Jérôme de Stridon(345 — 420)

Jérôme de Stridon

Rome antique

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LettresSpiritualitéAntiquitéBas-Empire romain, essor du christianisme comme religion officielle

Moine et érudit chrétien du IVe siècle, Jérôme de Stridon est célèbre pour avoir traduit la Bible en latin, donnant naissance à la Vulgate. Docteur de l'Église, il fut aussi un grand correspondant et défenseur de la vie ascétique.

Questions fréquentes

Jérôme de Stridon est un moine et érudit chrétien du IVe siècle, connu pour avoir traduit la Bible en latin (la Vulgate). Ce qui frappe ici, c'est que la légende du lion est un ajout médiéval : on raconte qu'il aurait retiré une épine de la patte d'un lion, qui serait ensuite resté fidèlement à ses côtés. Cette histoire, bien qu'apocryphe, illustre l'image du saint solitaire et en harmonie avec la nature que l'Église a voulu transmettre. Moins un fait historique qu'un symbole de douceur et de force, le lion est devenu un attribut courant dans l'art, aux côtés du crâne et du livre.

Citations célèbres

« Ignorance des Écritures, c'est ignorance du Christ.»
« La facilité de pardonner encourage à pécher.»

Faits marquants

  • Né vers 345 à Stridon, en Dalmatie (actuelle Croatie ou Slovénie)
  • Traduit la Bible en latin (la Vulgate) entre 382 et 405, à la demande du pape Damase Ier
  • Vit en ascète à Bethléem à partir de 386, où il dirige un monastère
  • Rédige de nombreuses lettres et commentaires bibliques qui influencent la théologie chrétienne
  • Mort en 420 à Bethléem ; proclamé Docteur de l'Église, fêté le 30 septembre

Œuvres & réalisations

La Vulgate (Biblia Sacra Vulgata) (382–405)

Traduction de la quasi-totalité de la Bible en latin, réalisée sur commande du pape Damase Ier. Elle resta pendant plus de mille ans la version officielle de l'Église catholique et fut confirmée comme telle par le concile de Trente en 1546.

Epistulae (Lettres) (370–419)

Corpus de plus de cent vingt lettres adressées à des correspondants du monde entier — théologiens, nobles romaines, empereurs. Elles constituent une source historique et littéraire de premier plan sur la vie intellectuelle et spirituelle de l'Antiquité tardive.

De Viris Illustribus (Des hommes illustres) (393)

Recueil biographique de cent trente-cinq auteurs chrétiens, de saint Pierre à Jérôme lui-même. C'est la première tentative systématique d'histoire de la littérature chrétienne.

Commentaires bibliques (386–420)

Jérôme rédigea des commentaires détaillés sur la quasi-totalité des livres prophétiques de l'Ancien Testament (Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel) et sur plusieurs épîtres de Paul. Ces œuvres posèrent les bases de l'exégèse latine médiévale.

Chronicon (adaptation de la Chronique d'Eusèbe) (380–381)

Adaptation et continuation en latin de la chronique universelle d'Eusèbe de Césarée, offrant un cadre chronologique comparatif entre histoire biblique et histoire greco-romaine, très utilisé au Moyen Âge.

Adversus Helvidium (Contre Helvidius) (383)

Traité polémique en défense de la virginité perpétuelle de Marie, contre un théologien qui affirmait que Marie avait eu d'autres enfants après Jésus. Il illustre le rôle de Jérôme comme défenseur ardent de l'orthodoxie chrétienne.

Anecdotes

Jérôme de Stridon est célèbre pour son caractère passionné et parfois acerbe. Lors de son séjour à Rome, il critiqua si vivement les mœurs du clergé et des nobles chrétiennes trop mondaines que ses ennemis s'arrangèrent pour le chasser de la ville après la mort de son protecteur, le pape Damase Ier, en 384. Il quitta Rome définitivement, non sans avoir déclaré qu'il préférait Bethléem à la cour impériale.

Pour apprendre l'hébreu, Jérôme fit appel à un rabbin converti au christianisme et s'astreignit à des exercices quotidiens d'une difficulté extrême. Il décrivit lui-même cet apprentissage comme une pénitence, tant la langue lui semblait rude après le latin et le grec. Cet effort exceptionnel lui permit de consulter les Écritures dans leur langue originale, ce qu'aucun érudit chrétien occidental n'avait accompli avec autant de rigueur avant lui.

Dans les années 370, Jérôme s'établit comme ermite dans le désert de Chalcis, en Syrie. Il y vécut dans une grotte, jeûnant et se mortifiant, mais emporta avec lui ses livres et continua à étudier et à écrire. Il se plaignit dans ses lettres que, même au désert, son imagination lui envoyait des visions de jeunes Romaines en train de danser — preuve que l'ascèse de l'esprit était plus difficile encore que celle du corps.

Une légende tenace, reprise par des générations de peintres, raconte que Jérôme aurait retiré une épine de la patte d'un lion blessé venu s'abattre à l'entrée de son monastère de Bethléem. La bête, reconnaissante, serait restée auprès de lui jusqu'à sa mort. Si l'histoire est probablement apocryphe, elle illustre parfaitement l'image du saint savant, solitaire et en harmonie avec la création, que l'Église médiévale a voulu transmettre.

La traduction de la Bible en latin par Jérôme ne fut pas accueillie sans résistance. De nombreux fidèles et clercs étaient attachés aux anciennes versions latines, dites Vetus Latina, et trouvaient les modifications de Jérôme suspectes ou sacrilèges. Augustin d'Hippone lui-même lui écrivit pour s'inquiéter des troubles que ces changements pourraient semer dans les communautés chrétiennes. Jérôme défendit âprement ses choix, estimant qu'une traduction exacte valait mieux qu'une tradition commode mais inexacte.

Sources primaires

Epistula XXII — À Eustochium (De custodia virginitatis) (vers 384)
Ô combien de fois, en ce désert aride et brûlant que le soleil calcine, me croyais-je au milieu des délices de Rome ! Je gisais dans un coin, le corps brisé de jeûnes, et des danses de jeunes filles peuplaient mon imagination. Mon visage était pâli par les veilles, pourtant les désirs s'enflammaient dans ma chair froide.
Prologus Galeatus — Préface à la traduction des livres de Samuel et des Rois (vers 391-392)
Ce casque de fer que je mets sur la tête, c'est pour parer les traits de ceux qui m'attaquent. J'ai traduit non d'après les Septante, mais d'après l'hébreu, pour rendre à chaque mot son sens véritable.
De Viris Illustribus (Des hommes illustres) (393)
Je me suis efforcé de recenser, depuis la venue de Notre-Seigneur jusqu'à notre temps, les écrivains ecclésiastiques et ce qu'ils ont publié, afin que les lecteurs sachent combien d'auteurs, et de quel mérite, ont fondé et enrichi l'Église du Christ.
Epistula LVII — À Pammachius (De optimo genere interpretandi) (395)
Je n'ai pas traduit mot pour mot, mais sens pour sens. Car si quelqu'un pense qu'on ne perd rien à la traduction littérale, qu'il rende Homère mot à mot en latin, et il verra que la langue la plus éloquente devient ridicule.
Chronicon (adaptation de la Chronique d'Eusèbe de Césarée) (380-381)
À partir des données de la Bible et des historiens grecs, j'ai tenté de dresser une table des événements depuis le commencement du monde jusqu'à nos jours, pour que le lecteur dispose d'un instrument de comparaison entre l'histoire sacrée et l'histoire profane.

Lieux clés

Stridon (Dalmatie)

Lieu de naissance de Jérôme, vers 345, dans une famille chrétienne aisée. La ville a été détruite et sa localisation exacte reste débattue, quelque part entre la Croatie et la Slovénie actuelles.

Rome

Jérôme y fit ses études auprès du grammairien Donat et y reçut le baptême. Il y revint de 382 à 384 comme secrétaire du pape Damase Ier, qui lui confia la révision de la Bible en latin.

Désert de Chalcis (Syrie)

Entre 374 et 379 environ, Jérôme y vécut comme ermite, pratiquant l'ascèse rigoureuse, apprenant l'hébreu et entamant une intense correspondance avec des chrétiens d'Orient et d'Occident.

Bethléem

Jérôme s'y installa définitivement en 386 et y fonda un monastère ainsi qu'une école. C'est là qu'il passa les trente-cinq dernières années de sa vie, traduisant la Bible et rédigeant l'essentiel de son œuvre.

Constantinople

Jérôme y séjourna vers 379-382 et y suivit l'enseignement de Grégoire de Nazianze, l'un des grands théologiens de l'époque, ce qui renforça sa formation exégétique et sa maîtrise du grec.

Voir aussi