Henryk Górecki est un compositeur polonais, figure majeure de la musique contemporaine de la seconde moitié du XXe siècle. D'abord lié à l'avant-garde sérielle, il évolue vers un style plus dépouillé et spirituel, atteignant une notoriété mondiale avec sa Troisième Symphonie.
Henryk Górecki(1933 — 2010)
Henryk Górecki
Pologne
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 6 décembre 1933 à Czernica, en Pologne
- Compose en 1976 sa Symphonie n° 3, dite « Symphonie des chants plaintifs »
- L'enregistrement de 1992 de sa Symphonie n° 3 connaît un succès mondial exceptionnel pour une œuvre contemporaine
- Figure de l'avant-garde polonaise des années 1960 aux côtés de Penderecki et Lutosławski
- Mort le 12 novembre 2010 à Katowice, en Pologne
Œuvres & réalisations
Symphonie en trois mouvements pour soprano et orchestre, sur des textes de deuil et de prière. Devenue en 1992 l'une des œuvres contemporaines les plus vendues au monde.
Psaume pour baryton, chœur et orchestre commandé par le cardinal Wojtyła (futur Jean-Paul II), créé en sa présence à Cracovie.
Œuvre orchestrale marquante de sa première période d'avant-garde, qui le fit connaître au Festival d'automne de Varsovie.
Vaste pièce chorale a cappella composée après la répression du mouvement Solidarność, longtemps interdite de création publique.
Composés pour le Kronos Quartet, ils témoignent de son style dépouillé et de son rayonnement international tardif.
Motet pour chœur a cappella dédié à la Vierge Marie, écrit pour la troisième visite de Jean-Paul II en Pologne ; l'une de ses pièces chorales les plus chantées.
Anecdotes
En 1992, la Troisième Symphonie de Górecki, dite « Symphonie des chants plaintifs », composée pourtant en 1976, devient un succès mondial inattendu : un enregistrement avec la soprano Dawn Upshaw se vend à plus d'un million d'exemplaires et se classe dans les hit-parades pop, chose rarissime pour une œuvre de musique contemporaine.
Le deuxième mouvement de cette symphonie reprend une prière gravée par une jeune prisonnière de 18 ans, Helena Wanda Błażusiakówna, sur le mur d'une cellule de la Gestapo à Zakopane en 1944 ; elle y demandait à la Vierge Marie de ne pas pleurer.
Profondément catholique dans une Pologne communiste, Górecki compose en 1979 son « Beatus Vir » à la demande du cardinal Karol Wojtyła, devenu le pape Jean-Paul II, pour célébrer un martyr polonais ; l'œuvre fut créée en présence du pape lors de sa première visite en Pologne.
Jeune homme, Górecki souffrit toute sa vie de problèmes de santé liés à un accident d'enfance mal soigné et à une tuberculose ; il dut subir de nombreuses opérations, ce qui n'entama jamais son énergie créatrice.
Górecki resta très attaché à sa région natale de Silésie et à la ville de Katowice, refusant de s'installer à l'Ouest malgré sa célébrité internationale ; il puisait son inspiration dans les chants populaires et la spiritualité de sa terre.
Sources primaires
Maman, ne pleure pas. Très pure Reine du Ciel, soutiens-moi toujours.
Beaucoup de mes proches sont morts dans les camps. J'avais une grand-mère qui était à Auschwitz. Cette symphonie n'est pas un requiem pour les morts, mais un chant.
Mon fils bien-aimé et élu, partage tes blessures avec ta mère.
Lieux clés
Village de Silésie où Henryk Górecki naît en 1933, dans une famille modeste de cheminot.
Grande ville de Silésie où Górecki étudia puis enseigna au Conservatoire (Académie de musique), dont il fut recteur. Il y vécut et y mourut en 2010.
Institution où Górecki se forma à la composition puis enseigna, avant d'en démissionner de la direction en 1980 par solidarité politique.
Station des Tatras où, en 1944, une jeune prisonnière inscrivit sur un mur de la prison de la Gestapo la prière reprise dans le IIᵉ mouvement de la Symphonie n°3.
Capitale polonaise où se tient le Festival d'automne, vitrine de la musique contemporaine qui révéla les compositeurs polonais d'avant-garde dont Górecki.
Objets typiques

Górecki écrivait sa musique à la main sur du papier à musique réglé. Ses partitions portent la trace de ratures et de corrections révélant son travail méticuleux.

Instrument de travail du compositeur, sur lequel il essayait ses harmonies et structurait ses œuvres. Górecki composait souvent au piano dans son appartement de Katowice.

Support d'enregistrement par lequel la Symphonie n°3 connut sa diffusion planétaire en 1992. Le CD Nonesuch fit entrer Górecki dans les classements de musique populaire.

Objets de la dévotion catholique de Górecki, dont la foi imprégnait des œuvres comme le Beatus Vir ou la Symphonie n°3. La figure de la Vierge Marie est centrale dans son inspiration.

Górecki collectait et étudiait les mélodies traditionnelles de sa Silésie natale et des montagnes polonaises. Ces chants nourrissaient son écriture mélodique simple et émouvante.

Petit instrument métallique donnant la note de référence, utile au compositeur et au chef pour accorder voix et instruments. Outil discret mais essentiel du musicien.
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Vie quotidienne
Matin
Górecki vivait dans un appartement modeste de Katowice, en Silésie industrielle. Le matin, il aimait le calme pour travailler ses partitions, lisant et réfléchissant longuement avant d'écrire la moindre note.
Après-midi
L'après-midi pouvait être consacré à l'enseignement à l'Académie de musique, à la rencontre d'interprètes ou à l'étude des chants populaires. Compositeur lent et exigeant, il pouvait passer des semaines sur un même passage.
Soir
Le soir, en famille, il écoutait de la musique, recevait des amis musiciens ou assistait à des concerts. Profondément attaché aux siens, il fuyait la mondanité et les voyages.
Alimentation
Górecki partageait l'alimentation polonaise traditionnelle : soupes (barszcz, żurek), pommes de terre, choux, pierogi et viandes selon les moyens. La cuisine restait simple dans la Pologne communiste où les pénuries étaient fréquentes.
Vêtements
Il portait les vêtements sobres et fonctionnels d'un universitaire de l'Europe de l'Est : costume, chemise, pull et manteau épais pour les rudes hivers silésiens. Rien d'ostentatoire chez cet homme discret.
Habitat
Il habitait un appartement urbain à Katowice, dans une ville marquée par les mines de charbon et l'industrie. Il possédait aussi un refuge à la campagne, près des montagnes, où il aimait se ressourcer.






