Actrice suédoise devenue l'une des plus grandes stars hollywoodiennes des années 1920-1930. Célèbre pour son mystère et son jeu sobre, elle disparut volontairement des écrans en 1941 à 36 ans.
Greta Garbo(1905 — 1990)
Greta Garbo
États-Unis, Suède
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« I want to be alone.»
Faits marquants
- Née le 18 septembre 1905 à Stockholm, Suède
- Débute à Hollywood en 1925, à l'époque du cinéma muet
- Tourne dans Anna Karénine (1935) et Ninotchka (1939)
- Se retire définitivement du cinéma en 1941 à 36 ans
- Reçoit un Oscar d'honneur en 1954 pour l'ensemble de sa carrière
Œuvres & réalisations
Premier grand film de Garbo, réalisé par Mauritz Stiller d'après le roman de Selma Lagerlöf. Son succès en Scandinavie lui ouvrit les portes de Hollywood.
Premier grand succès américain de Garbo, avec John Gilbert. La MGM exploita leur passion réelle à l'écran ; Garbo y imposait un jeu sensuel et intériorisé révolutionnaire pour l'époque.
Adaptation de la pièce d'Eugene O'Neill et premier film parlant de Garbo. Le triomphe mondial du film prouva que sa voix grave et son accent scandinavement teinté renforçaient son magnétisme au lieu de l'affaiblir.
Chef-d'œuvre du cinéma classique dans lequel Garbo incarne la reine de Suède du XVIIe siècle, femme libre refusant les conventions. La scène finale — son visage immobile à la proue du navire — est l'une des plus célèbres de l'histoire du cinéma.
Adaptation du roman d'Alexandre Dumas fils, considérée comme la performance la plus accomplie de Garbo. Elle fut nommée aux Oscars pour ce rôle et la critique salua unanimement sa capacité à transcender le mélodrame.
Comédie d'Ernst Lubitsch dans laquelle Garbo joue une commissaire soviétique rigide conquise par Paris. Ce virage comique, annoncé par le slogan « Garbo Laughs ! », révéla une facette insoupçonnée de l'actrice.
Dernier film de Garbo, comédie légère qui fut un échec commercial et critique. Garbo ne donna jamais d'explication à son retrait qui suivit immédiatement, mais ne retourna plus jamais devant une caméra.
Anecdotes
Greta Garbo est née Greta Lovisa Gustafsson dans un quartier pauvre de Stockholm en 1905. C'est le réalisateur suédois Mauritz Stiller qui la repéra à l'École royale d'art dramatique et lui imposa le nom de scène « Garbo », estimant que son vrai nom était trop banal pour une future star. Sans Stiller, qui négocia son contrat avec la MGM et insista pour qu'on l'engage à ses côtés, Garbo n'aurait peut-être jamais quitté la Suède.
Lorsqu'en 1930 Garbo prononça ses premiers mots à l'écran dans Anna Christie, la MGM lança une campagne publicitaire mondiale avec le slogan « Garbo Talks ! » (Garbo parle !). L'événement était si attendu que les salles de cinéma affichaient complet dès les premières séances. Contrairement à beaucoup de stars du muet dont la voix déçut le public, sa voix grave et légèrement scandinavement accentuée renforça encore son mystère.
En 1941, à seulement 36 ans et au sommet de sa gloire, Garbo abandonna définitivement le cinéma après l'échec commercial de The Two-Faced Woman. Elle ne donna jamais d'explication publique et refusa toutes les offres qui lui furent faites pendant les cinquante années suivantes jusqu'à sa mort. Ce retrait volontaire, délibéré et total est unique dans l'histoire du cinéma.
Sa célèbre réplique « I want to be alone » (Je veux être seule), prononcée dans Grand Hotel en 1932, devint le symbole de son personnage public. Garbo fit remarquer plus tard qu'elle avait en réalité dit « I want to be left alone » — une nuance importante signifiant qu'elle voulait qu'on la laisse tranquille, non pas qu'elle recherchait la solitude absolue. Cette phrase résuma néanmoins parfaitement sa manière de vivre.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Garbo travailla discrètement pour les services de renseignement britanniques. Grâce à sa notoriété et ses liens avec la Suède neutre, elle put approcher des personnalités de la haute société européenne et transmettre des informations aux Alliés. Son agent de liaison était le chef du contre-espionnage britannique William Stephenson, et son rôle d'espionne fut confirmé après-guerre par des documents déclassifiés.
Sources primaires
I am trying to find myself as a person. Sometimes that is not easy. Perhaps I have been too strict, too demanding of myself. I am not very good at being a 'star'.
Lettre autographe dans laquelle Garbo évoque son besoin de solitude et sa lassitude de la vie hollywoodienne, exprimant le souhait de rentrer en Suède.
Je ne suis pas une femme difficile. Je suis simplement une femme qui sait ce qu'elle veut et ce qu'elle ne veut pas. Hollywood m'a donné beaucoup, mais m'a pris encore plus.
I never said 'I want to be alone.' I only said 'I want to be let alone.' There is all the difference.
Garbo's voice, low and throaty, matches her beauty and her acting. She has conquered the talkies as she conquered the silents.
Lieux clés
Quartier populaire du sud de Stockholm où Greta Gustafsson naquit et grandit dans une famille ouvrière. Ce milieu modeste contraste radicalement avec la vie de star qui l'attendait, et Garbo n'oublia jamais ses origines, envoyant régulièrement de l'argent à sa famille restée en Suède.
Institution prestigieuse où Garbo fut formée de 1922 à 1924, avant d'être repérée par Mauritz Stiller. C'est là qu'elle acquit les bases de son jeu scénique sobre et intériorisé, style qui la distingua de toutes les autres actrices hollywoodiennes.
Immense complexe de studios hollywoodiens où Garbo tourna la quasi-totalité de ses films américains entre 1926 et 1941. Elle y imposait ses conditions : plateau fermé, aucun visiteur, tournage interrompu si une caméra-souvenir était sortie.
Appartement new-yorkais où Garbo vécut recluse pendant plus de quarante ans après son retrait du cinéma en 1941. Elle y mourut en 1990 : les New-Yorkais l'apercevaient parfois lors de ses promenades solitaires dans Manhattan, reconnaissable à ses lunettes noires et son béret.
Garbo revenait régulièrement en Suède entre ses tournages et y retrouvait un anonymat qu'Hollywood ne lui permettait pas. Elle appréciait particulièrement les côtes suédoises et les lacs, où elle pouvait marcher et nager sans être reconnue.
Objets typiques

Accessoire incontournable du glamour hollywoodien des années 1930, le fume-cigarette apparaît dans nombre de portraits officiels de Garbo. Il symbolisait la sophistication et la liberté féminine propre à ses personnages de femmes fatales.

Garbo portait en permanence de larges lunettes noires dès qu'elle sortait dans les rues de New York pour préserver son anonymat. Elles sont devenues l'emblème de sa vie retirée et ont inspiré des générations de célébrités cherchant à échapper aux photographes.

Caméra standard utilisée sur les plateaux de la MGM dans les années 1930, avec laquelle furent tournés Queen Christina et Camille. Garbo, contrairement aux autres stars, refusait que des photographes entrent sur le plateau pendant le tournage.

Garbo portait souvent un béret sombre incliné sur le côté, alliant élégance discrète et hommage à ses origines suédoises. Ce couvre-chef sobre, associé à son trench-coat, forma une silhouette reconnaissable entre toutes dans les rues de New York.

Document juridique liant Garbo à la Metro-Goldwyn-Mayer depuis 1925 et régissant chaque aspect de sa vie publique : rôles imposés, interviews autorisées, droits à l'image. Ce type de contrat incarnait le « star system » hollywoodien qui traitait les acteurs comme des marchandises précieuses.

Énormes lampes à arc électrique utilisées dans les studios pour obtenir un éclairage puissant et directionnel. Les éclairagistes de la MGM développèrent pour Garbo des techniques particulières de contre-jour et d'ombre portée qui sculptaient son visage et renforçaient son mystère à l'écran.
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Vie quotidienne
Matin
Garbo se levait tôt, vers 6 heures, habituée aux tournages débutant à l'aube dans les studios MGM. Elle déjeunait frugalement — fruits frais, céréales ou pain grillé — avant de rejoindre le plateau en voiture conduite par son chauffeur personnel, refusant systématiquement les photographes postés à l'entrée des studios.
Après-midi
Les journées de tournage duraient dix à douze heures. Garbo était connue pour sa concentration absolue entre les prises, qu'elle passait seule dans sa loge, refusant les mondanités et les conversations de plateau. En dehors des tournages, elle consacrait ses après-midi à de longues promenades solitaires dans les collines de Los Angeles.
Soir
Contrairement aux autres stars hollywoodiennes, Garbo fuyait les galas, les premières et les soirées organisées par les studios. Elle dînait chez elle ou chez de rares amis proches, notamment le photographe Cecil Beaton ou l'actrice Marlene Dietrich, et se couchait tôt pour préserver sa voix et sa concentration.
Alimentation
Garbo suivait un régime avant-gardiste pour l'époque, influencé par les théories de santé scandinaves : légumes crus, poisson, peu de viande rouge et beaucoup d'eau. Elle évitait l'alcool lors des tournages et était attentive à ne pas grignoter entre les repas, discipline partagée par peu de stars hollywoodiennes de son époque.
Vêtements
En dehors des plateaux, Garbo s'habillait de façon volontairement androgyne et discrète : pantalons larges, manteaux sombres, bérets et foulards. Ce style, inhabituel pour une femme dans les années 1930, lui permettait de passer inaperçue mais devint paradoxalement un style reconnaissable entre tous. Elle portait les créations Adrián sur scène, le couturier attitré de la MGM.
Habitat
À Hollywood, Garbo loua une villa isolée dans les collines de Bel Air, loin des résidences ostentatoires de ses collègues. Après sa retraite, elle s'installa à New York dans un appartement sobre donnant sur l'East River, qu'elle meubla simplement et où elle vécut pendant quarante ans dans une quasi-totale réclusion.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Chair et le Diable (Flesh and the Devil)
1926
Ninotchka
1939






