Bronisława Dłuska
Bronisława Dłuska
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Médecin polonaise (1865-1939), sœur aînée de Marie Curie, elle finança les études de cette dernière à Paris. Pionnière de la médecine féminine en Pologne, elle dirigea une clinique à Zakopane et milita pour l'émancipation des femmes.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 7 octobre 1865 à Varsovie, dans une famille intellectuelle polonaise sous domination russe
- Obtient son diplôme de médecine à Paris en 1894, parmi les premières femmes médecins polonaises
- Accueillit sa sœur Maria (future Marie Curie) à Paris et finança ses études à la Sorbonne dans les années 1890
- Fonda et dirigea une clinique à Zakopane dédiée aux patients atteints de tuberculose
- Décède le 17 avril 1939 à Varsovie
Œuvres & réalisations
Principal œuvre de sa vie, cette clinique dans les Tatras accueillit des milliers de patients tuberculeux et devint une référence médicale polonaise pour le traitement de la maladie, combinant soins rigoureux et engagement social.
Son diplôme de docteur en médecine, obtenu à Paris au prix de grands sacrifices mutuels avec sa sœur, fit d'elle l'une des premières femmes polonaises médecins, ouvrant la voie à toute une génération.
Participation active à ce réseau d'enseignement clandestin féminin à Varsovie, qui permit à des dizaines de jeunes Polonaises d'accéder au savoir malgré les restrictions imposées par l'occupant russe.
En honorant le pacte conclu avec sa sœur, Bronisława finança l'installation de Maria à Paris — acte décisif sans lequel la future Marie Curie n'aurait peut-être jamais pu entreprendre les études qui la mèneraient au prix Nobel.
Durant toute sa carrière, Bronisława plaida activement pour l'accès des femmes aux études médicales et aux professions de santé en Pologne, participant à diverses associations féministes et prenant publiquement la parole.
Anecdotes
Bronisława et sa cadette Maria conclurent un pacte secret : l'aînée partirait la première étudier la médecine à Paris, tandis que Maria travaillerait comme gouvernante en Pologne pour lui envoyer une partie de son maigre salaire. En retour, Bronisława financerait ensuite les études parisiennes de sa sœur. Ce pacte de solidarité entre deux femmes déterminées, dans une Pologne sous domination russe qui leur fermait les portes des universités, allait changer le cours de l'histoire des sciences.
Lorsque Maria Skłodowska débarqua à Paris en 1891, elle trouva refuge chez Bronisława et son mari Kazimierz Dłuski, médecin comme elle. Le couple l'accueillit chaleureusement dans leur appartement parisien. C'est depuis ce foyer familial que la future Marie Curie allait commencer ses études à la Sorbonne, avant de s'installer seule dans une mansarde du Quartier latin pour se concentrer entièrement sur son travail.
Installée à Zakopane, grande station thermale des Tatras, Bronisława et son mari créèrent une clinique spécialisée dans le traitement de la tuberculose. À une époque où cette maladie ravageait l'Europe et où l'air pur des montagnes était l'un des rares remèdes disponibles, leur établissement accueillit des milliers de malades. Bronisława y développa une approche pionnière combinant soins médicaux rigoureux et engagement social envers les patients les plus démunis.
Dans sa jeunesse à Varsovie, Bronisława avait participé à l'Université volante (Latający Uniwersytet), un réseau clandestin de cours dispensés à domicile pour contourner l'interdiction faite aux femmes d'accéder à l'enseignement supérieur en Pologne russe. Cette expérience forgea profondément son engagement : toute sa vie, elle œuvra pour que les femmes puissent exercer librement les professions intellectuelles et médicales.
Après la mort tragique de Pierre Curie en 1906, Bronisława invita régulièrement Marie à venir se reposer à Zakopane, dans les montagnes des Tatras qu'elles aimaient toutes deux depuis l'enfance. Les deux sœurs entretinrent une correspondance assidue jusqu'à la mort de Marie en 1934 ; Bronisława, alors âgée de soixante-neuf ans, lui survécut cinq ans, témoin vivant de toute une époque.
Sources primaires
Ma sœur aînée Bronya avait déjà quitté Varsovie pour venir étudier la médecine à Paris. Je travaillais comme gouvernante pour lui envoyer chaque mois une part de mon salaire, conformément à notre accord.
C'est chez Bronya et Casimir Dłuski que Maria passa ses premières semaines parisiennes. Sa sœur médecin, gaie et courageuse, représentait pour elle un modèle et un soutien constant dans cette ville inconnue.
Ma chère Bronya, je t'enverrai ce mois-ci ce que j'ai pu économiser. C'est moins que prévu, mais tiens bon — ton diplôme viendra bientôt et alors ce sera mon tour de partir à Paris.
Dłuska (née Skłodowska), Bronisława — Thèse de doctorat en médecine soutenue et admise. Figurait parmi les premières femmes étrangères diplômées de médecine par la Faculté de Paris.
Lieux clés
Ville natale de Bronisława Skłodowska, où elle grandit dans une famille d'enseignants et fréquenta clandestinement l'Université volante avant de partir étudier la médecine à Paris.
C'est à Paris que Bronisława obtint son doctorat de médecine au début des années 1890, devenant l'une des premières femmes polonaises médecins formées en France, et qu'elle hébergea ensuite sa sœur Maria.
Station de montagne où Bronisława et son mari Kazimierz fondèrent et dirigèrent une clinique antituberculeuse qui devint une référence médicale en Pologne, dans un cadre de forêts de pins et de sommets enneigés.
Grande ville de Galicie sous domination austro-hongroise, plus libérale culturellement que la Pologne russe, où Bronisława exerça et où la communauté médicale et intellectuelle polonaise était particulièrement active.





