Titien, de son vrai nom Tiziano Vecellio, est le maître incontesté de l'école vénitienne de la Renaissance. Peintre prolifique célèbre pour son usage révolutionnaire de la couleur, il domina la scène artistique pendant plus de soixante ans et fut le portraitiste attitré des plus grands souverains d'Europe.
Le Titien(1490 — 1576)
Titien
république de Venise
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 1490 à Pieve di Cadore, dans la république de Venise
- Réalise l'Assomption de la Vierge pour l'église des Frari à Venise (1516-1518)
- Devient peintre officiel de l'empereur Charles Quint, qui l'anoblit (vers 1533)
- Peint la Vénus d'Urbin, chef-d'œuvre du nu vénitien (1538)
- Meurt à Venise en 1576, probablement lors d'une épidémie de peste
Œuvres & réalisations
Commandée pour le maître-autel de Santa Maria dei Frari à Venise, cette toile monumentale de près de sept mètres de haut révolutionna la peinture vénitienne par son dynamisme et son chromatisme ardent. Elle est considérée comme la première grande œuvre de maturité du Titien.
Tableau allégorique au sens encore débattu par les historiens, probablement commandé pour un mariage patricien vénitien. Il illustre avec éclat la maîtrise du Titien dans la peinture du nu féminin idéalisé et du paysage vénitien lumineux.
Nu couché commandé par le duc Guidobaldo II della Rovere, il redéfinit le canon du nu féminin en peinture occidentale. Son caractère résolument sensuel et son cadre domestique rompirent avec les allégories mythologiques antérieures, inspirant Manet et Goya.
Commandé pour célébrer la victoire de l'Empereur sur les princes protestants, ce portrait est l'un des premiers et des plus influents du genre équestre. Il servit de modèle direct à Velázquez et Rubens pour leurs propres portraits royaux.
Peint pour Alfonso I d'Este, duc de Ferrare, il illustre le moment où Bacchus aperçoit Ariane sur l'île de Naxos. L'intensité extraordinaire du bleu outremer du ciel — d'une rareté et d'un coût exceptionnels — témoigne du prestige et de la richesse du commanditaire.
L'une des grandes « Poesie » envoyées à Philippe II d'Espagne, elle témoigne de la maturité spirituelle et picturale du Titien. La liberté de la touche, presque dématérialisée, préfigure les recherches de la peinture moderne.
Dernière œuvre du Titien, inachevée à sa mort et complétée par Palma le Jeune, elle fut peinte pour son propre tombeau dans les Frari. Le vieillard agenouillé aux pieds du Christ est un autoportrait du maître — testament artistique et spirituel d'une vie entière consacrée à la peinture.
Anecdotes
Lors d'une séance de pose à Augsbourg en 1548, le pinceau du Titien tomba au sol. L'empereur Charles Quint — maître de la moitié du monde connu — se baissa lui-même pour le ramasser, stupéfiant sa cour. Jamais un souverain n'avait rendu pareil honneur à un artiste, geste qui illustre le nouveau statut de l'artiste à la Renaissance.
Le Titien mourut en août 1576, probablement à plus de quatre-vingt-cinq ans, emporté par la grande peste qui ravageait Venise. Le lendemain même de sa mort, des brigands pillèrent son atelier — ironie tragique pour un homme que les plus puissants monarques d'Europe avaient comblé d'honneurs toute sa vie.
L'artiste avait l'habitude de retourner ses toiles contre le mur pendant plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. Il les « mettait en quarantaine », selon ses propres mots rapportés par son élève Palma le Jeune, pour les regarder ensuite avec un œil neuf et les corriger couche après couche jusqu'à la perfection.
La Vénus d'Urbin (1538), commandée par le duc Guidobaldo II della Rovere, était si audacieuse qu'elle ne pouvait être montrée qu'en cercle privé. Le duc la transportait dissimulée dans un coffre à dépêches lors de ses déplacements. Ce nu féminin devint pourtant l'un des tableaux les plus copiés de toute la Renaissance.
Nommé chevalier de l'Éperon d'or et comte palatin par Charles Quint en 1533, le Titien obtint la noblesse héréditaire pour lui et ses descendants. Un peintre anobli par le plus puissant monarque d'Europe : fait sans précédent, qui témoigne du bouleversement du statut social de l'artiste au XVIe siècle.
Sources primaires
Tiziano da Cador, pittore di gran lunga eccellentissimo, fu nella città di Cador, piccola terra del Friuli, da Gregorio Vezelli e da Lucia sua madre, onorati gentiluomini di quel luogo, nato. Costui, non ancora giunto all'età di anni venti, dipinse il ritratto del doge Grimani con tanta somiglianza e vivezza, che pareva cosa viva.
Sacra Cattolica Real Maestà, mando a Vostra Maestà la Poesia di Andromeda et Perseo, opera nella quale ho posto ogni mio studio et fatica, sperando che sia degna di comparire alla presenza di Vostra Maestà, a cui bacio umilmente le mani.
La sua amicizia con Tiziano è cosa che onora tanto me quanto lui; perché la virtù del pennello di costui ha posto il nome mio in parte donde l'invidia non lo può tôrre. Egli è il primo dei pittori viventi, e nessuno potrà mai togliergli questo primato.
Tiziano abbozzava i suoi quadri con una massa di colori, che serviva come di letto o base alle espressioni che voleva fare sopra. Poi le metteva a faccia al muro e le lasciava stare settimane e mesi senza guardarle. Quando poi le riprendeva, le esaminava con severità rigorosa.
Ticiano fue el mayor colorista que ha tenido la pintura, y así lo confesaban los de su tiempo, y después de él lo han dicho los maestros más señalados. Su manera de pintar fue siempre franca, valiente y bien entendida.
Lieux clés
Cœur de toute la vie du Titien : il s'y installa adolescent, y construisit son grand atelier au Biri Grande dans le sestiere de Cannaregio, et y mourut lors de la peste de 1576. Venise était alors la capitale mondiale du commerce des pigments et des toiles peintes.
Bourg natal du Titien dans les montagnes du Frioul, où sa famille jouissait d'un statut de petite noblesse locale. Il y revint ponctuellement et y conserva des liens familiaux toute sa vie, y possédant une maison.
Séjour décisif de 1545-1546 à l'invitation du pape Paul III Farnèse. La rencontre avec Michel-Ange — admiratif mais attaché à la primauté du dessin — incarna le grand débat entre colorito vénitien et disegno florentin.
Le Titien s'y rendit deux fois (1548 et 1551) pour peindre Charles Quint lors des diètes impériales. C'est là qu'il réalisa le Portrait équestre de Charles Quint à la bataille de Mühlberg, qui révolutionna le genre du portrait officiel et inspira Velázquez et Rubens.
Le Titien y peignit plusieurs œuvres monumentales pour la Grande Salle du Conseil, affirmant son statut de peintre officiel de la Sérénissime. Ces fresques perdues dans l'incendie de 1577 étaient considérées parmi ses plus grands chefs-d'œuvre.






