Biographie

Harriet Taylor Mill (1807-1858) est une philosophe et féministe britannique, figure majeure de la pensée libérale du XIXe siècle. Collaboratrice et épouse de John Stuart Mill, elle a profondément influencé ses œuvres, notamment sur la liberté individuelle et l'émancipation des femmes.

Harriet Taylor Mill(1807 — 1858)

Harriet Taylor Mill

Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande

8 min de lecture

PhilosophiePhilosopheActivisteJournalisteXIXe siècleLe XIXe siècle est marqué par la révolution industrielle, l'essor du libéralisme politique et les premières revendications organisées pour les droits des femmes. En Grande-Bretagne, le mouvement réformiste conteste les inégalités sociales et juridiques héritées de l'Ancien Régime.

Questions fréquentes

Harriet Taylor Mill (1807-1858) est une philosophe et féministe britannique, figure clé du libéralisme du XIXe siècle. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle n'est pas seulement l'épouse de John Stuart Mill : elle a profondément influencé ses œuvres majeures, notamment On Liberty et The Subjection of Women. Son essai The Enfranchisement of Women (1851) est l'un des premiers textes féministes radicaux en anglais, réclamant le droit de vote et l'égalité civile. Sa collaboration avec Mill montre que la pensée libérale classique doit beaucoup à une femme souvent restée dans l'ombre.

Citations célèbres

« La subordination des femmes est une des principales causes de l'imperfection de la civilisation humaine.»

Faits marquants

  • Née en 1807 à Londres, elle publie dès 1832 un essai sur le mariage et le divorce réclamant l'égalité juridique entre époux.
  • Elle collabore étroitement avec John Stuart Mill pendant vingt ans avant de l'épouser en 1851, après la mort de son premier mari.
  • Son essai 'L'Émancipation des femmes' (1851) anticipe les arguments développés dans 'L'Asservissement des femmes' de Mill (1869).
  • Elle exerce une influence décisive sur 'De la liberté' (On Liberty, 1859), dont Mill lui attribue la copaternité.
  • Elle meurt à Avignon en 1858, avant de voir paraître les œuvres majeures issues de leur collaboration.

Œuvres & réalisations

The Enfranchisement of Women (1851)

Publié dans la Westminster Review, cet essai réclame le droit de vote et l'égalité civile et économique des femmes. Il est considéré comme l'un des premiers textes féministes radicaux de la littérature anglophone.

Essay on Marriage and Divorce (manuscrit) (vers 1832)

Rédigé en dialogue avec J.S. Mill, ce texte inédit de son vivant plaide pour la liberté de divorcer et l'égalité des droits conjugaux. Il témoigne de la précocité et de la radicalité de sa pensée.

Principles of Political Economy (co-élaboration avec J.S. Mill) (1848)

Harriet contribua substantiellement à la rédaction des chapitres sur le travail et les classes laborieuses de cet ouvrage fondamental. Mill lui attribua une large part de la réflexion sociale de l'ouvrage.

On Liberty (co-auteure reconnue par Mill) (1859)

Bien que publié après sa mort, Mill affirma qu'il était le fruit d'un travail commun et lui dédia l'ouvrage. Ce texte fondateur du libéralisme politique porte profondément l'empreinte de la pensée d'Harriet.

The Subjection of Women (influence déterminante) (1869)

Mill reconnut explicitement dans cet ouvrage la pensée d'Harriet comme source première de son analyse de l'oppression des femmes. Le texte est considéré comme l'œuvre commune posthume du couple.

Anecdotes

Harriet Taylor rencontre John Stuart Mill en 1830 lors d'un dîner londonien. Bien qu'elle soit déjà mariée à John Taylor, les deux intellectuels nouent une amitié intellectuelle intense qui scandalise la haute société victorienne. Pendant vingt ans, ils échangent des manuscrits, se retrouvent pour travailler ensemble, et résistent aux conventions de leur époque.

Après la mort de son premier mari en 1849, Harriet Taylor épouse John Stuart Mill en 1851. Ce mariage, attendu depuis deux décennies, fut célébré discrètement. Mill déclara solennellement renoncer à tous les privilèges légaux que le droit anglais lui accordait sur la personne et les biens de sa femme, un geste politique rare et symbolique pour l'époque.

En 1851, Harriet Taylor publie 'The Enfranchisement of Women' dans la Westminster Review, un texte réclamant le droit de vote et l'égalité civile pour les femmes. L'article, d'une radicalité inédite, fit grand bruit dans les cercles intellectuels londoniens. John Stuart Mill reconnut publiquement que la pensée de sa femme avait profondément influencé ses propres idées sur la liberté.

Harriet Taylor Mill mourut à Avignon en 1858, lors d'un voyage en France entrepris pour soigner sa santé fragile. John Stuart Mill, inconsolable, acheta une maison à proximité du cimetière où elle fut enterrée afin de passer le reste de sa vie près d'elle. Il la considérait comme le plus grand esprit philosophique de leur génération.

Sources primaires

The Enfranchisement of Women (1851)
Were we writing merely to express our own opinions, we should say plainly that we do not think that the suffrage, or any other of the recognized marks of citizenship, ought to be withheld from women.
Lettre de John Stuart Mill à Thomas Carlyle (évoquant Harriet Taylor) (1833)
She is a woman of remarkable endowments both of feeling and of intellect, united in a degree very seldom found.
The Subjection of Women (préface de J.S. Mill, reconnaissant la co-paternité d'Harriet) (1869)
The chief of my obligations, as is natural, to her to whom I dedicated the work, is not confined to its execution, but extends to the thought itself.
On Liberty (dédicace de J.S. Mill à Harriet Taylor Mill) (1859)
To the beloved and deplored memory of her who was the inspirer, and in part the author, of all that is best in my writings.

Lieux clés

Londres, Kensington

Harriet Taylor Mill vécut une grande partie de sa vie dans les quartiers bourgeois de Londres, fréquentant les cercles intellectuels utilitaristes et libéraux de la capitale britannique.

Walton-on-Thames, Surrey

La villa de Harriet et John Taylor à Walton servit souvent de lieu de retraite et de travail intellectuel pour Harriet et Mill, à l'abri des ragots londoniens.

Avignon, Provence

Harriet Taylor Mill mourut à Avignon en novembre 1858 lors d'un voyage thérapeutique. Mill y acheta une maison pour rester près de son tombeau au cimetière Saint-Véran.

India House, Londres

Siège de la Compagnie des Indes orientales, où John Stuart Mill travaillait comme fonctionnaire ; Harriet y débattait souvent des grandes questions politiques et économiques qui alimentaient leurs écrits communs.

Cimetière Saint-Véran, Avignon

Lieu de sépulture d'Harriet Taylor Mill, devenu lieu de pèlerinage pour John Stuart Mill qui s'installa à proximité pour y travailler les dernières années de sa vie.

Liens externes & ressources

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