruter des officiers en remplacement des émigrés.
Lieux clés
Cité corsaire bretonne où naquit Thévenard en 1733. Port historique de grande tradition maritime, elle forma des générations de marins et d'officiers de la Royale, dont Thévenard lui-même, imprégné dès l'enfance de la culture de la course et du commerce maritime.
Principal arsenal et base de la Marine royale française, Brest fut le port d'attache de nombreuses campagnes de Thévenard. C'est là que se préparaient les expéditions vers les Amériques, que s'armaient les vaisseaux de ligne et que s'entraînaient les équipages de la Royale.
Siège du ministère de la Marine situé place de la Révolution (ancienne place Louis XV, actuelle place de la Concorde), où Thévenard exerça ses fonctions de ministre d'octobre 1791 à mars 1792. Ce bâtiment abritait l'administration centrale de toute la flotte française.
Thévenard navigua dans les eaux des Caraïbes lors des opérations navales de la guerre d'indépendance américaine (1778-1783). Ces îles étaient des enjeux stratégiques majeurs entre la France et l'Angleterre, et le théâtre de combats navals importants.
Siège du Sénat conservateur de l'Empire napoléonien, où Thévenard siégea comme sénateur. Ce palais symbolisait la haute institution qui ratifiait les actes du pouvoir impérial et où se retrouvaient les notables ralliés à Napoléon.
Objets typiques

Instrument optique indispensable à tout officier de la Royale, la longue-vue permettait d'observer l'horizon, de repérer les vaisseaux ennemis et de lire les signaux de pavillon. Thévenard en usait quotidiennement lors de ses commandements en mer pour évaluer la situation tactique.

Produites par le Dépôt des cartes et plans de la Marine, ces cartes représentaient les côtes, les fonds marins et les routes navigables. Essentielles pour planifier les campagnes navales et éviter les écueils, elles constituaient l'outil de travail fondamental de tout amiral.

L'habit bleu à parements rouges et galons dorés distinguait les officiers généraux de la Royale. Sous l'Ancien Régime, il signalait l'appartenance à l'élite militaire royale ; sous la Révolution, ses insignes furent modifiés pour effacer les symboles monarchiques, avant d'être réformés sous l'Empire.

Instrument de navigation permettant de mesurer la hauteur des astres afin de calculer la position du navire en mer. Introduit au XVIIIe siècle, il révolutionna la navigation hauturière et équipait tous les vaisseaux de la Royale lors des campagnes transatlantiques de Thévenard.

L'épée à garde dorée était à la fois l'arme symbolique et réelle de l'officier de la Royale, portée en toutes circonstances en uniforme. Elle représentait l'honneur militaire et le rang ; lors des abordages, elle pouvait devenir une arme de combat.

Sous son ministère de la Marine (1791-1792), Thévenard rédigea et signa de nombreuses circulaires organisant l'administration navale en pleine crise révolutionnaire : nominations d'officiers, approvisionnements des arsenaux, règlements de discipline pour des équipages agités par les idées nouvelles.
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Vie quotidienne
Matin
À bord d'un vaisseau de ligne, l'officier général se levait avant l'aube pour assister aux manœuvres du quart du matin et inspecter l'état du navire avant de recevoir les rapports de ses lieutenants. À terre, lors de son ministère parisien, Thévenard dépouillait les dispatches arrivés pendant la nuit des préfets maritimes de Brest, Rochefort et Toulon, classant les affaires urgentes des moins pressées.
Après-midi
En mer, l'après-midi était consacrée aux exercices d'artillerie et aux manœuvres d'ensemble de l'escadre, essentiels pour maintenir l'efficacité des équipages et tester les tacticiens. Comme ministre, il recevait les officiers venus rendre compte, les fournisseurs des arsenaux et les délégations des ports, présidant des conseils pour régler les problèmes d'approvisionnement et de nominations urgentes.
Soir
En mer, l'amiral tenait table avec ses officiers principaux, occasion de discussions sur les opérations à venir et de maintien du moral au sein de l'état-major. À Paris sous la Révolution puis l'Empire, les soirées du ministre ou du sénateur se passaient en dîners avec des collègues du gouvernement et en réceptions mondaines où se traitaient discrètement les affaires politiques.
Alimentation
La table d'un officier général de la Marine était bien mieux pourvue que celle des simples matelots : en mer, il bénéficiait de provisions fraîches au départ (viandes, vins, fromages), qui cédaient la place aux conserves lors des longues traversées (biscuit de mer, viande salée, légumes secs). À Paris, il jouissait d'une alimentation bourgeoise et raffinée : rôtis, ragoûts, légumes des marchés et vins de Bordeaux ou de Bourgogne.
Vêtements
En service actif, Thévenard portait l'uniforme bleu à galons et épaulettes dorées de la Marine royale, modifié à la Révolution pour supprimer les emblèmes monarchiques. Comme ministre, il revêtait l'habit officiel à broderies avec l'épée d'honneur ; comme sénateur impérial, il arborait lors des cérémonies le grand costume de velours cramoisi et d'or prescrit par le cérémonial napoléonien.
Habitat
Pendant sa carrière navale active, Thévenard partagea son temps entre les cabines de commandant à bord des vaisseaux et les logements de fonctions dans les arsenaux. Nommé ministre, il résida à Paris dans un hôtel particulier adapté à sa charge ; comme sénateur de l'Empire, il disposait d'une dotation qui lui permettait de maintenir une demeure convenable à Paris, entre deux visites éventuelles à ses racines bretonnes.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Carrière militaire dans la Marine royale
1749-1792
Mandat de sénateur de l'Empire
1804-1814
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Voir aussi
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