Louis Blériot(1872 — 1936)

Louis Blériot

France

8 min de lecture

TechnologieExplorationExplorateur/triceIngénieur(e)XXe siècleBelle Époque et début du XXe siècle, âge d'or des pionniers de l'aviation

Ingénieur et aviateur français (1872-1936), Louis Blériot est le premier homme à traverser la Manche en avion le 25 juillet 1909. Pionnier de l'aviation, il conçoit et pilote ses propres appareils, contribuant décisivement au développement de l'industrie aéronautique.

Citations célèbres

« Je suis parti. Je suis arrivé. C'est tout. »
« L'aviation est l'avenir du monde. »

Faits marquants

  • 1er juillet 1872 : naissance à Cambrai
  • 25 juillet 1909 : première traversée de la Manche en avion (37 minutes), sur son Blériot XI
  • 1909 : remporte le prix de 1 000 livres sterling du Daily Mail pour cette traversée
  • À partir de 1909 : lance une entreprise de construction aéronautique qui équipera de nombreuses armées
  • 1er août 1936 : mort à Paris

Œuvres & réalisations

Traversée de la Manche en avion (25 juillet 1909)

Premier vol motorisé d'une rive à l'autre de la Manche, couvrant 38 km en 36 minutes 30 secondes. Exploit mondial salué comme une révolution technique et géopolitique, prouvant que la mer ne protège plus les îles de l'air.

Blériot XI (monoplan) (1909)

Avion monoplan conçu et construit par Blériot, premier aéronef à être produit en grande série (plus de 900 exemplaires). Il fut utilisé comme avion de reconnaissance pendant la Première Guerre mondiale par plusieurs armées.

Brevets de phares à acétylène pour automobiles (1898-1905)

Série d'inventions techniques dans le domaine de l'éclairage automobile qui assurèrent à Blériot la fortune nécessaire pour financer ses recherches aéronautiques sur plus d'une décennie.

Série des Blériot I à X (prototypes aéronautiques) (1900-1908)

Dix prototypes successifs, la plupart échoués ou accidentés, qui permirent à Blériot d'accumuler une expérience unique de constructeur-pilote. Chaque échec nourrissait le suivant, incarnant la méthode empirique des pionniers de l'aviation.

École d'aviation Blériot (1910)

Fondation d'une école de pilotage à Étampes et Pau pour former les premiers aviateurs civils et militaires français et étrangers, contribuant à professionnaliser la discipline.

Anecdotes

Le 25 juillet 1909, Blériot décolle à l'aube des Baraques, près de Calais, sans boussole, avec seulement une carte sommaire. Pendant une trentaine de minutes, il vole au-dessus de la Manche dans un brouillard épais, guidé par la vue d'un contre-torpilleur français. Lorsqu'il aperçoit les falaises blanches de Douvres, il tente de rejoindre un journaliste français qui lui fait signe depuis une prairie — il atterrit brutalement dans un champ, cassant son train d'atterrissage, mais sain et sauf.

Quelques jours avant la traversée historique, Blériot s'était grièvement brûlé le pied lors d'un précédent accident d'avion. Il effectue donc sa traversée de la Manche sur des béquilles, incapable de marcher normalement. Cette blessure ne l'arrête pas : il décolle quand même, convaincu que c'est sa chance unique de remporter les 1 000 livres sterling offertes par le Daily Mail.

Louis Blériot avait financé toutes ses expériences aéronautiques grâce à la fabrication et à la vente de phares à acétylène pour automobiles. Ses proches lui reprochaient de dilapider sa fortune dans des projets qu'ils jugeaient fous. Entre 1900 et 1909, il construisit pas moins de onze appareils différents, connaissant de nombreux crashes avant de trouver la formule gagnante du Blériot XI.

À son arrivée à Douvres, des douaniers britanniques vinrent lui demander ses papiers et tamponner son passeport, comme pour tout voyageur entrant au Royaume-Uni — un geste à la fois comique et symbolique pour celui qui venait de franchir la Manche sans bateau. De retour à Paris, il fut accueilli en héros : des milliers de personnes lui firent une ovation, et la France entière célébra cet exploit comme une victoire nationale.

Sources primaires

Récit de la traversée par Blériot, publié dans Le Matin (26 juillet 1909)
Vers quatre heures et demie du matin, j'ai quitté le sol. Dix minutes après le départ, j'avais perdu de vue le destroyer et j'étais seul, absolument seul, au-dessus de cette mer que rien ne troublait. Je n'avais ni boussole, ni autre instrument de direction.
Dépêche officielle du Royal Aero Club de Grande-Bretagne, attestant la traversée (25 juillet 1909)
Mr. Louis Blériot, piloting a Blériot monoplane, crossed the English Channel from a point near Calais to a point near Dover on July 25th, 1909, thus winning the prize of £1,000 offered by the Daily Mail.
Article de L'Aérophile, revue aéronautique française (Août 1909)
L'appareil Blériot XI, mû par un moteur Anzani de 25 chevaux, a parcouru la distance de 38 kilomètres environ en 36 minutes et 30 secondes. C'est la première fois que la mer est franchie en aéroplane.
Témoignage de Charles Fontaine, journaliste du Matin présent à l'atterrissage (25 juillet 1909)
J'agitais le drapeau tricolore pour lui indiquer le terrain. Il a survolé les falaises à faible altitude et s'est posé durement dans la prairie de Northfall Meadow, brisant son train d'atterrissage. Il est sorti seul de l'appareil, boitant légèrement.

Lieux clés

Cambrai, Nord (France)

Ville natale de Louis Blériot, né le 1er juillet 1872. Elle lui rendit hommage après la traversée de la Manche.

Les Baraques, près de Calais (France)

Point de départ de la traversée historique de la Manche le 25 juillet 1909. Blériot y installa son campement dans les jours précédant l'exploit, guettant le beau temps.

Northfall Meadow, Douvres (Royaume-Uni)

Prairie près du château de Douvres où Blériot atterrit à 5h17 le 25 juillet 1909, au terme de 36 minutes de vol. Une colonne de granit marque aujourd'hui le lieu exact de l'atterrissage.

Étampes, Essonne (France)

Plaine agricole où Blériot effectua de nombreux essais en vol entre 1907 et 1909. La ville devint un centre important de l'aviation française naissante.

Paris, boulevard Victor Hugo (France)

Adresse parisienne de la société Blériot Aéronautique, fondée après le succès de 1909. Les ateliers de fabrication en série du Blériot XI s'y développèrent rapidement pour répondre aux commandes mondiales.

Voir aussi