Georges Clemenceau(1841 — 1929)

Georges Clemenceau

France

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PolitiquePolitiqueXIXe siècleXIXe-XXe siècle (1841-1929)

Homme d'État français (1841-1929), Georges Clemenceau est surtout connu pour son rôle décisif pendant la Première Guerre mondiale en tant que Premier ministre (1917-1920). Surnommé « le Père la Victoire », il a mené la France à la victoire et négocié le Traité de Versailles.

Questions fréquentes

Georges Clemenceau (1841-1929) fut un homme d'État français au tempérament combatif. Ce qui frappe chez lui, c'est sa double carrière : médecin devenu journaliste et homme politique, il incarne la République radicale. Son surnom de « Tigre » vient de sa férocité dans les débats parlementaires et de sa capacité à renverser les ministères — seize au total. Ce qu'il faut retenir, c'est que ce surnom ne renvoie pas seulement à son caractère, mais aussi à son rôle de « tombeur de ministères » qui a marqué la vie politique de la IIIe République.

Citations célèbres

« La guerre, c'est une chose trop grave pour la confier à des militaires. »
« Quand j'étais jeune, on m'a dit que je deviendrais plus sage en vieillissant. Jusqu'à présent je n'en ai rien vu. »
« Le droit c'est le fondement de la liberté. »

Faits marquants

  • 1841 : Naissance à Mouilleron-en-Pareds (Vendée)
  • 1906-1909 : Premier ministère, réformes sociales et séparation Église-État
  • 1917-1920 : Deuxième ministère pendant la Grande Guerre, mobilise la nation pour la victoire
  • 1918 : Signature de l'Armistice le 11 novembre
  • 1919 : Négociation et signature du Traité de Versailles avec l'Allemagne

Œuvres & réalisations

L'Aurore (direction du journal) (1897-1899)

Clemenceau dirigea ce quotidien républicain et dreyfusard. C'est sous sa direction que fut publié « J'accuse » de Zola, acte fondateur de l'engagement des intellectuels.

Traité de Versailles (28 juin 1919)

Clemenceau fut l'un des principaux architectes de ce traité mettant fin à la Première Guerre mondiale. Il négocia avec Wilson et Lloyd George les conditions imposées à l'Allemagne.

Loi de séparation des Églises et de l'État (1905-1906)

Bien que votée avant son ministère, Clemenceau en assura l'application ferme comme ministre de l'Intérieur puis président du Conseil, garantissant la laïcité républicaine.

Grandeurs et misères d'une victoire (1930 (posthume))

Mémoires dans lesquels Clemenceau revient sur les négociations de Versailles et défend son action. Ouvrage essentiel pour comprendre sa vision de la paix.

Au soir de la pensée (1927)

Ouvrage philosophique dans lequel Clemenceau, retiré de la politique, livre ses réflexions sur la science, la religion et le sens de la vie.

Claude Monet : les Nymphéas (1928)

Essai consacré à son ami intime Claude Monet, témoignant de la passion de Clemenceau pour l'art et de son rôle dans la préservation des Nymphéas pour la nation.

Anecdotes

Lors d'un duel au pistolet contre Paul Déroulède en 1892, les deux adversaires tirèrent et se manquèrent mutuellement. Clemenceau aurait commenté avec ironie : « Nous avons visé comme des parlementaires. » L'incident illustre bien son caractère combatif et son humour mordant.

Clemenceau fut surnommé « le Tigre » en raison de son tempérament féroce et de sa capacité à renverser les gouvernements. En tant que journaliste et sénateur, il contribua à faire tomber pas moins de seize ministères, ce qui lui valut aussi le surnom de « tombeur de ministères ».

Grand ami de Claude Monet, Clemenceau l'encouragea à peindre la célèbre série des Nymphéas et joua un rôle décisif pour que l'État français accepte le don de ces toiles, installées à l'Orangerie des Tuileries. Il visita Monet à Giverny des dizaines de fois au fil des décennies.

Lors de la signature du Traité de Versailles le 28 juin 1919 dans la Galerie des Glaces, Clemenceau choisit délibérément ce lieu pour effacer symboliquement l'humiliation de la proclamation de l'Empire allemand au même endroit en 1871. Ce choix était une revanche historique calculée.

Le 19 février 1919, l'anarchiste Émile Cottin tira sept balles sur Clemenceau alors qu'il montait dans sa voiture. Une balle se logea près de son poumon, mais le vieil homme de 77 ans reprit le travail quelques jours plus tard, déclarant que le tireur méritait quelques semaines de cours de tir.

Sources primaires

Discours de guerre de Clemenceau à la Chambre des députés (8 mars 1918)
Ma politique étrangère et ma politique intérieure, c'est tout un. Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre.
L'Aurore – « J'accuse…! » d'Émile Zola (13 janvier 1898)
Clemenceau, directeur du journal L'Aurore, choisit le titre « J'accuse…! » pour la lettre ouverte de Zola au président Félix Faure, dénonçant l'injustice faite au capitaine Dreyfus.
Grandeurs et misères d'une victoire (mémoires) (1930 (posthume))
Clemenceau écrit dans ses mémoires : « Il est plus facile de faire la guerre que la paix. » Il y revient sur les négociations difficiles du traité de Versailles et ses désaccords avec Wilson et Lloyd George.
Discours du 11 novembre 1918 à la Chambre (11 novembre 1918)
En annonçant l'armistice, Clemenceau déclare : « La France, hier soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de l'humanité, sera toujours le soldat de l'idéal. » La Chambre entière se lève pour l'ovationner.

Lieux clés

Mouilleron-en-Pareds, Vendée

Village natal de Clemenceau, où il fut enterré selon sa volonté, debout face à l'est, auprès de son père. Sa maison natale est aujourd'hui un musée.

Palais-Bourbon et Sénat, Paris

Lieux de la vie parlementaire de Clemenceau pendant plus de quarante ans, d'abord comme député puis comme sénateur. C'est depuis ces tribunes qu'il mena ses combats politiques.

Rue Franklin, Paris (XVIe)

Clemenceau vécut de longues années dans son appartement de la rue Franklin, aujourd'hui transformé en musée Clemenceau. Il y travailla et y mourut en 1929.

Galerie des Glaces, Château de Versailles

Lieu de la signature du Traité de Versailles le 28 juin 1919, choisi par Clemenceau pour sa portée symbolique face à l'Allemagne.

Les tranchées du front (Picardie, Champagne)

Clemenceau se rendit régulièrement sur le front pendant la guerre, visitant les tranchées pour soutenir le moral des soldats, ce qui renforça son image de chef de guerre indomptable.

Voir aussi