Elizabeth Cady Stanton(1815 — 1902)
Elizabeth Cady Stanton
États-Unis
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Militante américaine pour les droits des femmes (1815-1902), elle co-organisa la convention de Seneca Falls en 1848, premier grand rassemblement pour le suffrage féminin aux États-Unis. Auteure de la Déclaration des sentiments, elle consacra sa vie à l'égalité civique et politique des femmes.
Citations célèbres
« Nous tenons ces vérités pour évidentes : que tous les hommes et toutes les femmes sont créés égaux. »
« La femme est son propre souverain. »
Faits marquants
- 1815 : naissance à Johnstown, New York
- 1848 : co-organisation de la convention de Seneca Falls, premier congrès pour les droits des femmes
- 1848 : rédaction de la Déclaration des sentiments, calquée sur la Déclaration d'indépendance américaine
- 1869 : co-fondation de la National Woman Suffrage Association avec Susan B. Anthony
- 1902 : décès, 18 ans avant l'adoption du 19e amendement accordant le droit de vote aux femmes
Œuvres & réalisations
Texte fondateur du féminisme américain, rédigé par Stanton sur le modèle de la Déclaration d'indépendance. Il lista 18 griefs contre la domination masculine et réclama pour la première fois le droit de vote des femmes dans un document officiel.
Ouvrage monumental coécrit avec Susan B. Anthony et Matilda Joslyn Gage, retraçant l'histoire du mouvement suffragiste américain depuis ses origines. Source historique majeure pour comprendre les débuts du féminisme américain.
Discours prononcé devant le Congrès américain et la NAWSA, considéré comme le chef-d'œuvre rhétorique de Stanton. Elle y affirme que chaque individu, homme ou femme, doit être équipé pour affronter seul les épreuves de la vie.
Commentaire critique des passages bibliques relatifs aux femmes, montrant que les Écritures ont été utilisées pour justifier leur subordination. L'ouvrage scandalisa autant les milieux religieux que les suffragistes modérées.
Autobiographie de Stanton, rédigée à 83 ans, retraçant sa vie de l'enfance à la vieillesse. Document précieux sur la condition des femmes au XIXe siècle et sur les coulisses du mouvement suffragiste.
Anecdotes
Lors de la Convention de Seneca Falls en 1848, Elizabeth Cady Stanton proposa une résolution réclamant le droit de vote pour les femmes — une idée si radicale que son propre mari, Henry Stanton, quitta la ville pour ne pas y être associé. Seul l'abolitionniste Frederick Douglass la soutint publiquement, contribuant à faire adopter la résolution de justesse.
Mère de sept enfants, Stanton gérait une maison pleine tout en rédigeant discours et pétitions. Elle racontait elle-même qu'elle réfléchissait à ses arguments pendant qu'elle pétrissait le pain ou surveillait les enfants, transformant les tâches domestiques en temps de travail intellectuel.
À soixante-dix ans passés, Stanton entreprit de réécrire la Bible à travers un prisme féministe. Son ouvrage 'The Woman's Bible' (1895) scandalisa même ses alliées suffragistes, qui votèrent une motion officielle pour s'en dissocier — elle l'assuma sans broncher, refusant de sacrifier ses convictions à la stratégie politique.
En 1840, à la Conférence mondiale contre l'esclavage à Londres, Stanton et Lucretia Mott se virent interdire de siéger en tant que déléguées au motif qu'elles étaient des femmes. Reléguées dans une tribune grillagée, elles décidèrent ce jour-là d'organiser une convention entièrement dédiée aux droits des femmes — ce qui aboutit huit ans plus tard à Seneca Falls.
Elizabeth Cady Stanton ne put jamais voter de son vivant : elle mourut en 1902, dix-huit ans avant que le 19e amendement n'accorde le suffrage aux Américaines en 1920. Dans son dernier discours public, 'The Solitude of Self', elle avait pourtant affirmé avec une lucidité saisissante que chaque être humain doit être souverain de sa propre destinée.
Sources primaires
We hold these truths to be self-evident: that all men and women are created equal; that they are endowed by their Creator with certain inalienable rights; that among these are life, liberty, and the pursuit of happiness.
The strongest reason for giving woman all the opportunities for higher education, for the full development of her faculties, forces of mind and body... is the solitude and personal responsibility of her own individual life.
I felt as if I had been to a great feast, and had tasted of everything, and was satisfied... I had not supposed that women could accomplish so much in the face of such determined opposition.
The Bible and the Church have been the greatest stumbling blocks in the way of women's emancipation.
I am not willing to have the word 'male' inserted in the Constitution, disfranchising the women of this nation. I would rather fight another ten years than accept such a compromise.
