Orientaliste et sanscritiste français du XIXe siècle, Hippolyte Fauche est le premier traducteur intégral du Mahabharata en français. Son œuvre colossale a ouvert la littérature épique indienne au public francophone.
Hippolyte Fauche(1797 — 1869)
Hippolyte Fauche
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1795 à Rouen, mort en 1869
- Premier traducteur intégral du Mahabharata en français (1863-1870)
- A également traduit le Ramayana et d'autres textes sanskrits majeurs
- Membre correspondant de l'Institut de France
- A contribué à populariser la littérature indienne classique en France
Œuvres & réalisations
Première traduction française complète du Ramayana, en deux volumes. Cette œuvre pionnière fit connaître l'épopée de Rama au public francophone et établit la réputation de Fauche comme premier indianiste traducteur de France.
Traduction du chef-d'œuvre dramatique de Kalidasa (IVe–Ve siècle), déjà célèbre en Angleterre et en Allemagne. La version de Fauche permit enfin aux lecteurs français de découvrir ce texte fondateur de la littérature sanskrite classique.
Traduction du poème lyrique de Kalidasa, considéré comme l'un des sommets de la poésie sanskrite. Fauche en proposa une version élégante qui toucha les romantiques français sensibles à la mélancolie et à la grandeur poétique.
Recueil de traductions de plusieurs pièces du répertoire dramatique sanskrit, permettant pour la première fois aux lecteurs français d'avoir une vue d'ensemble de la dramaturgie indienne classique.
Œuvre monumentale en dix volumes, première et unique traduction intégrale du Mahabharata en français pour plusieurs générations. Malgré quelques inexactitudes relevées par les indianistes postérieurs, cet ouvrage reste un monument fondateur de l'indologie française.
Traduction d'une autre pièce majeure de Kalidasa, enrichissant le corpus des textes indiens accessibles en français et complétant la vision que les lecteurs pouvaient se faire du théâtre sanskrit classique.
Anecdotes
Hippolyte Fauche entreprit de traduire le Mahabharata, épopée sanskrite comptant plus de 100 000 distiques — soit environ 1,8 million de mots, près de dix fois l'Iliade et l'Odyssée réunies. Il fut le premier savant au monde à s'attaquer à la traduction intégrale de ce colosse littéraire en langue française, un défi que même les indianistes britanniques n'avaient pas osé relever.
Fauche travailla dans des conditions précaires pour l'époque : il s'appuyait sur des manuscrits rares conservés à la Bibliothèque nationale de Paris et sur les dictionnaires sanskrit-anglais de Horace Hayman Wilson, seuls outils disponibles. Il apprit le sanskrit en grande partie par lui-même, à une époque où cette langue n'était enseignée qu'au Collège de France depuis 1832.
Il mourut en 1869 avant d'avoir vu l'achèvement de son œuvre magistrale : les derniers volumes de sa traduction du Mahabharata furent publiés à titre posthume en 1870. Malgré des imperfections reconnues par les indianistes qui lui succédèrent, son travail est resté pendant plusieurs générations la seule porte d'entrée française dans la grande épopée indienne.
Fauche ne se limita pas au Mahabharata : il traduisit également le Ramayana (1854–1858) et plusieurs œuvres du poète Kalidasa, dont Çakuntala et le Méghadouta (Le Nuage messager). Il contribua ainsi à faire découvrir au public français l'ensemble de la littérature classique sanskrite, ouvrant la voie à une génération entière d'indianistes.
Son travail s'inscrivait dans un mouvement intellectuel plus large : la redécouverte de l'Inde ancienne par l'Europe romantique. Ses contemporains — Burnouf, Renan, Michelet — voyaient dans la civilisation indienne une source fascinante de sagesse primordiale. La traduction de Fauche nourrissait ce rêve orientaliste qui marqua profondément la culture française du XIXe siècle.
Sources primaires
Fauche écrit dans sa préface : 'Nous n'avons pas reculé devant l'ampleur d'une tâche que nul n'avait osé entreprendre avant nous. La littérature française méritait de posséder ce monument de la pensée humaine.'
Dans l'introduction, Fauche présente Rama comme 'le héros par excellence de l'Inde, dont les aventures reflètent les idéaux moraux et religieux de tout un peuple depuis des millénaires'.
Fauche note que cette pièce 'est à l'Inde ce que les tragédies de Sophocle sont à la Grèce : l'expression la plus pure du génie littéraire et de la sensibilité morale d'une grande civilisation'.
Fauche présente ce poème lyrique comme 'l'une des plus belles élégies que la littérature universelle ait produites, surpassant en délicatesse bien des œuvres de l'Antiquité gréco-latine'.
Fauche écrit en préambule : 'La scène indienne est inconnue de notre public ; c'est une lacune grave dans la connaissance que l'Europe se fait de la poésie des nations orientales.'
Lieux clés
La BnF conservait les manuscrits sanskrits rapportés d'Inde par des voyageurs et diplomates français. C'est dans ses salles de lecture que Fauche eut accès aux textes originaux du Mahabharata et du Ramayana, indispensables à son travail de traducteur.
Institution où Eugène Burnouf enseigna le sanskrit à partir de 1832, formant la première génération d'indianistes français. Fauche gravita dans ce milieu savant et s'appuya sur les travaux de Burnouf pour ses propres traductions.
Fondée en 1822, la Société asiatique publiait le Journal asiatique et fédérait les orientalistes français. Fauche y trouvait ses pairs, ses débouchés de publication et les ressources scientifiques nécessaires à ses recherches.
Siège de l'Asiatic Society of Bengal et centre névralgique des études indiennes au XIXe siècle. C'est là que furent édités les premiers textes sanskrits imprimés qui circulèrent en Europe et permirent à des savants comme Fauche de travailler sur des textes fiables.
Comptoir français en Inde, Pondichéry représentait la présence française sur le sous-continent et servait de relais pour les échanges intellectuels entre savants indiens (pandits) et orientalistes européens. Fauche s'appuya indirectement sur ces réseaux franco-indiens.
Objets typiques

Fauche travaillait sur des copies de manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale de Paris, serrés dans des boîtes de bois ou enroulés dans des tissus. Ces textes, écrits en caractères devanagari, constituaient la matière première de toute sa vie d'érudit.

Outil indispensable pour tout indianiste du XIXe siècle avant l'ère des grands dictionnaires français, cet ouvrage de référence était consulté quotidiennement par Fauche pour décrypter le vocabulaire épique du Mahabharata.

Revue savante publiée par la Société asiatique de Paris depuis 1822, le Journal asiatique était le canal officiel de diffusion des travaux orientalistes. Fauche y lisait les avancées de ses pairs et publiait ses propres notes.

Grammaire fondatrice composée au IVe siècle av. J.-C., l'Ashtadhyayi de Pāṇini est la description la plus rigoureuse du sanskrit classique. Tout indianiste du XIXe siècle devait la maîtriser pour comprendre les subtilités de la langue épique.

Fauche rédigea à la plume l'intégralité de ses traductions, soit des milliers de feuillets manuscrits couverts d'une écriture serrée. C'est par cet outil simple que l'épopée indienne prit forme en français.

Les orientalistes du XIXe siècle ornaient leurs bureaux de cartes géographiques de l'Inde, permettant de situer les royaumes, les batailles et les pèlerinages évoqués dans les épopées. Pour Fauche, ces cartes étaient des auxiliaires indispensables à la compréhension du Mahabharata.

Travaillant souvent le soir et la nuit pour avancer dans sa traduction colossale, Fauche dépendait d'une lampe à huile pour éclairer ses manuscrits. La lumière jaune et vacillante de ces lampes était l'ambiance caractéristique du cabinet de l'érudit romantique.
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Vie quotidienne
Matin
Fauche se levait tôt, dès l'aube, pour profiter de la lumière naturelle — précieuse pour déchiffrer les caractères devanagari des manuscrits sanskrits. Après un déjeuner frugal, il s'installait à son bureau et reprenait la traduction là où il l'avait laissée la veille, dictionnaire ouvert à portée de main.
Après-midi
L'après-midi était consacrée à la rédaction proprement dite : traduire le sanskrit en français élégant demandait non seulement une maîtrise linguistique, mais aussi un sens littéraire développé. Fauche relisait ses feuillets, corrigeait, comparait plusieurs versions d'un même passage, consultait ses notes grammaticales.
Soir
Le soir, à la lueur de sa lampe à huile, Fauche lisait les travaux de ses pairs — les publications de la Société asiatique, les grammaires allemandes, les éditions anglaises des textes indiens. Il rédigeait parfois des lettres à d'autres orientalistes ou annotait des passages difficiles pour y revenir le lendemain.
Alimentation
Comme un bourgeois parisien de son époque, Fauche mangeait sobrement : pain, fromage, soupes, légumes de saison. La cuisine française du XIXe siècle, simple et nourrissante, laissait peu de place aux fantaisies pour un érudit vivant de ses traductions et de maigres revenus académiques.
Vêtements
Fauche portait la tenue caractéristique de l'intellectuel bourgeois du XIXe siècle : redingote sombre, gilet, cravate nouée, pantalon à rayures fines. Dans son cabinet de travail, il troquait parfois la redingote contre une robe de chambre ou un veston confortable pour travailler sans contrainte.
Habitat
Fauche vivait dans un appartement parisien modeste mais enveloppé de livres. Son cabinet de travail était le cœur de sa vie : des bibliothèques du sol au plafond, une grande table couverte de feuillets manuscrits, des manuscrits sanskrits dans des boîtes de bois, et quelques cartes de l'Inde accrochées aux murs.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style portrait académique français du XIXe siècle, lumière chaude d'une lampe à huile sur un bureau d'érudit encombré de manuscrits sanskrits et de dictionnaires, atmosphère romantique et studieuse.
Ambiance sonore
L'ambiance sonore du cabinet de travail de Fauche : le silence studieux d'un érudit parisien du XIXe siècle, rythmé par le grattement de la plume et le froissement des manuscrits sanskrits.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Ramayana de Valmiki
1854–1858
Çakountala ou l'Anneau fatal
1853
Le Méghadouta ou Le Nuage Messager
1853
Théâtre indien — recueil de pièces sanskrites
1860
Le Mahabharata — traduction intégrale en français
1863–1870
Vikramorvaci ou La Récompense de la vaillance
1858






