Portrait de Marie Curie

Marie Curie

Marie Curie

1867 — 1934

France, Empire russe, Deuxième République de Pologne

SciencesScientifiqueXIXe siècleFin du XIXe siècle et début du XXe siècle

Physicienne et chimiste polonaise naturalisée française (1867-1934). Pionnière de l'étude de la radioactivité, elle est la première femme à recevoir un prix Nobel et la seule à en recevoir deux dans des domaines différents. Ses découvertes ont révolutionné la physique et la chimie modernes.

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Citations célèbres

« La vie n'est pas facile pour aucun d'entre nous. Mais quoi, faut-il perdre courage pour cela ? »
« Rien n'est à craindre, tout est à comprendre. »

Faits marquants

  • 1898 : Découverte du polonium et du radium avec Pierre Curie
  • 1903 : Premier prix Nobel de physique partagé avec Pierre Curie et Henri Becquerel
  • 1911 : Deuxième prix Nobel, en chimie, pour la découverte du radium
  • 1934 : Décès des suites d'une leucémie aplasique causée par l'exposition aux radiations
  • 1995 : Panthéonisation à titre posthume en France

Œuvres & réalisations

Découverte du polonium (Juillet 1898)

Premier élément radioactif isolé par Marie et Pierre Curie à partir de la pechblende. Marie lui donna le nom de sa patrie, la Pologne, alors sous domination étrangère.

Découverte du radium (Décembre 1898)

Élément radioactif dont l'isolement pur nécessita quatre ans de traitement de plusieurs tonnes de pechblende. Sa découverte révolutionna la physique et ouvrit la voie à la médecine nucléaire.

Thèse de doctorat : Recherches sur les substances radioactives (1903)

Premier doctorat de sciences obtenu par une femme en France. Ce travail fondateur posa les bases théoriques et expérimentales de l'étude de la radioactivité, terme qu'elle-même forgea.

Traité de radioactivité (1910)

Ouvrage scientifique majeur de deux volumes dans lequel Marie Curie synthétise l'ensemble des connaissances sur la radioactivité. Référence incontournable de la physique du début du XXe siècle.

Création du Service radiologique militaire (petites Curies) (1914-1918)

Marie Curie organisa et dirigea un réseau d'une vingtaine de voitures radiologiques mobiles pendant la Première Guerre mondiale. On estime qu'elles permirent de radiographier plus d'un million de blessés.

Fondation de l'Institut du Radium de Paris (1914)

Institution de recherche dédiée à l'étude de la radioactivité et à ses applications médicales, devenu l'Institut Curie. Elle en fut la directrice jusqu'à sa mort et en fit un centre mondial de référence.

Anecdotes

Lors de ses études à l'Université de Varsovie, les femmes n'étaient pas admises. Marie Curie fréquenta clandestinement l'« Université volante », un réseau secret de cours dispensés dans des appartements privés. Cette expérience forgea sa détermination à apprendre malgré tous les obstacles.

Marie et Pierre Curie travaillaient dans un hangar délabré, décrit par le chimiste Wilhelm Ostwald comme un croisement entre une écurie et une cave à pommes de terre. C'est pourtant dans ces conditions précaires, en traitant des tonnes de pechblende à la main, qu'ils isolèrent le radium et le polonium entre 1898 et 1902.

Marie Curie fut la première femme à enseigner à la Sorbonne. Lors de sa première conférence en novembre 1906, après le décès de Pierre, une foule considérable se pressa pour l'entendre. Elle reprit le cours exactement là où son mari s'était arrêté, sans un mot d'introduction personnelle.

Marie Curie reçut le prix Nobel de physique en 1903, puis le prix Nobel de chimie en 1911, devenant ainsi la seule personne à avoir reçu deux prix Nobel dans deux sciences différentes. En 1911, lors de la remise du second prix, le comité suédois lui avait pourtant conseillé de ne pas venir en raison d'un scandale médiatique : elle refusa de s'abstenir.

Pendant la Première Guerre mondiale, Marie Curie développa des unités radiologiques mobiles surnommées « petites Curies ». Elle forma des femmes à utiliser les appareils à rayons X et parcourut elle-même le front pour soigner les blessés, contribuant à sauver des milliers de vies.

Sources primaires

Recherches sur les substances radioactives (1903 (thèse de doctorat))
Je nommerai radio-actives les substances qui émettent des rayons de cette nature. L'uranium et le thorium sont des corps radio-actifs. Le rayonnement de l'uranium est une propriété atomique de cet élément.
Sur une nouvelle substance fortement radio-active contenue dans la pechblende (avec Pierre Curie) (Juillet 1898)
Les diverses raisons que nous venons d'énumérer nous portent à croire que la nouvelle substance radio-active contient un métal nouveau, voisin du bismuth dans ses propriétés chimiques. Si l'existence de ce métal se confirme, nous proposons de l'appeler polonium, du nom du pays d'origine de l'un de nous.
Sur une nouvelle substance radio-active contenue dans la pechblende (avec Pierre Curie et G. Bémont) (Décembre 1898)
Les diverses raisons que nous venons d'énumérer nous portent à croire que la nouvelle substance contient un élément nouveau auquel nous proposons de donner le nom de radium.
Autobiographical Notes (Autobiographie) (1923)
La vie n'est facile pour aucun d'entre nous. Mais qu'importe ? Il faut de la persévérance, et surtout de la confiance en soi. Il faut croire qu'on est doué pour quelque chose, et que cette chose, il faut l'atteindre coûte que coûte.
Discours de réception du prix Nobel de chimie (Décembre 1911)
Le radium n'est pas un enrichissement pour moi. C'est un élément qui appartient au peuple. J'ai découvert le radium, je ne l'ai pas inventé. La découverte appartient à tout le monde.

Lieux clés

Laboratoire Curie, rue Cuvier, Paris

Hangar délabré adjacent à l'École de physique et de chimie industrielles (EPCI) où Marie et Pierre Curie isolèrent le radium et le polonium. Aujourd'hui transformé en musée, il reste un lieu symbolique de la recherche scientifique.

Institut Curie, rue d'Ulm, Paris

Fondé en 1909 par Marie Curie, l'Institut du Radium (devenu Institut Curie) est encore aujourd'hui l'un des principaux centres mondiaux de recherche sur le cancer. Marie y travailla jusqu'à la fin de sa vie.

Université de la Sorbonne, Paris

Marie Curie y obtint sa licence de physique (1893) puis de mathématiques (1894), et y soutint sa thèse de doctorat en 1903. Elle en devint la première femme professeure titulaire d'une chaire en 1906.

Varsovie, Pologne

Ville natale de Marie Curie, alors sous occupation russe, où elle reçut sa première éducation scientifique clandestine et où elle fonda en 1932 un Institut du Radium en hommage à sa patrie.

Sancellemoz (Haute-Savoie)

Sanatorium des Alpes françaises où Marie Curie mourut le 4 juillet 1934, emportée par une anémie aplasique due à des décennies d'exposition aux rayonnements ionisants.

Objets typiques

Électromètre à quartz piézoélectrique

Instrument inventé par Pierre Curie permettant de mesurer très précisément les faibles courants électriques induits par la radioactivité. Marie Curie l'utilisa pour ses expériences fondamentales sur l'uranium et la pechblende.

Pechblende (uraninite)

Minerai d'uranium brunâtre et très dense dont Marie Curie analysa des tonnes pour isoler le radium et le polonium. Des cargaisons entières furent acheminées depuis les mines de Bohême jusqu'à son laboratoire parisien.

Tube de radium

Marie Curie conservait dans son laboratoire des tubes contenant des sels de radium qui émettaient une douce lueur bleutée dans l'obscurité. Elle les gardait parfois sur sa table de nuit, ignorant les dangers des rayonnements.

Carnet de laboratoire

Les carnets manuscrits de Marie Curie, encore si radioactifs qu'ils sont conservés dans des boîtes en plomb à la Bibliothèque nationale de France, sont des témoignages directs de ses découvertes. Les chercheurs doivent signer une décharge pour les consulter.

Appareil à rayons X mobile (petite Curie)

Véhicule équipé d'un générateur électrique et d'un tube à rayons X que Marie Curie conçut pendant la Première Guerre mondiale. Ces unités mobiles permettaient de radiographier les blessés directement au front pour localiser les éclats d'obus.

Robe noire de travail

Marie Curie portait au laboratoire une blouse ou une robe de travail sombre et simple, sans fioritures. Son tailleur noir de soirée lui servait aussi bien pour les cérémonies officielles que pour les séances de recherche, reflétant son mépris du superflu.

Programmes scolaires

Cycle 4 (5e-3e)Physique-Chimie
Cycle 4 (5e-3e)HistoireL'histoire des prix Nobel et la reconnaissance scientifique
LycéePhysique-Chimie
LycéeHistoireL'histoire des prix Nobel et la reconnaissance scientifique
LycéePhysique-ChimieLa découverte de la radioactivité et ses applications
LycéePhysique-ChimieStructure de l'atome et particules subatomiques
LycéePhysique-ChimieL'énergie nucléaire : source d'énergie et risques
LycéePhysique-ChimieLes femmes dans les sciences au XIXe-XXe siècles
LycéePhysique-ChimieLa science du XIXe siècle : révolutions et innovations

Vocabulaire & tags

Vocabulaire clé

RadioactivitéRadiumPoloniumIsotopeRayonnement ionisantÉlectrolysePhysique nucléaireDécroissance radioactive

Tags

Mouvement

Marie Curiepremiere-guerre-mondialePremière Guerre mondialeRadioactivitéRadiumPoloniumIsotopeRayonnement ionisantÉlectrolysePhysique nucléaireDécroissance radioactiveFin du XIXe siècle et début du XXe siècle

Vie quotidienne

Matin

Marie Curie se levait tôt et prenait un petit-déjeuner frugal — souvent du pain, du beurre et du chocolat chaud — avant de se rendre à pied ou à vélo à son laboratoire. Elle consacrait les premières heures de la matinée aux manipulations chimiques les plus délicates, profitant de la fraîcheur et du calme.

Après-midi

L'après-midi était dévolu aux expériences de mesure électromagnétique, à l'analyse des résultats et à la rédaction de notes scientifiques. Elle supervisait également les travaux de ses étudiants et collaborateurs, répondait à sa correspondance et participait parfois à des réunions à la Sorbonne.

Soir

Les soirées en famille avec Pierre Curie, puis avec ses filles Irène et Ève, étaient importantes pour elle. Elle lisait beaucoup, en plusieurs langues, et travaillait souvent à domicile sur ses manuscrits scientifiques. Elle aimait la musique et le piano, pratiqués plus jeune à Varsovie.

Alimentation

Marie Curie avait une alimentation très simple et parfois insuffisante : elle oubliait souvent de manger, absorbée par ses recherches, et souffrait d'épisodes de sous-nutrition. Elle appréciait la cuisine polonaise traditionnelle et les repas pris en famille lors de vacances à la campagne.

Vêtements

Marie Curie portait des robes et tailleurs sombres, en général noirs ou gris foncé, fonctionnels et sans ornements. Elle avait une seule robe de cérémonie noire qu'elle portait aussi bien à la remise des prix Nobel que dans son quotidien. Elle refusait toute coquetterie jugée superficielle.

Habitat

Marie Curie habita successivement de modestes logements étudiants à Paris dans les années 1890, puis une maison familiale à Sceaux avec Pierre Curie. Après la mort de son mari, elle vécut dans un appartement parisien à proximité de son laboratoire, préférant un cadre simple et fonctionnel à tout luxe.

Frise contextuelle

1867Naissance de Maria Sklodowska à Varsovie, alors sous domination russe (partage de la Pologne).
1871La Commune de Paris et l'essor du mouvement ouvrier en Europe influencent le contexte politique dans lequel grandit Marie Curie.
1891Marie Curie s'installe à Paris pour étudier à la Sorbonne, l'une des rares femmes admises dans cet établissement.
1895Wilhelm Röntgen découvre les rayons X, ouvrant la voie à l'étude des rayonnements que Marie Curie va approfondir.
1896Henri Becquerel découvre la radioactivité naturelle de l'uranium, sujet que Marie Curie choisit pour sa thèse de doctorat.
1898Marie et Pierre Curie découvrent deux nouveaux éléments radioactifs : le polonium (juillet) et le radium (décembre).
1903Marie Curie reçoit le prix Nobel de physique (avec Pierre Curie et Henri Becquerel) et soutient sa thèse de doctorat.
1906Mort accidentelle de Pierre Curie. Marie lui succède à la chaire de physique de la Sorbonne, première femme professeure dans cet établissement.
1911Marie Curie reçoit le prix Nobel de chimie pour la découverte du radium et du polonium, devenant la seule personne doublement nobélisée en sciences.
1914Début de la Première Guerre mondiale. Marie Curie crée les unités radiologiques mobiles (« petites Curies ») pour soigner les blessés de guerre.
1918Fin de la Première Guerre mondiale ; la Pologne retrouve son indépendance, une joie profonde pour Marie Curie patriote.
1921Voyage triomphal de Marie Curie aux États-Unis ; elle reçoit un gramme de radium offert par les femmes américaines pour ses recherches.
1932Inauguration de l'Institut du Radium de Varsovie, fondé par Marie Curie et dirigé par sa sœur Bronia Dluska.
1934Mort de Marie Curie d'une anémie aplasique, causée par une exposition prolongée aux rayonnements ionisants tout au long de sa carrière.

Vocabulaire d'époque

RadioactivitéTerme forgé par Marie Curie elle-même pour désigner la propriété de certains éléments chimiques à émettre spontanément des rayonnements. Ce mot est entré dans toutes les langues du monde.
PechblendeMinerai d'uranium (uraninite) de couleur sombre utilisé par les Curie pour isoler le polonium et le radium. Son nom vient de l'allemand « Pech » (malchance) et « Blende » (minerai brillant).
ÉlectromètreInstrument de mesure de charges ou de courants électriques très faibles, utilisé par Marie Curie pour détecter et quantifier la radioactivité des substances étudiées.
Corps simples / élémentsDans le vocabulaire chimique de l'époque, désigne les substances pures non décomposables en d'autres substances par des moyens chimiques. Marie Curie identifia deux nouveaux éléments : le polonium et le radium.
Rayons BecquerelNom donné initialement aux rayonnements émis spontanément par l'uranium, découverts par Henri Becquerel en 1896, avant que le terme générique « rayonnement radioactif » s'impose grâce aux travaux des Curie.
IonisationPhénomène par lequel un atome ou une molécule gagne ou perd des électrons sous l'effet d'un rayonnement, rendant l'air conducteur de l'électricité. C'est ce phénomène que Marie Curie mesurait pour caractériser la radioactivité.
Belle ÉpoquePériode de la société française courant approximativement de 1890 à 1914, caractérisée par l'optimisme, les progrès technologiques et l'effervescence artistique et scientifique. C'est dans ce contexte que Marie Curie mena ses grandes découvertes.
SuffragismeMouvement politique militant pour le droit de vote des femmes, actif en Europe et aux États-Unis à l'époque de Marie Curie. Bien que peu engagée politiquement, ses combats pour la reconnaissance scientifique des femmes s'inscrivent dans ce contexte de lutte pour l'égalité.
Atome / théorie atomiqueAu tournant du XXe siècle, la nature atomique de la matière était encore débattue. Les travaux de Marie Curie sur la radioactivité apportèrent des preuves décisives en faveur de la réalité des atomes et de leur transformation possible.

Galerie

Woman Montage (1)

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Nobel Pierre et Marie Curie 1

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Les Hommes du Jour N 108 1910

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Hold-On-2

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Solvay conference 1927 Version2

Solvay conference 1927 Version2

Solvay conference 1927

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20170211 Maria Skłodowska-Curie Szydłów 4358

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Marie Curie c. 1920s

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Edward Thorpe — History of Chemistry, Volume II (1910)

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Global History and New Polycentric Approaches Europe, Asia and the Americas in a World Network System (edited by Manuel Perez Garcia and Lucio De Sousa)

Global History and New Polycentric Approaches Europe, Asia and the Americas in a World Network System (edited by Manuel Perez Garcia and Lucio De Sousa)

Style visuel

Esthétique réaliste et austère de la Belle Époque : laboratoire sombre éclairé par la lumière naturelle, tons sépia, lueur bleutée des substances radioactives, atmosphère de rigueur scientifique.

#2C2C3A
#8B7355
#4A6741
#B8C4C8
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Prompt IA
Late 19th and early 20th century French scientific realism, muted and austere palette, dimly lit laboratory interior with natural light from tall windows, dark wooden workbenches cluttered with glass instruments and chemistry apparatus, faint bluish glow from radioactive samples, worn stone floor, black-and-white photographic aesthetic with subtle warm sepia tones, scientific illustrations in the style of period journals, precise engraving-like line work, atmosphere of serious intellectual concentration, modest clothing in dark greys and blacks, reference to Belle Époque Paris with gaslight and early electric lighting coexisting.

Ambiance sonore

L'ambiance sonore d'un laboratoire de physique-chimie parisien du début du XXe siècle : appareils électriques, brûleurs à gaz, verrerie et bruits de rue feutrés.

Prompt IA
Quiet early 20th century Parisian laboratory atmosphere: the faint crackling hiss of electrical equipment, the soft bubbling of chemical solutions heating over gas burners, the clink of glass beakers and pipettes being handled carefully, the distant rumble of horse-drawn carriages on cobblestone streets outside, the scratch of a pencil recording measurements in a notebook, occasional faint whistling of a steam radiator, low murmur of concentrated scientific work, the subtle hum of an electrometer, windows slightly open letting in street sounds of Paris around 1900.

Source du portrait

Wikimedia Commons — domaine public — 1900