Déesse égyptienne vénérée depuis l'Ancien Empire (vers 2700 av. J.-C.), Hathor est associée à l'amour, la musique, la joie, la féminité et le ciel. Représentée sous forme de vache ou de femme à cornes bovines portant le disque solaire, elle est l'une des divinités les plus populaires du panthéon égyptien.
Hathor
Hathor
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Attestée dans les Textes des Pyramides dès vers 2400 av. J.-C., elle est l'une des plus anciennes déesses égyptiennes connues
- Son grand temple de Dendérah, conservé presque intact, date principalement de l'époque ptolémaïque (vers 54 av. J.-C.) mais repose sur des sanctuaires bien plus anciens
- Elle est représentée sous la forme d'une vache, d'une femme à tête de vache, ou d'une femme portant un disque solaire entre deux cornes bovines
- Associée au dieu Rê comme sa fille ou son œil, elle peut revêtir un aspect destructeur sous le nom de Sekhmet
- Son culte était célébré par des fêtes musicales et des processions rituelles ; le sistre (instrument à percussion) lui était consacré
Œuvres & réalisations
Chef-d'œuvre de l'architecture religieuse égyptienne, ce temple est entièrement dédié à Hathor et conserve des reliefs et inscriptions exceptionnels. Son plafond astronomique avec le zodiaque circulaire est l'un des documents scientifiques les plus précieux de l'Antiquité.
Construit par Ramsès II pour honorer Hathor et la reine Néfertari, ce petit temple monolithique taillé dans la roche est un témoignage unique de la dévotion royale envers la déesse.
Récit fondateur codifiant la dualité d'Hathor — déesse de l'amour et force destructrice. Ce mythe est inscrit dans le tombeau de Séthi Ier à Abydos et reste l'un des textes mythologiques égyptiens les plus complets.
Corpus d'hymnes liturgiques gravés dans le temple de Philae, célébrant Hathor comme déesse universelle. Ces textes constituent une source précieuse pour comprendre la théologie égyptienne tardive.
Bas-relief circulaire représentant la voûte céleste avec constellations et planètes, réalisé dans le sanctuaire d'Hathor. Il est aujourd'hui conservé au musée du Louvre à Paris.
Anecdotes
Hathor était surnommée 'la Dame du Sycomore' car les Égyptiens croyaient qu'elle se cachait dans les figuiers sycomores pour offrir nourriture et eau fraîche aux âmes des défunts. Des représentations la montrent sortant du tronc d'un arbre, tendant des fruits et des jarres d'eau à des momies.
Selon le mythe de 'La Destruction de l'Humanité', le dieu solaire Rê, vieillissant et bafoué par les hommes, envoya Hathor sous sa forme destructrice, l'œil de Rê, pour punir l'humanité. La déesse, transformée en Sekhmet la lionne, fit un tel massacre que Rê lui-même dut ruser pour l'arrêter : il fit teindre de la bière en rouge pour imiter le sang, et Hathor, la buvant par ivresse, s'endormit et se calma.
Le temple d'Hathor à Dendéra, construit à l'époque gréco-romaine, possède un zodiaque circulaire sur son plafond — l'un des plus anciens planisphères astronomiques connus. Ce zodiaque, aujourd'hui au Louvre, témoigne du lien profond entre Hathor, le ciel et les étoiles.
Les prêtresses d'Hathor jouaient du sistre, un instrument à percussion en métal dont le son était censé chasser les mauvais esprits et plaire à la déesse. Ce son métallique rythmait les fêtes, les processions et les rituels funéraires dans tout l'Égypte antique.
Hathor était aussi vénérée comme protectrice des mineurs et des carriers. Dans le Sinaï, à Serabit el-Khadim, les ouvriers égyptiens qui extrayaient la turquoise lui dédièrent un temple rupestre et lui donnèrent le titre de 'Dame de la Turquoise'.
Sources primaires
Salut à toi, Hathor, Dame de l'Occident ! Tu donnes le pain, la bière et toutes les bonnes choses à l'âme du défunt, car tu es la maîtresse de la joie et de la musique.
Et Rê dit : 'Qu'on apporte de la bière rouge comme le sang.' Et Hathor but et son cœur fut réjoui, et elle ne reconnut plus les hommes.
Tu es la dame du ciel, la maîtresse des deux terres, la face du disque solaire, l'œil de Rê qui n'a pas son égale. Les dieux te louent et les hommes t'adorent.
Pour Hathor, Dame de la Turquoise, que le roi lui offre de l'encens et du vin afin qu'elle protège les mineurs et leur accorde sa faveur.
Je suis à elle comme Hathor est au dieu solaire. Son amour est mon soleil, sa présence est ma musique, et quand elle me sourit, c'est la fête d'Hathor qui commence.
Lieux clés
Principal sanctuaire d'Hathor, construit à l'époque ptolémaïque. Il est l'un des temples égyptiens les mieux conservés et abrite le célèbre zodiaque circulaire aujourd'hui au Louvre.
Temple rupestre dédié à Hathor 'Dame de la Turquoise', construit par les mineurs égyptiens qui extrayaient la turquoise dans cette région. L'un des sites de culte d'Hathor les plus anciens hors de la vallée du Nil.
Le petit temple d'Abou Simbel, dédié à Hathor et à la reine Néfertari par Ramsès II, représente l'une des plus belles expressions du culte hathorien du Nouvel Empire.
Centre religieux majeur où la 'Belle Fête de la Vallée' honorait Hathor chaque année, réunissant les habitants pour célébrer la renaissance et le lien entre les vivants et les morts.
Capitale de l'Ancien Empire où Hathor était vénérée depuis les origines comme protectrice du roi et déesse du ciel, aux côtés de Ptah et Sokar.
Objets typiques

Instrument à percussion en métal ou en bois, agité lors des rituels en l'honneur d'Hathor. Son son était censé chasser les mauvais esprits et réjouir la déesse de la musique et de la joie.
📷 CC0 · Wikimedia Commons ↗
Lourd collier de perles à contrepoids, attribut distinctif d'Hathor. Il était secoué comme un sistre lors des cérémonies et symbolisait fertilité, protection et renouveau.

Coiffure emblématique d'Hathor, représentant le soleil tenu entre ses cornes de vache. Ce symbole rappelle son rôle de mère du soleil et de déesse du ciel.

Objet d'offrande fréquemment dédié à Hathor, dont le manche était souvent sculpté en forme de visage de la déesse. Il symbolisait la beauté, la féminité et la lumière solaire reflétée.
📷 CC BY 3.0 · Wikimedia Commons ↗
Pierre précieuse associée à Hathor, surnommée 'Dame de la Turquoise'. Les mineurs du Sinaï lui offraient cette pierre bleue-verte pour obtenir sa protection dans les galeries.

Arbre sacré d'Hathor, sous lequel elle était censée se manifester pour offrir eau, pain et fruits aux défunts. Les temples lui étaient souvent entourés de ces figuiers sacrés.
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Vie quotidienne
Matin
Dans les temples d'Hathor, à l'aube, les prêtresses ouvraient les portes du sanctuaire en chantant pour 'réveiller' la déesse. Elles lavaient et habillaient la statue divine, lui offraient nourriture et encens afin de recharger son énergie divine pour la journée.
Après-midi
Les fidèles venaient déposer des ex-votos — miroirs en bronze, sistres, statuettes de vaches — et formulaient leurs prières pour la fertilité, l'amour ou la protection des accouchements. Les prêtresses jouaient du sistre et du menat lors des rituels diurnes pour maintenir l'harmonie cosmique.
Soir
À la tombée du jour, les prêtresses chantaient des hymnes pour accompagner le coucher du soleil, symbole du voyage nocturne de Rê dans les entrailles d'Hathor. Les lampes à huile et l'encens brûlaient toute la nuit dans le sanctuaire intérieur.
Alimentation
Les offrandes alimentaires déposées devant Hathor comprenaient pain, bière, dattes, figues, volailles rôties et lait. La bière avait une valeur symbolique particulière depuis le mythe où Rê en avait usé pour apaiser la colère de la déesse.
Vêtements
Les prêtresses d'Hathor portaient une longue robe de lin blanc, un grand collier menat en perles de faïence et de carnelian, et coiffaient parfois une perruque noire ornée d'une coiffe bovine miniature. Les officiantes de haut rang arboraient des plumes de faucon et des disques dorés.
Habitat
Le 'domaine d'Hathor' (le temple) était un complexe immense avec lac sacré, jardins de sycomores, ateliers de fabrication de sistres et logements pour les prêtres et prêtresses. Le naos central, obscur et parfumé d'encens, abritait la statue sacrée inaccessible au public.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Le style visuel d'Hathor s'inscrit dans la tradition égyptienne classique : aplats de couleurs chaudes (or, ocre, turquoise), silhouette hiératique et coiffure bovine caractéristique ornée du disque solaire.
Ambiance sonore
L'ambiance sonore des temples d'Hathor mêle le tintement métallique des sistres, les chants des prêtresses et le souffle chaud du désert, créant une atmosphère à la fois festive et sacrée.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Temple d'Hathor à Dendéra
Ier siècle av. J.-C. (époque ptolémaïque)
Chapelle hathorique d'Abou Simbel
vers 1255 av. J.-C.
Le Mythe de la Destruction de l'Humanité
vers 1350 av. J.-C.
Hymnes à Hathor du temple de Philae
IIIe-Ier siècle av. J.-C.
Zodiaque circulaire de Dendéra
vers 50 av. J.-C.






