Cecilia Payne-Gaposchkin(1900 — 1979)

Cecilia Payne-Gaposchkin

États-Unis, Royaume-Uni

7 min de lecture

SciencesAstronomeXXe siècleXXe siècle, époque des grandes découvertes astrophysiques et de l'affirmation des femmes dans les sciences

Astronome britannique naturalisée américaine (1900-1979), elle découvrit que les étoiles sont principalement composées d'hydrogène et d'hélium. Sa thèse de 1925 révolutionna l'astrophysique, bien que ses conclusions aient d'abord été rejetées par ses pairs.

Questions fréquentes

Cecilia Payne-Gaposchkin (1900-1979) est l'astronome qui a découvert la composition des étoiles : dans sa thèse de 1925, elle démontre qu'elles sont constituées à plus de 90 % d'hydrogène et d'hélium. Ce qu'il faut retenir, c'est que cette idée heurtait les croyances de l'époque, qui imaginaient une composition proche de celle de la Terre. Le célèbre astronome Henry Norris Russell lui conseilla même de retirer cette conclusion de sa thèse, la jugeant « presque certainement fausse ». Pourtant, quatre ans plus tard, il publia des résultats identiques. Aujourd'hui, sa découverte est un pilier de l'astrophysique moderne.

Faits marquants

  • 1900 : naissance à Wendover, en Angleterre
  • 1925 : soutenance de sa thèse démontrant que les étoiles sont majoritairement composées d'hydrogène
  • 1956 : première femme nommée professeure titulaire à Harvard
  • 1979 : décès à Cambridge, Massachusetts

Œuvres & réalisations

Stellar Atmospheres (1925)

Thèse de doctorat révolutionnaire qui démontre que les étoiles sont principalement composées d'hydrogène et d'hélium. Qualifiée par Otto Struve de « thèse la plus brillante jamais écrite en astronomie ».

Stars of High Luminosity (1930)

Monographie publiée dans les Harvard Observatory Monographs, consacrée aux atmosphères des étoiles géantes et supergéantes, complétant et approfondissant les découvertes de sa thèse.

Variable Stars (1938)

Synthèse sur les étoiles variables, fruit de longues années d'observation systématique menée avec son mari Sergei Gaposchkin. Ouvrage de référence pour les astronomes de la génération suivante.

Stars in the Making (1952)

Livre de vulgarisation destiné au grand public et aux lycéens, expliquant la naissance et l'évolution des étoiles de façon accessible et rigoureuse.

Introduction to Astronomy (1954)

Manuel universitaire synthétisant les connaissances en astronomie et astrophysique de son époque, issu de ses cours à Harvard et largement adopté dans les universités américaines.

Galactic Novae (1957)

Étude approfondie des novae galactiques réalisée avec Sergei Gaposchkin, contribuant à la compréhension des explosions stellaires et à leur classification systématique.

Anecdotes

En 1925, Cecilia Payne conclut dans sa thèse que les étoiles sont composées à plus de 90 % d'hydrogène et d'hélium. L'éminent astronome Henry Norris Russell lui conseille fermement de retirer cette conclusion, la jugeant « presque certainement fausse » car contraire aux convictions scientifiques du moment. Quatre ans plus tard, Russell publie lui-même des résultats identiques, reconnaissant publiquement qu'elle avait eu raison dès le début.

Lorsque Cecilia Payne étudie à Cambridge dans les années 1920, l'université ne délivre toujours pas de diplômes aux femmes : elle suit les cours, passe les examens avec brio, mais ne peut recevoir aucun titre officiel. C'est cette injustice qui la décide à traverser l'Atlantique pour rejoindre Harvard Observatory, où ses travaux seront enfin reconnus.

L'astronome Otto Struve, l'un des plus grands noms de l'astrophysique du XXe siècle, qualifie la thèse de Cecilia Payne de « la thèse de doctorat la plus brillante jamais écrite en astronomie ». Ce jugement, repris par de nombreux historiens des sciences, illustre l'impact considérable qu'eut ce travail sur toute la discipline.

En 1956, après plus de trente ans de carrière à Harvard, Cecilia Payne-Gaposchkin devient la première femme nommée professeure titulaire dans cette université et la première à diriger un département. Durant toutes ces années, elle avait accompli un travail scientifique de premier plan sans bénéficier des mêmes titres ni de la même rémunération que ses collègues masculins.

Cecilia Payne rencontre l'astronome russe Sergei Gaposchkin lors d'un séjour en Europe dans les années 1930. Réfugié politique, il ne peut obtenir de visa américain par les voies ordinaires. Elle use alors de toute son influence auprès de Harvard pour lui permettre d'entrer aux États-Unis — un acte de solidarité remarquable pour l'époque, et le début d'une vie commune et d'une collaboration scientifique de plusieurs décennies.

Sources primaires

Stellar Atmospheres — Thèse de doctorat (1925)
The outstanding discrepancy between the astrophysical and terrestrial abundances of hydrogen is almost certainly not real. An enormous relative abundance of hydrogen in the stellar atmosphere is indicated.
Lettre de Henry Norris Russell à Cecilia Payne (1924)
It is clearly impossible that hydrogen should be so enormously abundant. Your result is almost certainly wrong. I think you should omit it from your thesis.
Stars of High Luminosity — Harvard Observatory Monographs (1930)
The spectra of the most luminous stars reveal exceptional conditions in their atmospheres, conditions far removed from those obtaining in the solar atmosphere.
Cecilia Payne-Gaposchkin: An Autobiography and Other Recollections (éd. K. Haramundanis) (1984)
I was to blame for much of the misunderstanding. I had submitted to authority when I should have stood by my convictions.

Lieux clés

Wendover, Buckinghamshire, Angleterre

Ville natale de Cecilia Payne, où elle grandit et développa très tôt une passion pour les sciences, notamment après avoir assisté à une conférence d'Arthur Eddington sur la relativité.

Newnham College, Université de Cambridge

Collège féminin où Payne étudia la physique et l'astronomie avec excellence, sans jamais pouvoir recevoir de diplôme officiel en raison de son sexe — ce qui la poussa à émigrer aux États-Unis.

Harvard College Observatory, Cambridge, Massachusetts

Lieu de toute sa carrière scientifique, où elle réalisa sa thèse révolutionnaire en 1925 et travailla pendant plus de cinquante ans, devenant finalement la première femme professeure titulaire de l'université.

Observatoire Oak Ridge, Harvard (Massachusetts)

Station d'observation de Harvard utilisée pour les relevés photographiques à grande échelle. Payne y fit réaliser une part importante des clichés qu'elle analysa dans ses travaux sur les étoiles variables.

Voir aussi