La carte de Léopold Sédar Senghor
Ngalax — couscous de mil à l'arachide et au pain de singe
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La douceur de partage — bouillie sucrée des jours de fête religieuse

Ngalax — couscous de mil à l'arachide et au pain de singe

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La douceur de partage — bouillie sucrée des jours de fête religieuse

Ngalax — couscous de mil à l'arachide et au pain de singe

Pourquoi ce plat ? Le ngalax est la douceur que les familles sénégalaises préparent et s'offrent entre voisins le jour de Pâques. Or Senghor, né dans une famille sérère catholique à Joal, était lui-même chrétien : ce plat partagé entre chrétiens et musulmans relie directement à son enfance et à cette coexistence des cultures qu'il a toute sa vie défendue. C'est l'offrande de la fraternité.

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La douceur de partage — bouillie sucrée des jours de fête religieuse

Une onctueuse bouillie de couscous de mil, liée par la pâte d'arachide et la pulpe acidulée du fruit du baobab (pain de singe), parfumée à la fleur d'oranger ou à la vanille. Fraîche, sucrée, réconfortante, faite pour être donnée autant que mangée.

Au matin de Pâques, à Joal, ma mère en préparait de pleins bols qu'on portait chez les voisins — chrétiens comme musulmans, car cette douceur-là ne connaît pas de frontière. Vous prenez le mil cuit à la vapeur, vous le mariez à la pâte d'arachide et à la pulpe du baobab, ce pain de singe qui apporte son acidité de craie tendre. On sucre, on parfume, et l'on offre. Tenez, goûtez : c'est doux comme une réconciliation. J'ai bâti toute ma pensée sur ce geste — partager d'abord, croire ensuite que les hommes sont frères.
Léopold Sédar Senghor
Ingrédients
  • Couscous de mil (thiéré)un grand bol (base)
  • Pâte d'arachidegénéreuse (liant et richesse)
  • Pain de singe (pulpe de baobab, bouye)une poignée trempée (acidité et liant)
  • Sucreau goût (douceur)
  • Fleur d'orangerun trait (parfum)
  • Raisins secsune poignée (garniture)
Comment on faisait : Le ngalax est traditionnellement consommé le Vendredi saint et à Pâques, mais offert au-delà de la communauté chrétienne, dans l'esprit de partage interreligieux sénégalais. Avant le sucre raffiné, on adoucissait au miel ou aux dattes, et le mil était pilé puis cuit dans des couscoussiers en terre.

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