Premier vice-roi des Indes portugaises (1505-1509), Francisco de Almeida consolida la présence lusitanienne dans l'océan Indien. Il remporta la décisive bataille de Diu (1509) contre la flotte ottomano-égyptienne, assurant la suprématie maritime portugaise en Asie.
Francisco de Almeida(1450 — 1510)
Francisco de Almeida
royaume de Portugal
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1505 : nommé premier vice-roi des Indes portugaises par le roi Manuel Ier
- 1509 : victoire décisive à la bataille de Diu contre la coalition ottomano-égyptiano-indienne
- 1509 : refus de céder son poste à Afonso de Albuquerque, entraînant un conflit
- 1510 : mort au Cap de Bonne-Espérance lors d'une escarmouche avec des Khoïkhoïs au retour vers le Portugal
Œuvres & réalisations
Défaite décisive de la coalition ottomano-mamelouke-gujaratie, considérée comme l'une des batailles navales fondatrices de l'hégémonie européenne en Asie. Elle garantit le monopole portugais sur le commerce des épices pendant plusieurs décennies.
Première grande fortification portugaise sur la côte est-africaine, permettant le contrôle du commerce de l'or venu du Zimbabwe et de l'ivoire. Elle illustre la stratégie d'Almeida de domination par les points maritimes stratégiques.
Seconde fortification majeure sur la côte swahilie, prise de force après la résistance de la ville. Mombasa deviendra ultérieurement une place forte permanente de la présence portugaise en Afrique orientale.
Système de licences maritimes payantes imposé à l'ensemble du commerce de l'océan Indien. Première forme de taxe coloniale maritime, il constitua un modèle de contrôle économique sans occupation territoriale directe.
Ensemble de lettres et rapports adressés au roi décrivant l'état des Indes portugaises, les batailles, les alliances et les difficultés administratives. Source historique primaire majeure pour la compréhension de la politique coloniale portugaise.
Anecdotes
Lors de la bataille de Chaul en 1508, le fils de Francisco de Almeida, Lourenço, fut tué au combat par la flotte ottomano-égyptienne. Fou de douleur, Francisco refusa de déléguer la vengeance à ses lieutenants et prit lui-même la tête de l'expédition punitive. L'année suivante, à Diu, il écrasa personnellement la coalition ennemie, criant selon la tradition qu'il avait enfin vengé son fils.
En 1509, quand Afonso de Albuquerque arriva aux Indes porteur d'ordres royaux pour lui succéder comme gouverneur, Almeida refusa catégoriquement de céder le pouvoir. Il fit même emprisonner Albuquerque pendant plusieurs semaines à Cannanore. Ce n'est qu'à l'arrivée d'une flotte de renfort depuis Lisbonne qu'il finit par obtempérer, estimant avoir encore des affaires à régler.
Sur le chemin du retour vers le Portugal en 1510, Almeida fit escale près du cap de Bonne-Espérance. Une altercation éclata avec des guerriers khoïkhoïs (peuple autochtone d'Afrique australe) lors d'un échange commercial qui tourna mal. Au cours de l'affrontement, Francisco de Almeida fut tué d'un coup de lance — fin tragique et inattendue pour le vainqueur de Diu.
La bataille de Diu (février 1509) fut l'une des premières grandes confrontations navales entre l'Europe et le monde islamique pour le contrôle des routes maritimes des épices. Almeida aligna une vingtaine de navires portugais équipés d'artillerie lourde contre une flotte bien plus nombreuse. Sa victoire tactique assura à Lisbonne le monopole du commerce maritime entre l'Europe et l'Asie pour plusieurs décennies.
Francisco de Almeida instaura le système des cartazes : tout navire souhaitant commercer dans l'océan Indien devait obtenir un laissez-passer portugais payant. Cette taxe indirecte sur le commerce asiatique permit de financer la présence militaire lusitanienne sans occupation massive du territoire, un modèle d'empire commercial plutôt que territorial.
Sources primaires
Votre Altesse saura que Lourenço, mon fils, est mort en combattant les Maures et les Rumes à Chaul, ainsi que de nombreux hidalgos de votre maison. Je supplie Votre Altesse de me permettre de venger cette défaite avant mon retour.
Dom Francisco de Almeida, avec une armada de dix-neuf navires, attaqua la flotte des Maures et des Rumes ancrée à Diu, et la défit si complètement que peu en réchappèrent, établissant ainsi la puissance de Sa Majesté sur toute cette mer.
Fut élu pour premier vice-roi des Indes dom Francisco de Almeida, homme de grand conseil et expérience en matière de guerre, avec pouvoir d'administrer justice et de conclure paix et guerre avec les rois et seigneurs de ces pays.
Dom Francisco de Almeida ne voulut remettre le gouvernement des Indes au gouverneur Afonso de Albuquerque, disant qu'il ne reconnaissait point ses provisions, et le fit mettre en prison à Cannanore, où il demeura quelque temps.
Depuis la bataille de Diu, aucun navire maure n'ose plus naviguer librement dans ces mers sans la permission des Portugais, tant la terreur de leur artillerie et de leur puissance maritime s'est répandue de Hormuz jusqu'à Malacca.
Lieux clés
Capitale du royaume, ville de naissance et de formation d'Almeida, d'où il appareilla en 1505 à la tête de sa flotte vers les Indes.
Capitale administrative de l'Estado da India sous Almeida, où il installa son quartier général et fortifia la présence portugaise sur la côte de Malabar.
Site de la bataille décisive du 3 février 1509 où Almeida détruisit la flotte ottomano-égyptienne-gujaratie, assurant la domination maritime portugaise en Asie.
Cité-État swahilie prospère où Almeida débarqua en 1505, fit prisonnier le sultan et construisit une forteresse pour contrôler le commerce de l'or et de l'ivoire en Afrique de l'Est.
Lieu de la mort d'Almeida en mars 1510, tué lors d'une escarmouche avec des guerriers khoïkhoïs au retour de son vice-royauté. Il ne reverra jamais le Portugal.
Grand port de la côte de Malabar, place forte des marchands arabes et principal point de résistance à la domination portugaise, théâtre de plusieurs affrontements navals.
Objets typiques

Navire de guerre lourd à trois mâts, armé de canons en bronze, qu'Almeida utilisait comme vaisseau amiral. Sa puissance de feu était supérieure à celle des galères arabes ou ottomanes, ce qui expliqua en grande partie la victoire de Diu.

Document officiel que tout navire devait acheter aux Portugais pour commercer sans risquer d'être arraisonné ou coulé. Almeida développa ce système pour taxer le commerce de l'océan Indien sans avoir à conquérir de territoire.

Instrument de navigation en laiton permettant de mesurer la hauteur du soleil et de déterminer la latitude en mer. Indispensable lors des traversées de l'Atlantique et de l'océan Indien pour les flottes d'Almeida.

Almeida portait l'armure complète en métal lors des batailles navales et des assauts de forteresses. À Diu, les chevaliers portugais en armure représentaient un avantage psychologique et défensif majeur face aux archers adverses.

Artillerie embarquée sur les naus portugaises, fondamentale dans la tactique d'Almeida. À Diu, les canons tirèrent à longue distance, empêchant les galères ennemies d'approcher pour aborder.

Carte maritime dessinée à la main représentant les côtes, les ports et les routes de navigation. Les pilotes d'Almeida disposaient de portulanes partiels de l'océan Indien, complétés par les connaissances des navigateurs arabes et indiens capturés.

Insigne chevaleresque qu'Almeida portait en tant que membre de cet ordre militaire portugais. La croix rouge stylisée identifiait le rang et la dignité de son porteur au sein de la noblesse militaire lusitanienne.
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Vie quotidienne
Matin
Almeida commençait sa journée par la prière et la messe, pratique incontournable pour un chevalier catholique de l'ordre de Santiago. Il procédait ensuite à l'inspection des fortifications, des navires et des troupes, vérifiant l'état de l'artillerie et les rapports de garde de la nuit précédente.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux audiences diplomatiques : réception de représentants des rois locaux, négociation des cartazes et des traités commerciaux, parfois arbitrage de conflits entre marchands. Il tenait aussi conseil de guerre avec ses capitaines pour planifier les expéditions ou répondre aux informations de renseignement sur les flottes ennemies.
Soir
Le soir, Almeida dictait ou rédigeait ses rapports et lettres destinés à Lisbonne, détaillant les batailles, les conquêtes et les besoins en renforts. La vie sociale de la cour vice-royale à Cochin réunissait les capitaines, les marchands portugais et parfois des dignitaires locaux autour d'un repas commun.
Alimentation
À bord, la ration ordinaire se composait de biscuit de mer (pain séché), de poisson salé, de lard et de légumes secs. Aux Indes, la table du vice-roi bénéficiait de riz, de poisson frais, de fruits tropicaux (noix de coco, mangues) et d'épices locales, ainsi que de vins et de provisions apportées depuis le Portugal.
Vêtements
En temps de paix ou d'audience, Almeida portait le costume noble portugais : pourpoint brodé, haut-de-chausses, manteau et la croix de l'ordre de Santiago brodée sur la poitrine. En campagne navale ou lors des assauts, il revêtait une armure de plates complète avec casque et gantelets, symbole de sa fonction de chevalier-commandant.
Habitat
À Cochin, Almeida résidait dans la factorerie-forteresse portugaise, bâtiment en pierre entouré de remparts, à la fois palais vice-royal, tribunal, entrepôt et arsenal. Les pièces étaient sobrement meublées à la mode ibérique, agrémentées de quelques tissus précieux et d'objets locaux, loin du confort des palais de Lisbonne.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Victoire de la bataille de Diu
3 février 1509
Construction du Fort de Kilwa
1505
Construction du Fort de Mombasa
1505
Mise en place du système des cartazes
1505-1509
Correspondance officielle avec le roi Manuel Ier
1505-1509






