Biographie

Écrivain, dramaturge et cinéaste français né à Aubagne en 1895. Auteur de la trilogie marseillaise (Marius, Fanny, César) et de récits autobiographiques comme La Gloire de mon père, il est le premier cinéaste élu à l'Académie française.

Marcel Pagnol(1895 — 1974)

Marcel Pagnol

France

8 min de lecture

LettresSpectacleÉcrivain(e)DramaturgeXXe sièclePremière moitié du XXe siècle, entre les deux guerres mondiales et les débuts du cinéma parlant

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Marcel Pagnol (1895-1974) est l'un des rares créateurs à avoir excellé simultanément au théâtre, au cinéma et en littérature. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il fut le premier cinéaste élu à l'Académie française en 1946, ce qui a fait débat dans les milieux littéraires parisiens. Imagine que le cinéma parlant venait tout juste de naître : Pagnol a su capter les accents et la parole populaire provençale, donnant une dignité artistique à des voix jusque-là ignorées. Son œuvre autobiographique (La Gloire de mon père, Le Château de ma mère) est devenue un classique des programmes scolaires, car elle incarne les valeurs de l'école républicaine et le bonheur simple de l'enfance.

Citations célèbres

« Les films de qualité sont ceux qui plaisent au public.»
« La gloire de mon père, c'est d'avoir fait de moi ce que je suis.»
« Tel père, tel fils.»

Faits marquants

  • 1895 : naissance à Aubagne (Bouches-du-Rhône)
  • 1929 : triomphe théâtral de Marius à Paris
  • 1931 : Marius adapté au cinéma, succès du film parlant
  • 1946 : premier cinéaste élu à l'Académie française
  • 1957-1960 : publication des souvenirs d'enfance (La Gloire de mon père, Le Château de ma mère)

Œuvres & réalisations

Topaze (1928)

Pièce satirique sur la corruption et l'hypocrisie sociale, qui révèle Pagnol au grand public parisien. Adaptée plusieurs fois au cinéma, elle reste l'une de ses œuvres les plus jouées dans le monde.

Marius (1929)

Premier volet de la trilogie marseillaise, créé au Théâtre de Paris en octobre 1929. Cette pièce met en scène le déchirement entre l'appel du large et l'amour, avec des personnages hauts en couleur qui incarnent l'âme provençale.

Fanny (1931)

Second volet de la trilogie, porté à l'écran la même année. Pagnol y explore la maternité, le sacrifice et l'honneur dans une société méditerranéenne très codifiée, avec une émotion sobre et universelle.

César (1936)

Troisième volet de la trilogie, réalisé directement pour le cinéma par Pagnol lui-même. Il boucle le destin des personnages avec une profondeur qui fit de ce film un classique absolu du cinéma français.

La Femme du boulanger (1938)

Film réalisé avec Raimu dans le rôle-titre, considéré comme l'un de ses chefs-d'œuvre. L'histoire d'un boulanger cocu dont le désespoir pétrifie tout un village permet à Pagnol de peindre la Provence profonde avec tendresse et humour.

La Gloire de mon père (1957)

Premier tome des Souvenirs d'enfance, récit autobiographique des étés provençaux et de la passion de son père pour la chasse. Devenu un grand classique de la littérature française, il figure régulièrement aux programmes scolaires.

Le Château de ma mère (1958)

Second tome des Souvenirs d'enfance, plus mélancolique, évoquant la complicité avec sa mère et la fragilité du bonheur d'enfance. Son épilogue, appris par cœur par des générations de lycéens, est l'une des pages les plus émouvantes de la littérature française du XXe siècle.

Anecdotes

En 1946, Marcel Pagnol fut le premier cinéaste de l'histoire à être élu à l'Académie française, au fauteuil 27. L'institution littéraire, traditionnellement réservée aux écrivains et aux savants, s'ouvrait ainsi pour la première fois à un homme de cinéma, ce qui provoqua un vif débat dans les milieux culturels parisiens.

Pagnol construisit ses propres studios de cinéma en région marseillaise dans les années 1930, refusant toute dépendance aux grands studios parisiens ou américains. Cette indépendance totale lui permettait de tout contrôler — écriture, réalisation, production et distribution — ce qui était absolument exceptionnel pour l'époque.

L'arrivée du cinéma parlant en 1929 enthousiasma Pagnol là où beaucoup de cinéastes la redoutaient. Il y vit immédiatement l'outil idéal pour capturer les accents, les intonations et la musique de la langue marseillaise, persuadé que le son transformerait le cinéma en véritable art littéraire.

La Gloire de mon père, publiée en 1957 alors que Pagnol avait plus de 60 ans, fut écrite pour honorer la mémoire de son père Joseph, instituteur républicain mort en 1933. Il avoua avoir attendu des décennies avant d'oser raconter cette enfance heureuse, craignant de ne pas trouver les mots à la hauteur de ses souvenirs.

Pagnol et l'écrivain Jean Giono furent longtemps amis et collaborèrent sur plusieurs films dans les années 1930 (Jofroi, Angèle, Regain). Leur amitié se brisa définitivement pendant l'Occupation : Giono avait adopté des positions compromettantes avec Vichy, ce que Pagnol, resté en retrait mais intègre, ne lui pardonna jamais.

Sources primaires

La Gloire de mon père — incipit (1957)
Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps du dernier chevrier.
Cinématurgie de Paris — Les Cahiers du Film (1933)
Le théâtre fixe des personnages dans un décor permanent ; le cinéma les libère dans l'espace et dans le temps. C'est pourquoi le cinéma parlant n'est pas du théâtre photographié, mais un art nouveau qui possède ses propres lois.
Préface à la trilogie marseillaise (édition Fasquelle) (1931)
Ces personnages parlent comme parlent les gens du Vieux-Port. Je n'ai rien inventé : j'ai écouté, et j'ai noté, pendant des années, les mots et les silences de cette ville.
Le Château de ma mère — épilogue (1958)
Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants.

Lieux clés

Aubagne (Bouches-du-Rhône)

Ville natale de Marcel Pagnol, né le 28 février 1895. La ville honore aujourd'hui sa mémoire avec un musée, un circuit et des santons à son effigie dans la tradition artisanale locale.

La Treille (Marseille, collines de l'Étoile)

Village des collines provençales où la famille Pagnol passait ses étés, cadre magique de La Gloire de mon père et du Château de ma mère. Pagnol y est inhumé depuis 1974, conformément à son souhait.

Marseille — Le Vieux-Port et les studios

Ville dont Pagnol a immortalisé l'âme dans sa trilogie. Il y installa ses propres studios de cinéma dans les années 1930 pour produire ses films en totale indépendance artistique et économique.

Paris — Théâtres des Grands Boulevards et Académie française

Pagnol y connut la consécration théâtrale avec Marius en 1929 et fut élu à l'Académie française en 1946. Il y mourut le 18 avril 1974 après avoir partagé sa vie entre la capitale et la Provence.

Lycée Thiers (Marseille)

Lycée où Pagnol effectua ses études secondaires et obtint brillamment son baccalauréat. Il y forgea ses premières amitiés littéraires et y développa sa vocation d'écrivain.

Voir aussi