Evelyn Boyd Granville(1924 — 2023)

Evelyn Boyd Granville

États-Unis

6 min de lecture

SciencesTechnologieMathématicien(ne)Informaticien(ne)ScientifiqueXXe siècleÉtats-Unis du XXe siècle, à l'époque de la ségrégation raciale, de la conquête spatiale et de l'essor de l'informatique

Evelyn Boyd Granville est une mathématicienne américaine, l'une des premières femmes afro-américaines à obtenir un doctorat de mathématiques aux États-Unis (Yale, 1949). Elle a contribué aux programmes spatiaux américains en développant des analyses de trajectoires pour les missions Vanguard, Mercury et Apollo.

Questions fréquentes

Evelyn Boyd Granville est une mathématicienne américaine née en 1924 à Washington, D.C., dans une Amérique ségréguée. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle devient en 1949 l'une des deux premières femmes afro-américaines à obtenir un doctorat en mathématiques aux États-Unis, avec une thèse à Yale. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a ensuite mis ses compétences au service de la conquête spatiale, calculant des trajectoires pour les programmes Vanguard, Mercury et Apollo chez IBM, tout en enseignant et en formant des générations de mathématiciens.

Faits marquants

  • Née le 1er mai 1924 à Washington, D.C.
  • En 1949, elle obtient un doctorat de mathématiques à l'université Yale, devenant l'une des premières Afro-Américaines docteures en maths aux États-Unis
  • Dans les années 1950-1960, elle travaille pour IBM et les programmes spatiaux de la NASA (Vanguard, Mercury, Apollo) sur l'analyse de trajectoires
  • Elle enseigne ensuite les mathématiques à l'université (notamment California State University, Los Angeles)
  • Décédée le 27 juin 2023

Œuvres & réalisations

Thèse de doctorat « On Laguerre Series in the Complex Domain » (1949)

Travail d'analyse mathématique soutenu à Yale qui fait d'elle l'une des premières femmes afro-américaines docteures en mathématiques.

Calculs orbitaux pour le programme Vanguard (IBM) (vers 1956-1958)

Analyses de trajectoires contribuant aux premiers efforts américains de mise en orbite de satellites.

Analyses de trajectoires pour le programme Mercury (vers 1956-1960)

Contribution aux calculs des vols habités du premier programme spatial américain à envoyer des hommes dans l'espace.

Travaux pour le programme Apollo (années 1960)

Participation, chez des sous-traitants de l'espace, aux calculs liés au programme qui mènera l'homme sur la Lune.

Manuel « Theory and Application of Mathematics for Teachers » (1975)

Ouvrage co-écrit destiné à la formation des professeurs de mathématiques, reflet de son engagement pour l'enseignement.

Anecdotes

Evelyn Boyd grandit à Washington dans l'Amérique de la ségrégation et étudie au lycée Dunbar, un établissement réservé aux élèves noirs mais réputé pour son excellence. Elle en sort major de sa promotion en 1941, déterminée à poursuivre des études supérieures à une époque où peu de jeunes femmes afro-américaines y avaient accès.

En 1949, elle décroche un doctorat de mathématiques à l'université Yale, devenant l'une des deux premières femmes afro-américaines de l'histoire des États-Unis à atteindre ce niveau, la même année que Marjorie Lee Browne. Sa thèse portait sur un domaine très abstrait de l'analyse mathématique.

Devenue enseignante à l'université Fisk au début des années 1950, elle marque tellement deux de ses étudiantes que celles-ci deviendront à leur tour docteures en mathématiques. Granville aimait rappeler qu'enseigner et transmettre comptait autant que ses calculs pour l'espace.

Recrutée par IBM en 1956, elle met ses mathématiques au service de la conquête spatiale : elle calcule des trajectoires d'engins pour les programmes Vanguard, Mercury puis Apollo, à l'époque où les ordinateurs occupaient des salles entières et où l'on programmait avec des cartes perforées.

Face à l'idée répandue que les femmes seraient moins douées en mathématiques, Evelyn Boyd Granville répondait avec un sourire en racontant sa propre carrière. Elle a continué à enseigner les mathématiques bien après sa retraite, persuadée qu'on pouvait apprendre à tout âge.

Sources primaires

Evelyn Boyd Granville, « My Life as a Mathematician », SAGE: A Scholarly Journal on Black Women (1989)
Granville y revient sur son parcours et affirme avoir toujours souri lorsqu'elle entendait dire que les femmes ne pouvaient pas exceller en mathématiques, sa propre vie en étant le démenti.
Notice de thèse de doctorat, Yale University — « On Laguerre Series in the Complex Domain » (1949)
Document universitaire attestant l'obtention du Ph.D. de mathématiques d'Evelyn Boyd à Yale, sous la direction d'Einar Hille, dans le domaine de l'analyse fonctionnelle.
Entretiens d'histoire orale recueillis pour le projet Mathematicians of the African Diaspora (fin XXe siècle)
Granville y décrit son recrutement par IBM et son travail de calcul des trajectoires orbitales pour les programmes spatiaux américains, à l'aide des premiers grands ordinateurs.

Lieux clés

Washington, D.C.

Capitale des États-Unis où Evelyn Boyd naît et grandit, et où elle étudie au lycée Dunbar dans le contexte de la ségrégation.

Smith College, Northampton (Massachusetts)

Université féminine où elle obtient sa licence de mathématiques et de physique en 1945, avec les félicitations du jury.

Université Yale, New Haven (Connecticut)

Université où elle décroche son doctorat de mathématiques en 1949, sous la direction d'Einar Hille.

Université Fisk, Nashville (Tennessee)

Université historiquement noire où elle enseigne au début des années 1950 et forme de futures docteures en mathématiques.

California State University, Los Angeles

Université où elle enseigne les mathématiques pendant de nombreuses années à partir de 1967, après sa carrière dans l'industrie spatiale.

Voir aussi