Kim Campbell(1947 — ?)

Kim Campbell

Canada

9 min de lecture

PolitiqueXXe siècleFin du XXe siècle, période de renouveau démocratique et d'affirmation des femmes dans les sphères du pouvoir politique occidental.

Kim Campbell est une femme politique canadienne, première femme à avoir occupé le poste de Premier ministre du Canada en 1993. Membre du Parti progressiste-conservateur, elle dirige le pays pendant quelques mois avant d'être battue aux élections législatives.

Faits marquants

  • 1947 : Naissance à Port Alberni, en Colombie-Britannique
  • 1993 : Devient la première femme Premier ministre du Canada
  • 1993 : Dirige le Parti progressiste-conservateur après la démission de Brian Mulroney
  • Octobre 1993 : Le Parti conservateur subit une défaite historique aux élections fédérales, réduisant ses sièges de 156 à 2
  • Après 1993 : Carrière diplomatique, notamment comme consul général du Canada à Los Angeles

Œuvres & réalisations

Réforme de la loi sur les armes à feu (C-17) (1991)

Comme ministre de la Justice, Kim Campbell fait adopter la loi C-17 renforçant le contrôle des armes à feu au Canada. Cette réforme, après le massacre de l'École Polytechnique de Montréal en 1989, représente l'une de ses contributions législatives les plus durables.

Réforme du Code criminel sur les agressions sexuelles (1992)

Toujours ministre de la Justice, elle fait adopter une loi redéfinissant les infractions d'agression sexuelle et encadrant l'utilisation du passé sexuel de la victime comme preuve. Cette réforme est saluée par les associations féministes comme une avancée majeure.

Mandat de Premier ministre du Canada (25 juin – 4 novembre 1993)

Premier et unique mandat d'une femme à la tête du gouvernement fédéral canadien. Bien que bref, il symbolise un plafond de verre brisé dans la politique canadienne et inspire des générations de femmes en politique.

Time and Chance — Mémoires politiques (1996)

Ouvrage autobiographique dans lequel Kim Campbell analyse son parcours, la culture politique canadienne et les obstacles spécifiques auxquels font face les femmes en politique. Le livre est considéré comme un document important sur le leadership féminin.

Secrétaire générale du Club de Madrid (2001-2004)

À la tête de cette organisation regroupant d'anciens dirigeants démocratiques, Kim Campbell œuvre pour le renforcement des institutions démocratiques dans le monde. Ce rôle prolonge son engagement pour une gouvernance éthique au-delà du Canada.

Anecdotes

En juin 1993, Kim Campbell devient Premier ministre du Canada en remportant la direction du Parti progressiste-conservateur après la démission de Brian Mulroney. Elle est la première femme à accéder à ce poste dans l'histoire du Canada. Sa victoire est saluée comme un symbole fort d'ouverture politique, dans un pays qui n'avait jamais confié les rênes du gouvernement fédéral à une femme.

Kim Campbell détient le record peu enviable du mandat le plus court d'un Premier ministre canadien au XXe siècle : elle ne gouverne que 132 jours. Aux élections d'octobre 1993, les progressistes-conservateurs s'effondrent spectaculairement, passant de 156 sièges à seulement 2. C'est l'une des défaites électorales les plus cuisantes de l'histoire politique canadienne.

Avant de devenir Premier ministre, Kim Campbell avait déjà accompli deux premières historiques : elle fut la première femme ministre de la Justice et procureure générale du Canada (1990), puis la première femme ministre de la Défense nationale (1993). En occupant ce dernier poste, elle devint aussi la première femme au sein de l'OTAN à diriger un ministère de la Défense.

Durant la campagne électorale de 1993, Kim Campbell déclara qu'une campagne électorale n'était pas le bon moment pour débattre de politique sociale complexe. Cette phrase, aussitôt tournée en dérision par ses adversaires, contribua à fragiliser son image et alimenta le récit d'une dirigeante déconnectée des préoccupations des citoyens ordinaires.

Après sa défaite, Kim Campbell ne disparaît pas de la scène publique. Elle est nommée consul générale du Canada à Los Angeles, puis devient secrétaire générale du Club de Madrid, une organisation regroupant d'anciens chefs d'État et de gouvernement dédiée au renforcement de la démocratie dans le monde. Elle reste une voix internationale respectée sur les questions de gouvernance démocratique.

Sources primaires

Time and Chance — Mémoires de Kim Campbell (1996)
I was not seeking power for its own sake, but I believed that I had something to offer Canada at a critical moment in its history. I wanted to show that it was possible to do politics differently.
Discours d'investiture comme chef du Parti progressiste-conservateur (13 juin 1993)
Aujourd'hui, une nouvelle page s'écrit dans l'histoire du Canada. Ensemble, nous allons bâtir un pays à la hauteur de ses promesses, un Canada ouvert, juste et compétitif dans le monde.
Déclaration lors de la campagne électorale fédérale de 1993 (Octobre 1993)
An election is no time to discuss serious issues. You can't have a debate on the nature of Canadian social programs in 47 days.
Discours prononcé à l'occasion de sa nomination comme ministre de la Justice (Février 1990)
La justice doit être accessible à tous les Canadiens, quelle que soit leur origine, leur langue ou leur situation économique. Mon rôle est de veiller à ce que la loi serve réellement l'équité.

Lieux clés

Port Alberni, Colombie-Britannique, Canada

Ville natale de Kim Campbell, née le 10 mars 1947. Petite ville industrielle de l'île de Vancouver, elle incarne les racines modestes et l'ouest canadien d'où est issue la future Premier ministre.

Université de Colombie-Britannique (UBC), Vancouver

Kim Campbell y obtient sa licence en sciences politiques en 1969, puis enseigne brièvement. C'est dans cet environnement académique que se forge sa pensée politique et son intérêt pour la gouvernance.

Parlement du Canada, Ottawa

Sur la Colline du Parlement, au bord de la rivière des Outaouais, Kim Campbell siège comme députée, puis comme ministre, puis comme Premier ministre. C'est ici qu'elle réside politiquement de 1988 à 1993 et qu'elle marque l'histoire.

Rideau Hall (résidence du gouverneur général), Ottawa

Résidence officielle du gouverneur général du Canada, Rideau Hall est le lieu où Kim Campbell a été assermentée Premier ministre le 25 juin 1993, dans le cadre du protocole constitutionnel canadien.

24 Sussex Drive, Ottawa

Résidence officielle du Premier ministre du Canada, où Kim Campbell habite pendant ses 132 jours de mandat à l'été et l'automne 1993. Elle est la première femme à y résider en qualité de chef de gouvernement.

Vancouver-Centre, Colombie-Britannique

Circonscription électorale que Kim Campbell représente à la Chambre des communes à partir de 1988. Ce quartier urbain et cosmopolite de Vancouver symbolise son ancrage dans la politique de l'ouest canadien.

Voir aussi