Ngalax — couscous de mil à l'arachide et au pain de singe
Une onctueuse bouillie de couscous de mil, liée par la pâte d'arachide et la pulpe acidulée du fruit du baobab (pain de singe), parfumée à la fleur d'oranger ou à la vanille. Fraîche, sucrée, réconfortante, faite pour être donnée autant que mangée.
Une onctueuse bouillie de couscous de mil, liée par la pâte d'arachide et la pulpe acidulée du fruit du baobab (pain de singe), parfumée à la fleur d'oranger ou à la vanille. Fraîche, sucrée, réconfortante, faite pour être donnée autant que mangée.
Au matin de Pâques, à Joal, ma mère en préparait de pleins bols qu'on portait chez les voisins — chrétiens comme musulmans, car cette douceur-là ne connaît pas de frontière. Vous prenez le mil cuit à la vapeur, vous le mariez à la pâte d'arachide et à la pulpe du baobab, ce pain de singe qui apporte son acidité de craie tendre. On sucre, on parfume, et l'on offre. Tenez, goûtez : c'est doux comme une réconciliation. J'ai bâti toute ma pensée sur ce geste — partager d'abord, croire ensuite que les hommes sont frères.
- •Couscous de mil (thiéré) — un grand bol (base)
- •Pâte d'arachide — généreuse (liant et richesse)
- •Pain de singe (pulpe de baobab, bouye) — une poignée trempée (acidité et liant)
- •Sucre — au goût (douceur)
- •Fleur d'oranger — un trait (parfum)
- •Raisins secs — une poignée (garniture)
Ngalax — couscous de mil à l'arachide et au pain de singe
Une onctueuse bouillie de couscous de mil, liée par la pâte d'arachide et la pulpe acidulée du fruit du baobab (pain de singe), parfumée à la fleur d'oranger ou à la vanille. Fraîche, sucrée, réconfortante, faite pour être donnée autant que mangée.
Pourquoi ce plat ? Le ngalax est la douceur que les familles sénégalaises préparent et s'offrent entre voisins le jour de Pâques. Or Senghor, né dans une famille sérère catholique à Joal, était lui-même chrétien : ce plat partagé entre chrétiens et musulmans relie directement à son enfance et à cette coexistence des cultures qu'il a toute sa vie défendue. C'est l'offrande de la fraternité.
Au matin de Pâques, à Joal, ma mère en préparait de pleins bols qu'on portait chez les voisins — chrétiens comme musulmans, car cette douceur-là ne connaît pas de frontière. Vous prenez le mil cuit à la vapeur, vous le mariez à la pâte d'arachide et à la pulpe du baobab, ce pain de singe qui apporte son acidité de craie tendre. On sucre, on parfume, et l'on offre. Tenez, goûtez : c'est doux comme une réconciliation. J'ai bâti toute ma pensée sur ce geste — partager d'abord, croire ensuite que les hommes sont frères.
Ingrédients (version d’époque)
- Couscous de mil (thiéré) — un grand bol (base)
- Pâte d'arachide — généreuse (liant et richesse)
- Pain de singe (pulpe de baobab, bouye) — une poignée trempée (acidité et liant)
- Sucre — au goût (douceur)
- Fleur d'oranger — un trait (parfum)
- Raisins secs — une poignée (garniture)
Ingrédients
- Couscous de mil (ou semoule fine à défaut) — 300 g cuit vapeur (base)
- Pâte d'arachide (sans sucre) — 150 g (liant)
- Poudre de baobab (pain de singe) — 60 g délayés (acidité)
- Sucre — 80 g (à ajuster) (douceur)
- Eau de fleur d'oranger ou vanille — 1 c. à café (parfum)
- Raisins secs — 50 g (garniture)
Préparation
- Cuire le couscous de mil à la vapeur (ou réhydrater la semoule), l'égrener et le laisser tiédir.
- Délayer la poudre de baobab dans un peu d'eau, filtrer pour retirer les fibres.
- Détendre la pâte d'arachide avec de l'eau tiède jusqu'à une crème fluide.
- Mélanger arachide, pulpe de baobab et sucre, puis incorporer le couscous pour obtenir une bouillie onctueuse.
- Parfumer à la fleur d'oranger, ajouter les raisins, ajuster le sucre.
- Réserver au frais et servir bien froid, dans de petits bols — et en offrir aux voisins.
Comment on faisait : Le ngalax est traditionnellement consommé le Vendredi saint et à Pâques, mais offert au-delà de la communauté chrétienne, dans l'esprit de partage interreligieux sénégalais. Avant le sucre raffiné, on adoucissait au miel ou aux dattes, et le mil était pilé puis cuit dans des couscoussiers en terre.
Le twist contemporain : Le dresser en verrines glacées, façon dessert de restaurant, avec une fine couche de pulpe de baobab acidulée sur le dessus et quelques éclats d'arachide torréfiée.
Léopold Sédar Senghor · Charactorium