Léonard de Vinci(1452 — 1519)

Léonard de Vinci

République florentine

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Arts visuelsSciencesArtisteInventeur/triceScientifiqueRenaissanceXVe-XVIe siècle, Renaissance italienne

Peintre, sculpteur, architecte et ingénieur italien de la Renaissance (1452-1519), Léonard de Vinci incarne l'idéal de l'homme universel. Auteur de la Joconde et de la Cène, il a révolutionné l'art par la perspective et l'observation scientifique, tout en poursuivant des recherches en anatomie, botanique et ingénierie.

Questions fréquentes

Pour comprendre Léonard de Vinci, il faut imaginer un homme qui ne se contentait pas d'être peintre : il était aussi sculpteur, architecte, ingénieur, anatomiste et musicien. Ce qui le rend unique, c'est qu'il incarnait l'idéal de l'uomo universale de la Renaissance, c'est-à-dire un esprit capable d'exceller dans tous les domaines du savoir. Né en 1452 à Vinci, en Toscane, il a marqué son époque par des œuvres comme La Joconde et La Cène, mais aussi par des recherches scientifiques et techniques en avance de plusieurs siècles. Ce qu'il faut retenir, c'est que Léonard ne séparait jamais l'art de la science : pour lui, observer la nature et la reproduire était une même démarche.

Citations célèbres

« La peinture est une poésie qui se voit plutôt qu'elle ne s'entend, et la poésie est une peinture qui s'entend plutôt qu'elle ne se voit. »
« L'art est la reine des sciences. »
« Apprends à voir. »
« Celui qui aime la pratique sans la théorie est comme le matelot qui gouverne sans compas. »

Faits marquants

  • 1472 : Inscrit à la guilde de Florence, reconnu comme maître peintre
  • 1495-1498 : Peint La Cène au réfectoire du couvent Santa Maria delle Grazie à Milan
  • 1503-1519 : Peint la Joconde, portrait devenu l'une des œuvres les plus célèbres de l'histoire de l'art
  • 1489-1519 : Réalise des centaines de dessins d'études sur l'anatomie humaine, les machines volantes et l'hydraulique
  • 1516 : Nommé premier peintre, ingénieur et architecte du roi François Ier de France, termine sa vie à Amboise

Œuvres & réalisations

La Joconde (Portrait de Mona Lisa) (vers 1503-1517)

Portrait d'huile sur bois conservé au Louvre, considéré comme le tableau le plus célèbre du monde. Léonard y déploie sa maîtrise du sfumato, créant un sourire énigmatique et un paysage atmosphérique d'une subtilité inégalée.

La Cène (Il Cenacolo) (1495-1498)

Fresque monumentale peinte sur le mur du réfectoire de Santa Maria delle Grazie à Milan, représentant le dernier repas du Christ. Chef-d'œuvre de composition narrative, elle révolutionne la représentation des émotions humaines dans la peinture.

La Vierge aux rochers (vers 1483-1486 (première version) / 1495-1508 (seconde version))

Tableau d'autel représentant la Vierge, l'Enfant Jésus, saint Jean-Baptiste et un ange dans un paysage rocheux. Première œuvre majeure entièrement de la main de Léonard, elle illustre sa conception poétique de la lumière et de la nature.

Planches anatomiques (série des Windsor) (vers 1489-1513)

Ensemble de plus de 200 dessins anatomiques réalisés d'après dissections, représentant avec une précision sans précédent muscles, squelette, organes et système vasculaire. Elles anticipent la médecine moderne de plusieurs siècles.

Projet de machine volante (ornithoptère) (vers 1485-1490)

Dessins et calculs consignés dans le Codex sur le vol des oiseaux, proposant une machine à ailes battantes inspirée de l'anatomie aviaire. Bien que jamais construite, cette invention témoigne d'une intuition aérodynamique extraordinaire.

Char d'assaut blindé (vers 1487)

Projet d'engin de guerre cuirassé dessiné pour Ludovic Sforza, précurseur du tank moderne. La machine, en forme de cône aplati, devait être actionnée par des hommes à l'intérieur et était équipée de canons tout autour.

L'Homme de Vitruve (vers 1490)

Célèbre dessin représentant un homme aux proportions idéales inscrit dans un cercle et un carré, illustrant les théories de l'architecte romain Vitruve. Il est devenu le symbole universel de l'humanisme de la Renaissance.

Anecdotes

Léonard de Vinci était gaucher et écrivait en miroir, de droite à gauche, de sorte que ses carnets ne pouvaient être lus qu'en les tenant face à un miroir. Cette habitude intriguait ses contemporains, certains y voyant un secret délibéré pour protéger ses découvertes.

Léonard aurait acheté des oiseaux en cage sur les marchés de Florence uniquement pour les libérer. Ce geste, rapporté par son biographe Giorgio Vasari, témoigne de sa sensibilité profonde envers la nature et les êtres vivants, lui qui était végétarien par conviction.

La Joconde fut peinte sur plusieurs années, entre 1503 et 1517 environ. Léonard l'emportait partout avec lui et ne s'en séparait jamais, la retouchant sans cesse jusqu'à sa mort. Elle ne fut pas commandée pour un grand palais, mais vraisemblablement pour un marchand florentin nommé Francesco del Giocondo.

Pour peindre avec une précision anatomique inégalée, Léonard pratiqua la dissection de plus de trente cadavres humains, avec l'accord de certains hôpitaux. Il réalisa ainsi des planches anatomiques d'une exactitude telle qu'elles ne furent surpassées que plusieurs siècles plus tard.

Léonard conçut des machines volantes, des chars blindés et des ponts mobiles bien avant leur réalisation technique. Ses carnets révèlent un esprit en avance sur son temps de plusieurs siècles, même si la plupart de ses inventions restèrent à l'état de dessins, faute de matériaux adaptés.

Sources primaires

Codex Atlanticus (vers 1478-1519)
« L'oiseau est un instrument fonctionnant selon des lois mathématiques, et il est dans le pouvoir de l'homme de le reproduire avec tous ses mouvements. »
Carnets anatomiques (Windsor Collection) (1489)
« Cette nuit du 2 avril 1489, j'ai commencé ce livre sur le corps humain. »
Codex Leicester (vers 1504-1508)
« L'eau est le moteur de la nature. Elle obéit à des règles constantes que l'homme peut observer et imiter pour son bénéfice. »
Traité de la peinture (Trattato della pittura), compilé par Francesco Melzi (compilé vers 1540, basé sur les notes de Léonard)
« Le peintre doit avant tout avoir un esprit semblable à celui d'un miroir qui prend la couleur de l'objet qu'il a en face de lui. »
Lettre à Ludovic Sforza (duc de Milan) (vers 1482)
« Je puis construire des ponts très légers et solides, faciles à porter ; et avec eux poursuivre et fuir l'ennemi. Je connais aussi des moyens de brûler et de démolir les ponts de l'ennemi. »

Lieux clés

Vinci, Toscane (Italie)

Bourg natal de Léonard, niché dans les collines toscanes entre Florence et Pise. Le paysage vallonné et lumineux de sa jeunesse influença durablement les arrière-plans de ses tableaux.

Florence (Italie)

Cité où Léonard fit son apprentissage dans l'atelier de Verrocchio et où il peignit ses premières œuvres majeures. Florence était alors le centre mondial de la Renaissance artistique et intellectuelle.

Milan (Italie)

Léonard y vécut près de vingt ans à la cour des Sforza, y réalisant La Cène et développant ses projets d'ingénierie hydraulique et militaire. Milan fut le principal théâtre de sa maturité créatrice.

Clos Lucé, Amboise (France)

Demeure où Léonard passa les trois dernières années de sa vie, invité par François Ier. C'est là qu'il mourut en 1519, entouré de ses carnets et de ses élèves.

Rome (Italie)

Léonard y séjourna entre 1513 et 1516 sous la protection des Médicis, dans un contexte artistique dominé par Michel-Ange et Raphaël. Son séjour romain fut moins productif, mais nourrit ses réflexions tardives.

Voir aussi