Cupidon

Cupidon

MythologiePolitiqueArts visuelsAntiquitéMythologie romaine — Antiquité gréco-romaine (VIIIe s. av. J.-C. – Ve s. apr. J.-C.)

Dieu de l'amour dans la mythologie romaine, Cupidon est le fils de Vénus et de Mars (ou Mercure selon les versions). Armé d'un arc et de flèches dorées, il provoque la passion amoureuse. Son équivalent grec est Éros.

Faits marquants

  • Fils de Vénus (déesse de l'amour) et de Mars ou Mercure selon les sources antiques
  • Équivalent romain d'Éros, dieu primordial de l'amour chez Hésiode (VIIIe s. av. J.-C.)
  • Ses flèches dorées font naître l'amour ; ses flèches de plomb provoquent l'indifférence ou le rejet
  • Le mythe de Cupidon et Psyché est narré par Apulée dans 'Les Métamorphoses' (IIe s. apr. J.-C.)
  • Représenté comme un enfant ailé (putto) à partir de l'époque hellénistique, image reprise massivement à la Renaissance

Œuvres & réalisations

Cupidon et Psyché (Les Métamorphoses) — Apulée (vers 160-180 apr. J.-C.)

Le récit le plus complet mettant Cupidon en scène : l'histoire de son amour pour la mortelle Psyché, avec ses épreuves, sa descente aux Enfers et leur union finale sur l'Olympe. Ce conte a inspiré d'innombrables œuvres d'art jusqu'à nos jours.

Les Métamorphoses — Ovide (8 apr. J.-C.)

Recueil de récits mythologiques en vers où Cupidon joue un rôle clé dès le premier livre, frappant Apollon et Daphné de ses flèches opposées. L'œuvre d'Ovide a été fondamentale pour la transmission du mythe de Cupidon au Moyen Âge et à la Renaissance.

Théogonie — Hésiode (VIIIe-VIIe s. av. J.-C.)

L'un des plus anciens textes grecs à mentionner Éros, décrit ici comme une force cosmique primordiale. Cette vision diffère radicalement de l'image du petit archer espiègle que développera l'art hellénistique et romain.

Psyché ranimée par le baiser de l'Amour — Antonio Canova (1787-1793)

Célèbre sculpture néoclassique conservée au Louvre représentant le moment où Cupidon embrasse et réveille Psyché. Considérée comme l'un des chefs-d'œuvre de la sculpture occidentale, elle illustre la permanence du mythe antique dans l'art moderne.

Le Printemps (Primavera) — Sandro Botticelli (vers 1477-1482)

Peinture de la Renaissance italienne conservée aux Offices de Florence, où Cupidon apparaît les yeux bandés au-dessus des Trois Grâces, prêt à décocher une flèche. Cette œuvre a contribué à fixer l'image de Cupidon aveugle dans l'imaginaire occidental.

L'Amour vainqueur — Le Caravage (1601-1602)

Tableau baroque conservé à Berlin représentant Cupidon sous les traits d'un adolescent rieur et triomphant, foulant aux pieds les attributs des arts, des sciences et de la guerre, illustrant la toute-puissance de l'amour sur toutes les activités humaines.

Anecdotes

Cupidon possède deux types de flèches aux effets opposés : les flèches d'or, qui font naître un amour passionné, et les flèches de plomb, qui provoquent le rejet et l'indifférence. C'est ainsi qu'il fit tomber Apollon éperdument amoureux de Daphné, tout en rendant celle-ci insensible à toute passion. Cette histoire est racontée par Ovide dans ses Métamorphoses et illustre parfaitement le côté espiègle et cruel du dieu.

Dans le célèbre mythe de Cupidon et Psyché, le dieu de l'amour tombe lui-même amoureux d'une mortelle d'une beauté extraordinaire. Il la gardait dans un palais magique, lui rendant visite seulement la nuit pour qu'elle ne puisse pas le voir. Jalouse de Psyché, Vénus lui imposa d'éprouvantes épreuves, dont descendre aux Enfers chercher un flacon de beauté appartenant à Proserpine.

Contrairement à son alter ego grec Éros, décrit d'abord comme une force cosmique primordiale dans la Théogonie d'Hésiode, Cupidon fut progressivement représenté comme un enfant espiègle et ailé armé d'un arc. Ce changement d'image s'opéra au fil des siècles dans l'art grec hellénistique, et les Romains en firent le petit dieu malicieux que l'on connaît encore aujourd'hui.

Le nom latin Cupido signifie 'désir ardent' ou 'passion', issu du verbe cupere. À partir de l'époque hellénistique, Cupidon est souvent représenté les yeux bandés pour symboliser que l'amour frappe au hasard, sans tenir compte de la raison — d'où l'expression encore vivante aujourd'hui que 'l'amour est aveugle'.

Selon certaines traditions romaines, Cupidon est le fils de Vénus et de Mars (dieu de la guerre), mais d'autres versions le font naître de Vénus et Mercure. Cette double filiation illustre à la fois la douceur de l'amour et sa violence potentielle, deux aspects que les Anciens considéraient inséparables de la passion amoureuse.

Sources primaires

Les Métamorphoses (L'Âne d'or) — Apulée (vers 160-180 apr. J.-C.)
Il n'y avait dans une cité un roi et une reine qui avaient trois filles d'une beauté remarquable. Psyché, la dernière, surpassait tellement en beauté toutes les mortelles que la déesse Vénus elle-même en conçut de la jalousie.
Les Métamorphoses, Livre I — Ovide (entre 2 av. J.-C. et 8 apr. J.-C.)
Primus amor Phoebi Daphne Peneia — Le premier amour de Phébus fut Daphné, fille de Pénée ; ce ne fut pas le hasard, mais la cruelle colère de Cupidon qui le voulut ainsi.
Théogonie — Hésiode (VIIIe-VIIe siècle av. J.-C.)
Au commencement fut le Chaos, puis la Terre aux larges flancs, et Éros, le plus beau des dieux immortels, qui brise les membres et qui, dans la poitrine de tout dieu et de tout homme, dompte le cœur et le sage vouloir.
L'Énéide, Livre I — Virgile (29-19 av. J.-C.)
Cependant Vénus songe à de nouveaux détours, à de nouveaux artifices. Elle envoie Cupidon à la place d'Ascagne pour enflammer la reine de Carthage d'un amour profond et attacher à ses os le feu de la passion.
Le Banquet — Platon (vers 385-370 av. J.-C.)
Éros est le plus ancien des dieux, le plus vénérable, et celui qui contribue le plus au bonheur des hommes et à leur vertu, soit pendant la vie, soit après la mort.

Lieux clés

Le mont Olympe

Demeure des dieux de la mythologie gréco-romaine, où résident Vénus (Aphrodite) et les autres Olympiens. Cupidon y évolue comme fils de Vénus, participant aux intrigues et aux fêtes des dieux immortels.

Paphos (Chypre)

Ville de Chypre et haut lieu du culte d'Aphrodite-Vénus dans l'Antiquité. En tant que fils de la déesse, Cupidon y était aussi honoré ; la région était considérée comme le berceau de l'amour dans la tradition gréco-romaine.

Le palais invisible de Cupidon

Dans le mythe de Cupidon et Psyché, le dieu possède un palais magique inaccessible aux mortels, où il reçoit Psyché chaque nuit dans l'obscurité totale. Ce lieu mythique symbolise le mystère et le secret inhérents à l'amour.

Les Enfers (royaume de Proserpine)

Dans le mythe de Psyché, les Enfers représentent l'épreuve ultime imposée par Vénus : Psyché doit descendre dans le royaume des morts pour rapporter un flacon de beauté à Proserpine, illustrant la force de l'amour capable de triompher de la mort.

Thespies (Béotie, Grèce)

Cité grecque célèbre pour son sanctuaire dédié à Éros, où se trouvait une statue renommée du sculpteur Praxitèle. Ce lieu était un important centre de culte pour le dieu de l'amour dans la Grèce antique.

Rome

Capitale de l'Empire romain où Cupidon occupait une place centrale dans la religion et la culture populaire. De nombreux temples et autels lui étaient consacrés, et son image ornait des milliers d'objets de la vie quotidienne romaine.

Voir aussi