Compositrice française (1893-1918), Lili Boulanger est la première femme à remporter le Prix de Rome en 1913. Malgré une vie brève, elle laisse une œuvre remarquable marquée par un langage harmonique personnel et expressif.
Lili Boulanger(1893 — 1918)
Lili Boulanger
France
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1893 : naissance à Paris dans une famille de musiciens (sœur de Nadia Boulanger)
- 1913 : première femme lauréate du Prix de Rome avec la cantate Faust et Hélène
- Composée malgré une santé fragile, son œuvre comprend des mélodies, pièces pour piano et musique chorale
- 1918 : décès à 24 ans d'une tuberculose intestinale, laissant une œuvre inachevée
Œuvres & réalisations
Cantate pour voix solistes, chœur et orchestre, composée pour le concours du Prix de Rome. Elle vaut à Lili Boulanger d'être la première femme lauréate de ce prestigieux concours en 1913.
Œuvre chorale et orchestrale d'une grande intensité dramatique, inspirée du psaume pénitentiel. Elle est considérée comme l'une de ses compositions les plus ambitieuses et les plus personnelles.
Cycle de treize mélodies pour voix et piano sur des poèmes de Francis Jammes. L'œuvre illustre la finesse de son écriture vocale et sa sensibilité poétique.
Pièce lumineuse et légère pour violon (ou flûte) et piano, l'une de ses dernières compositions achevées. Elle contraste par sa clarté avec le recueillement mélancolique de 'D'un soir triste'.
Pièce pour violoncelle (ou violon) et piano d'une grande profondeur expressive, composée dans ses dernières années et reflétant la gravité et l'intériorité de sa vie.
Mélodie pour ténor et orchestre sur un texte traduit du sanscrit, témoignant de l'ouverture de Lili Boulanger aux spiritualités orientales et de la diversité de ses sources d'inspiration.
Ultime composition dictée à sa sœur Nadia, pour voix, quatuor à cordes, orgue et harpe. Œuvre testamentaire d'une beauté bouleversante, achevée quelques semaines avant sa mort.
Anecdotes
À seulement deux ans, Lili Boulanger contracte une grave infection intestinale qui fragilise sa santé pour le reste de sa vie. Malgré cette maladie chronique, elle commence à étudier le solfège et le violon dès l'âge de quatre ans, époustouflant Gabriel Fauré et les musiciens qui fréquentent la maison familiale par la précocité de son oreille musicale.
En 1913, Lili Boulanger se présente au Prix de Rome, le concours le plus prestigieux de France pour les jeunes compositeurs. Elle remporte le premier Grand Prix avec sa cantate 'Faust et Hélène', devenant ainsi la première femme de l'histoire à décrocher cette distinction. Le jury est stupéfait par la maturité et la personnalité de son écriture musicale.
Pendant la Première Guerre mondiale, Lili Boulanger crée avec sa sœur Nadia un comité franco-américain chargé d'envoyer des partitions et des instruments aux musiciens mobilisés au front. Elle correspond régulièrement avec eux depuis son lit de malade, cherchant à maintenir un lien vivant entre les soldats et la culture en temps de guerre.
Dans les derniers mois de sa vie, Lili Boulanger est si affaiblie qu'elle ne peut plus tenir un crayon. Elle dicte alors ses compositions à sa sœur Nadia, qui les transcrit fidèlement. C'est ainsi que naît son ultime œuvre, le 'Pie Jesu', d'une beauté déchirante, achevé quelques semaines seulement avant sa mort en mars 1918.
Lili Boulanger meurt à vingt-quatre ans, laissant une cinquantaine d'œuvres. Sa sœur Nadia, profondément marquée par cette disparition, renonce à composer pour se consacrer entièrement à l'enseignement et à la diffusion de l'œuvre de Lili. Elle deviendra l'une des plus grandes pédagogues musicales du XXe siècle, formant des générations de compositeurs du monde entier.
Sources primaires
« Je travaille autant que ma santé me le permet, et j'ai tellement de choses à dire en musique... Je veux finir ce que j'ai commencé. »
« La cantate de Mademoiselle Boulanger révèle une personnalité musicale affirmée, une maîtrise de l'harmonie et une sensibilité expressive remarquables pour son âge. »
Manuscrit de la cantate primée au Prix de Rome, témoignant de son écriture harmonique personnelle, de son sens dramatique et de la qualité de sa formation au Conservatoire.
« Je vous envoie les corrections de la 'Vieille prière bouddhique'. Je tenais à ce que cette pièce soit publiée exactement telle que je l'ai conçue. »
Lieux clés
C'est dans l'appartement familial parisien que Lili Boulanger grandit, entourée de musique et de musiciens, et qu'elle débute son apprentissage musical précoce.
Institution où Lili Boulanger étudie officiellement la composition, l'harmonie et le contrepoint à partir de 1909, sous la direction de Gabriel Fauré. Elle y prépare et remporte le Prix de Rome.
Siège de l'Académie de France à Rome, résidence prestigieuse des lauréats du Prix de Rome. Lili y séjourne en 1913-1914, avant que sa santé ne l'oblige à rentrer en France.
Propriété familiale des Boulanger où Lili passe de longs séjours pour se reposer et composer. C'est là qu'elle s'éteint le 15 mars 1918, entourée de sa famille.
Lieu où repose Lili Boulanger depuis 1918. Sa tombe est un lieu de mémoire pour les amateurs de musique et les musicologues qui perpétuent son œuvre.
Objets typiques

Instrument central de la vie de Lili Boulanger, sur lequel elle compose et s'accompagne dès son plus jeune âge. Même alitée, elle fait placer un piano à portée pour continuer à travailler.

Les feuillets réglés sur lesquels Lili note ses compositions. Dans ses derniers mois, incapable de tenir un crayon, elle dicte ses œuvres à sa sœur Nadia qui les transcrit fidèlement.

Récompense symbolique obtenue en 1913, qui consacre officiellement son génie et lui ouvre les portes de la Villa Médicis à Rome pour y résider et composer.

Les œuvres de Gabriel Fauré, Claude Debussy et César Franck qu'elle étudie et dont elle s'inspire, tout en développant progressivement un langage harmonique qui lui est propre.

Lili est soumise à des traitements permanents pour sa maladie intestinale chronique. Ces contraintes médicales font partie intégrante de son quotidien depuis l'enfance et rythment ses journées.

Lettres et cartes échangées avec sa sœur Nadia, ses amis musiciens et ses éditeurs. La correspondance est le principal lien entre Lili, souvent confinée chez elle, et le monde extérieur.
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Vie quotidienne
Matin
Lili Boulanger se lève souvent tard en raison de sa faiblesse chronique. Ses matinées sont consacrées à la lecture de partitions et aux exercices musicaux lorsque sa santé le lui permet. Sa sœur Nadia est généralement à ses côtés, prête à noter ses idées musicales ou à lui faire la lecture.
Après-midi
L'après-midi est le moment le plus productif pour la composition. Installée à son piano ou, lors des mauvais jours, dans un fauteuil ou allongée dans son lit, elle travaille sur ses œuvres. Des musiciens amis et des collègues du Conservatoire lui rendent parfois visite, apportant nouvelles et discussions musicales.
Soir
Les soirées sont plus calmes, consacrées à la correspondance, à la lecture ou à l'écoute de musique. Dans les rares périodes de rémission, Lili peut assister à des concerts parisiens. La famille Boulanger, très soudée, partage souvent ces moments en musique ou en conversation.
Alimentation
En raison de sa maladie intestinale chronique, Lili Boulanger suit un régime alimentaire très strict et peu varié. Les médecins de l'époque lui prescrivent des bouillons, des viandes maigres et des féculents faciles à digérer. Les repas sont davantage une contrainte médicale quotidienne qu'un moment de plaisir.
Vêtements
Lili porte les vêtements typiques de la bourgeoisie parisienne du début du XXe siècle : longues robes à taille haute, corsages brodés, cols en dentelle fine. Sa condition fragile l'oblige souvent à des tenues plus souples et confortables pour rester alitée ou au repos dans sa chambre.
Habitat
La famille Boulanger vit dans un appartement bourgeois parisien, entouré d'instruments de musique et de partitions. L'été et lors des convalescences, ils se retirent dans leur propriété de Mézy-sur-Seine, en Seine-et-Oise, où l'air de la campagne est censé aider au rétablissement de Lili.






