Kim Campbell est une femme politique canadienne, première femme à avoir occupé le poste de Premier ministre du Canada en 1993. Membre du Parti progressiste-conservateur, elle dirige le pays pendant quelques mois avant d'être battue aux élections législatives.
Kim Campbell(1947 — ?)
Kim Campbell
Canada
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1947 : Naissance à Port Alberni, en Colombie-Britannique
- 1993 : Devient la première femme Premier ministre du Canada
- 1993 : Dirige le Parti progressiste-conservateur après la démission de Brian Mulroney
- Octobre 1993 : Le Parti conservateur subit une défaite historique aux élections fédérales, réduisant ses sièges de 156 à 2
- Après 1993 : Carrière diplomatique, notamment comme consul général du Canada à Los Angeles
Œuvres & réalisations
Comme ministre de la Justice, Kim Campbell fait adopter la loi C-17 renforçant le contrôle des armes à feu au Canada. Cette réforme, après le massacre de l'École Polytechnique de Montréal en 1989, représente l'une de ses contributions législatives les plus durables.
Toujours ministre de la Justice, elle fait adopter une loi redéfinissant les infractions d'agression sexuelle et encadrant l'utilisation du passé sexuel de la victime comme preuve. Cette réforme est saluée par les associations féministes comme une avancée majeure.
Premier et unique mandat d'une femme à la tête du gouvernement fédéral canadien. Bien que bref, il symbolise un plafond de verre brisé dans la politique canadienne et inspire des générations de femmes en politique.
Ouvrage autobiographique dans lequel Kim Campbell analyse son parcours, la culture politique canadienne et les obstacles spécifiques auxquels font face les femmes en politique. Le livre est considéré comme un document important sur le leadership féminin.
À la tête de cette organisation regroupant d'anciens dirigeants démocratiques, Kim Campbell œuvre pour le renforcement des institutions démocratiques dans le monde. Ce rôle prolonge son engagement pour une gouvernance éthique au-delà du Canada.
Anecdotes
En juin 1993, Kim Campbell devient Premier ministre du Canada en remportant la direction du Parti progressiste-conservateur après la démission de Brian Mulroney. Elle est la première femme à accéder à ce poste dans l'histoire du Canada. Sa victoire est saluée comme un symbole fort d'ouverture politique, dans un pays qui n'avait jamais confié les rênes du gouvernement fédéral à une femme.
Kim Campbell détient le record peu enviable du mandat le plus court d'un Premier ministre canadien au XXe siècle : elle ne gouverne que 132 jours. Aux élections d'octobre 1993, les progressistes-conservateurs s'effondrent spectaculairement, passant de 156 sièges à seulement 2. C'est l'une des défaites électorales les plus cuisantes de l'histoire politique canadienne.
Avant de devenir Premier ministre, Kim Campbell avait déjà accompli deux premières historiques : elle fut la première femme ministre de la Justice et procureure générale du Canada (1990), puis la première femme ministre de la Défense nationale (1993). En occupant ce dernier poste, elle devint aussi la première femme au sein de l'OTAN à diriger un ministère de la Défense.
Durant la campagne électorale de 1993, Kim Campbell déclara qu'une campagne électorale n'était pas le bon moment pour débattre de politique sociale complexe. Cette phrase, aussitôt tournée en dérision par ses adversaires, contribua à fragiliser son image et alimenta le récit d'une dirigeante déconnectée des préoccupations des citoyens ordinaires.
Après sa défaite, Kim Campbell ne disparaît pas de la scène publique. Elle est nommée consul générale du Canada à Los Angeles, puis devient secrétaire générale du Club de Madrid, une organisation regroupant d'anciens chefs d'État et de gouvernement dédiée au renforcement de la démocratie dans le monde. Elle reste une voix internationale respectée sur les questions de gouvernance démocratique.
Sources primaires
I was not seeking power for its own sake, but I believed that I had something to offer Canada at a critical moment in its history. I wanted to show that it was possible to do politics differently.
Aujourd'hui, une nouvelle page s'écrit dans l'histoire du Canada. Ensemble, nous allons bâtir un pays à la hauteur de ses promesses, un Canada ouvert, juste et compétitif dans le monde.
An election is no time to discuss serious issues. You can't have a debate on the nature of Canadian social programs in 47 days.
La justice doit être accessible à tous les Canadiens, quelle que soit leur origine, leur langue ou leur situation économique. Mon rôle est de veiller à ce que la loi serve réellement l'équité.
Lieux clés
Ville natale de Kim Campbell, née le 10 mars 1947. Petite ville industrielle de l'île de Vancouver, elle incarne les racines modestes et l'ouest canadien d'où est issue la future Premier ministre.
Kim Campbell y obtient sa licence en sciences politiques en 1969, puis enseigne brièvement. C'est dans cet environnement académique que se forge sa pensée politique et son intérêt pour la gouvernance.
Sur la Colline du Parlement, au bord de la rivière des Outaouais, Kim Campbell siège comme députée, puis comme ministre, puis comme Premier ministre. C'est ici qu'elle réside politiquement de 1988 à 1993 et qu'elle marque l'histoire.
Résidence officielle du gouverneur général du Canada, Rideau Hall est le lieu où Kim Campbell a été assermentée Premier ministre le 25 juin 1993, dans le cadre du protocole constitutionnel canadien.
Résidence officielle du Premier ministre du Canada, où Kim Campbell habite pendant ses 132 jours de mandat à l'été et l'automne 1993. Elle est la première femme à y résider en qualité de chef de gouvernement.
Circonscription électorale que Kim Campbell représente à la Chambre des communes à partir de 1988. Ce quartier urbain et cosmopolite de Vancouver symbolise son ancrage dans la politique de l'ouest canadien.
Objets typiques

Tradition héritée du système britannique, la boîte rouge en cuir contient les documents confidentiels et dossiers urgents que les ministres canadiens emportent chez eux pour travailler le soir. Kim Campbell y accédait quotidiennement pendant son mandat comme ministre de la Justice, de la Défense puis comme Premier ministre.

Texte fondamental rapatrié par Pierre Elliott Trudeau, la Constitution est au cœur du travail de Kim Campbell comme ministre de la Justice. Elle devait veiller à ce que toute législation soit conforme à la Charte canadienne des droits et libertés qu'elle contient.

Signé par Brian Mulroney et entré en vigueur en janvier 1994, l'ALENA avait été finalisé sous le gouvernement Campbell. Ce traité trilatéral entre le Canada, les États-Unis et le Mexique représentait l'un des grands dossiers économiques qu'elle héritait.

En tant que première femme Premier ministre, Kim Campbell fut confrontée à la question du code vestimentaire protocolaire, habituellement masculin. Ses choix vestimentaires — notamment ses tailleurs — furent scrutés par les médias, reflétant les défis spécifiques que rencontrent les femmes au sommet du pouvoir.

Symbole du pouvoir parlementaire canadien à Ottawa, le lutrin de la Chambre des communes est le lieu depuis lequel le Premier ministre défend sa politique lors de la période de questions (Question Period). Campbell y faisait face quotidiennement à l'opposition dirigée par Jean Chrétien.

Comme ministre de la Défense nationale puis comme Premier ministre, Kim Campbell recevait les rapports du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). Ces briefings quotidiens sur les menaces à la sécurité nationale constituaient une responsabilité centrale, rare pour une femme à l'époque.
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Vie quotidienne
Matin
Le Premier ministre commence sa journée très tôt, généralement avant 7h, par la lecture des revues de presse nationales (Globe and Mail, La Presse, Ottawa Citizen) et des notes de renseignement classifiées préparées par le Bureau du Conseil privé. Un premier briefing avec son chef de cabinet permet de hiérarchiser les priorités du jour : préparation à la période des questions à la Chambre, réunions du Cabinet ou rencontres avec des délégations étrangères.
Après-midi
L'après-midi est dominé par la période des questions (Question Period) à la Chambre des communes, moment de haute tension politique où l'opposition tente de déstabiliser le gouvernement. Kim Campbell doit répondre en direct, sans notes, sur tous les sujets d'actualité. Elle enchaîne ensuite avec des réunions ministérielles, des signatures de décrets ou des rencontres avec des lobbyistes et représentants provinciaux dans le cadre du fédéralisme canadien.
Soir
Les soirées sont souvent consacrées à des obligations protocolaires : dîners officiels avec des chefs d'État étrangers à Rideau Hall, réceptions diplomatiques, ou événements du Parti progressiste-conservateur en province. Kim Campbell doit maintenir une présence nationale tout en gérant une campagne électorale imminente en 1993. Elle prépare également ses dossiers du lendemain, souvent tard dans la nuit au 24 Sussex Drive.
Alimentation
L'alimentation d'une Premier ministre canadienne en 1993 est largement dictée par l'agenda officiel : déjeuners de travail avec des ministres ou des journalistes, dîners protocolaires aux menus élaborés avec des produits canadiens valorisés (saumon du Pacifique, homard des Maritimes, viandes des Prairies). Hors des obligations officielles, Kim Campbell apprécie une cuisine simple et variée, reflétant son background de femme active de la côte Ouest.
Vêtements
Kim Campbell adopte un style vestimentaire professionnel et sobre, dominé par des tailleurs féminins bien coupés, souvent dans des teintes classiques (marine, bordeaux, gris). Première femme à certains postes, ses tenues sont scrutées par les médias bien plus que celles de ses homologues masculins. Elle choisit des vêtements qui affirment son autorité sans renoncer à une féminité assumée, refusant de se conformer à une image androgyne pour paraître plus crédible.
Habitat
Kim Campbell réside au 24 Sussex Drive, la résidence officielle du Premier ministre à Ottawa, une vaste demeure victorienne de 1867 surplombant la rivière des Outaouais. Bien que somptueuse en apparence, la maison est réputée pour ses infrastructures vieillissantes. Elle dispose d'un personnel de maison, d'agents de la GRC (Gendarmerie Royale du Canada) pour sa sécurité, et d'un bureau privé au sein de la résidence pour travailler en dehors des heures officielles.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Réforme de la loi sur les armes à feu (C-17)
1991
Réforme du Code criminel sur les agressions sexuelles
1992
Mandat de Premier ministre du Canada
25 juin – 4 novembre 1993
Time and Chance — Mémoires politiques
1996
Secrétaire générale du Club de Madrid
2001-2004






