Cerridwen
Ceridwen
Enchanteresse et déesse de la mythologie celtique galloise, Ceridwen est la gardienne du chaudron de la connaissance et de l'inspiration (Awen). Figure de la sagesse, de la transformation et de la magie, elle appartient aux récits médiévaux gallois transmis oralement avant d'être consignés dans le Mabinogion et d'autres textes bardiques.
Faits marquants
- Ceridwen prépare, selon la tradition orale galloise, un breuvage d'inspiration et de connaissance (l'Awen) dans son chaudron magique destiné à son fils Morfran
- Le serviteur Gwion Bach, chargé de surveiller le chaudron, avale accidentellement trois gouttes du breuvage et acquiert toute la sagesse — donnant naissance au cycle de Taliesin
- La légende de Ceridwen est principalement connue par le Livre de Taliesin et d'autres manuscrits gallois médiévaux (XIIe-XIVe siècle), fruits d'une longue tradition orale
- Dans la mythologie celtique, le chaudron est un symbole récurrent de renaissance, d'abondance et de connaissance divine
- Ceridwen est associée à la lune, à la terre et aux cycles agricoles, ce qui suggère des origines dans une religion préchristienne de l'espace brittonique
Œuvres & réalisations
Récit central de la légende de Ceridwen, narrant la préparation de l'Awen, la poursuite de Gwion Bach et la naissance miraculeuse de Taliesin. Ce texte constitue la source principale sur la déesse-sorcière galloise et fonde toute la tradition bardique ultérieure.
Poème attribué à Taliesin décrivant un voyage dans l'Autre Monde (Annwfn) pour y dérober le chaudron magique ; texte qui établit un lien direct entre le chaudron de Ceridwen et la mythologie de l'Autre Monde celtique.
Poème mystique attribué à Taliesin dans lequel le barde évoque ses métamorphoses successives, en écho direct à la course-poursuite entre Ceridwen et Gwion Bach. Il exprime la philosophie druidique de la transformation et de la continuité de l'âme.
Corpus de poèmes attribués à Taliesin dans lesquels le barde rappelle son origine dans le chaudron de Ceridwen et revendique une sagesse universelle héritée de la déesse. Ce corpus fonde l'institution du barde comme transmetteur d'une sagesse sacrée.
Ensemble de récits en prose moyen-gallois qui constituent la principale source écrite sur la mythologie celtique insulaire. Ceridwen y est mentionnée comme enchanteresse et mère de Taliesin, gardienne du chaudron de la connaissance.
Anecdotes
Ceridwen prépara pendant un an et un jour une potion magique dans son chaudron, l'Awen, destinée à son fils Morfran, surnommé Afagddu (la ténèbre absolue), pour compenser sa laideur par une sagesse extraordinaire. Mais c'est Gwion Bach, le jeune serviteur chargé de remuer le chaudron, qui reçut accidentellement trois gouttes brûlantes sur sa main et les lécha, s'appropriant ainsi toute la sagesse du monde.
Furieuse, Ceridwen poursuivit Gwion Bach à travers une série de métamorphoses épiques : il se transforma en lièvre, elle en levrette ; il devint poisson, elle loutre ; il prit la forme d'un oiseau, elle d'un faucon. Finalement, Gwion se changea en grain de blé, et Ceridwen, devenue poule noire, l'avala. Cette course-poursuite symbolise le cycle incessant de la transformation et de la renaissance dans la pensée celtique.
Après avoir avalé Gwion Bach, Ceridwen le porta en son sein pendant neuf mois et donna naissance à un enfant si beau qu'elle ne put se résoudre à le tuer. Elle l'abandonna dans un sac de cuir sur les eaux, à la veille du 1er mai (Calan Mai). L'enfant fut recueilli par le prince Elffin et devint Taliesin, considéré comme le plus grand barde de la tradition galloise, dont les poèmes sont encore conservés dans le Livre de Taliesin du XIVe siècle.
Ceridwen est souvent assimilée à une figure de la Grande Déesse dans la tradition celtique, maîtresse de la naissance, de la mort et de la renaissance. Son chaudron préfigure dans certaines interprétations médiévales le motif du Graal : un vase sacré capable de nourrir, de guérir et de conférer la connaissance. Cette symbolique a traversé les siècles jusqu'aux romans arthuriens français et gallois du Moyen Âge.
Dans les poèmes attribués à Taliesin dans le Livre de Taliesin, le barde se souvient de sa vie antérieure dans le chaudron de Ceridwen et décrit l'Awen comme une force d'inspiration divine qui circule entre les druides et les bardes. Cette idée d'une sagesse transmise par transformation plutôt qu'enseignée directement est au cœur de la pédagogie bardique celtique.
Sources primaires
Et Gwion Bach prit la louche et remua le chaudron. Et il advint que trois gouttes de la liqueur jaillirent sur le doigt de Gwion Bach. Et parce que elles étaient très chaudes, il porta son doigt à sa bouche, et dès que ces gouttes merveilleuses eurent touché ses lèvres, il connut toutes choses à venir.
J'ai été en de nombreuses formes avant de prendre ma forme actuelle. J'ai été une épée étroite brillante. Je fus une goutte dans l'air. Je fus une étoile brillante. Je fus un mot dans un livre. Je fus un livre dans l'origine.
Il y avait autrefois un homme noble et de bonne renommée nommé Tegid Foel, dont la maison était au milieu du lac Tegid, et sa femme était Ceridwen. Et ils eurent un fils, Morfran ab Tegid.
Ceridwen s'appliqua à la magie noire et aux charmes et à toutes les sciences occultes selon les arts et les livres de Feryllt.
Galerie

Wall painting at Partrishow (2) - geograph.org.uk - 1213958
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — ceridwen

Wall painting at Partrishow (3) - geograph.org.uk - 1213970
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — ceridwen

Wall painting at Partrishow (4) - geograph.org.uk - 1213984
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — ceridwen

Wall painting at Partrishow (5) - geograph.org.uk - 1213988
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — ceridwen

Living sculpture reaches West Wales - geograph.org.uk - 272277
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — ceridwen

