Léon Gambetta(1838 — 1882)
Léon Gambetta
France, royaume de Sardaigne
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Avocat et homme d'État républicain, Léon Gambetta proclame la IIIe République le 4 septembre 1870 après la défaite de Sedan. Il organise la résistance nationale durant la guerre franco-prussienne, s'échappant de Paris assiégé en ballon. Artisan du régime républicain, il préside la Chambre des députés de 1879 à 1881.
Citations célèbres
« Le cléricalisme, voilà l'ennemi ! »
« Il faut s'attacher à la conquête des campagnes. »
Faits marquants
- Né le 2 avril 1838 à Cahors, mort le 31 décembre 1882
- Proclame la IIIe République le 4 septembre 1870 à l'Hôtel de Ville de Paris
- Quitte Paris assiégé en ballon monté pour organiser la défense nationale depuis Tours (octobre 1870)
- Président de la Chambre des députés de 1879 à 1881
- Président du Conseil (chef du gouvernement) du 14 novembre 1881 au 26 janvier 1882
Œuvres & réalisations
Acte fondateur de la IIIe République, proclamé par Gambetta à l'Hôtel de Ville de Paris après la capitulation de Napoléon III. Ce geste politique, pris dans l'urgence, changea durablement le destin de la France.
Gambetta dirigea depuis Tours puis Bordeaux l'effort de guerre des provinces contre l'envahisseur prussien, levant de nouvelles armées et tentant de rompre le siège de Paris, sans pouvoir empêcher la défaite finale.
Organe de presse républicain fondé par Gambetta après la guerre pour défendre l'idée républicaine et former une opinion publique favorable à la IIIe République face aux partisans du retour de la monarchie.
Recueil des grands discours de Gambetta à la Chambre des députés et dans les comices républicains. Ces textes constituent une source essentielle pour comprendre la pensée républicaine française du XIXe siècle.
En présidant la Chambre, Gambetta consolida les institutions républicaines et incarna symboliquement la victoire du peuple républicain sur les monarchistes qui avaient dominé les premières années de la IIIe République.
Gouvernement formé par Gambetta en novembre 1881, très attendu par les républicains. Renversé après 66 jours, il illustra néanmoins ses ambitions réformatrices, notamment la révision constitutionnelle et le scrutin de liste.
Anecdotes
Le 7 octobre 1870, alors que Paris est encerclée par les troupes prussiennes, Gambetta s'échappe de la capitale à bord d'un ballon gonflé à gaz, l'Armand-Barbès. Après un voyage périlleux de plusieurs heures au-dessus des lignes ennemies, il atterrit dans la Somme, près de Montdidier, et rejoint Tours pour organiser la résistance nationale depuis les provinces.
Après la défaite et le traité de Francfort (1871) cédant l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne, Gambetta refuse catégoriquement d'accepter cette perte. Il quitte même l'Assemblée nationale plutôt que de voter la cession, et résume la posture française dans une formule restée célèbre : « Pensons-y toujours, n'en parlons jamais. »
Gambetta est réputé pour avoir été l'un des plus grands orateurs de son époque. En 1868, lors du procès Baudin — intenté à un journal républicain qui rappelait la mémoire d'un député tué lors du coup d'État de 1851 — sa plaidoirie foudroyante contre le régime de Napoléon III le rendit célèbre dans toute la France du jour au lendemain.
En novembre 1881, Gambetta forme enfin son gouvernement, surnommé le « Grand Ministère » tant les espoirs républicains étaient immenses. Mais ce cabinet ne dura que soixante-six jours avant d'être renversé. Quelques semaines plus tard, le 31 décembre 1882, Gambetta mourait à Ville-d'Avray à seulement 44 ans, dans des circonstances troublées par une blessure par balle jamais vraiment élucidée.
Partisan d'un républicanisme modéré surnommé l'« opportunisme », Gambetta convainquit peu à peu les Français que la République n'était pas synonyme de désordre ou de révolution, mais pouvait être un régime de stabilité et de progrès. Il contribua ainsi à ancrer définitivement la IIIe République dans les mœurs politiques françaises.
Sources primaires
Le gouvernement de la Défense nationale est constitué pour défendre, soutenir et délivrer la France. Le peuple de Paris est convoqué dans ses comices pour élire ses représentants.
Nous appelons en témoignage de ce que nous avançons l'histoire toute récente des dix-huit dernières années, pendant lesquelles le suffrage universel a été systématiquement faussé, corrompu, avili par tous les moyens dont dispose un gouvernement sans scrupule.
Pensons-y toujours, n'en parlons jamais. Demeurer dans un deuil sévère et recueilli, mais prêts à tout, résolus à tout, et guettant l'heure de la revanche, du relèvement et de la délivrance.
Levez-vous en masse ! Tout homme valide doit prendre les armes et marcher à l'ennemi. La patrie est en danger ; seul un effort national immense peut la sauver de l'invasion et de la honte.
Nous voulons la liberté de la presse absolue, sans réserve. Nous voulons la liberté de réunion sans entraves, avec la faculté de discuter toutes les matières religieuses, philosophiques, politiques et sociales.
Lieux clés
Ville natale de Léon Gambetta, né le 2 avril 1838. Il y passa son enfance avant de monter à Paris pour ses études de droit et son ascension politique.
Le 4 septembre 1870, Gambetta y proclame la IIIe République devant la foule parisienne en liesse, mettant fin au Second Empire discrédité par la défaite de Sedan.
Siège de la Délégation gouvernementale de la Défense nationale après l'évasion en ballon de Gambetta. Il y organisa la mobilisation des armées de province en octobre-décembre 1870.
La Délégation gouvernementale se replia à Bordeaux en décembre 1870 face à l'avance prussienne. C'est là que Gambetta prononça son célèbre discours refusant la cession de l'Alsace-Lorraine.
Siège de la Chambre des députés, dont Gambetta fut président de 1879 à 1881. Il y incarna le triomphe de la République sur les monarchistes et fut au cœur de toutes les batailles parlementaires.
Gambetta mourut le 31 décembre 1882 dans sa villa des Jardies, ancienne résidence de Balzac, après une blessure par balle demeurée mystérieuse et une agonie de plusieurs semaines.
