Reine consort de Navarre puis de France, surnommée 'la Reine Margot', elle fut une figure centrale des guerres de Religion. Femme de lettres cultivée, elle laissa des Mémoires et fut la première épouse d'Henri IV.
Marguerite de Valois(1553 — 1615)
Marguerite de Valois
France
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je suis toute étonnée qu'une chose si petite que vous puissiez contenir un si grand courage.»
« Les rois sont les pères de leurs peuples.»
Faits marquants
- 1553 : Naissance à Saint-Germain-en-Laye, fille d'Henri II et Catherine de Médicis
- 1572 : Mariage avec Henri de Navarre (futur Henri IV) — la noce précède le massacre de la Saint-Barthélemy
- 1589 : Son mari Henri de Navarre devient roi de France sous le nom d'Henri IV
- 1599 : Annulation du mariage avec Henri IV, elle conserve le titre de reine
- 1628 : Publication posthume de ses Mémoires, témoignage littéraire majeur
Œuvres & réalisations
Chef-d'œuvre de la littérature mémoriale française, ce texte relate la vie à la cour des Valois, le massacre de la Saint-Barthélemy et les années à Nérac. C'est l'un des premiers grands textes autobiographiques écrits par une femme en France.
Son abondante correspondance avec Henri IV, Henri III, Catherine de Médicis et les grands personnages de son époque constitue une source historique majeure sur les guerres de Religion et la politique royale française.
Marguerite composa des poèmes en français et en latin dans la tradition de la Pléiade. Ces textes, longtemps méconnus, témoignent de sa maîtrise des formes littéraires de la Renaissance et de son attachement à la culture humaniste.
Texte politique rédigé pour défendre les intérêts de son mari Henri de Navarre à la cour, illustrant son rôle actif dans les négociations diplomatiques et son habileté rhétorique.
Anecdotes
Dans la nuit du 23 au 24 août 1572, le massacre de la Saint-Barthélemy éclate à Paris, quelques jours seulement après son mariage avec Henri de Navarre. Selon ses propres Mémoires, Marguerite accueillit dans sa chambre plusieurs gentilshommes huguenots terrorisés, les protégeant des tueurs catholiques au péril de sa propre vie.
Son mariage avec Henri de Navarre le 18 août 1572 fut une épreuve politique et religieuse : catholique convaincue, Marguerite s'y opposa. Lors de la cérémonie célébrée sur le parvis de Notre-Dame de Paris — les deux confessions ne pouvant s'unir à l'intérieur de l'église — elle refusa de répondre 'oui', et son frère Henri III dut lui tenir la tête pour qu'elle s'incline en signe d'assentiment.
Accusée de scandales et de menées politiques, Marguerite fut exilée par son propre frère Henri III dès 1583. Elle finit par se réfugier au château d'Usson en Auvergne, où elle demeura près de dix-huit ans. Loin de subir cette captivité, elle en fit un temps d'étude intense, rédigeant notamment ses célèbres Mémoires.
Après son divorce d'avec Henri IV en 1599, Marguerite revint à Paris et s'installa dans un hôtel particulier sur la rive gauche de la Seine. Elle y ouvrit un salon littéraire réputé, accueillant poètes, philosophes et artistes, devenant à plus de cinquante ans l'une des grandes mécènes de son époque. Elle entretint même des relations courtoises avec son ex-mari et sa nouvelle épouse Marie de Médicis.
Femme exceptionnellement cultivée, Marguerite de Valois maîtrisait le latin, le grec, l'italien et l'espagnol. Elle brillait à la cour des Valois par ses discussions théologiques et philosophiques, au point que des écrivains comme Brantôme la célébrèrent dans leurs œuvres, saluant en elle une princesse aussi belle qu'érudite.
Sources primaires
Je me trouvai enveloppée dans cette tragédie sanglante, ne sachant si c'était à moi qu'on en voulait. Plusieurs gentilshommes se réfugièrent en ma chambre, et je demeurai entre la crainte pour eux et pour moi-même.
Je vous supplie de croire que mon affection pour votre service est telle que vous le pouvez désirer, et que je ferai toujours ce qui sera à votre contentement et satisfaction.
Elle avait un esprit fort grand, fort beau et fort poli, une mémoire excellente… Elle surpassait en beauté, en grâces et en esprit toutes les princesses de son temps.
La reine de Navarre, que j'ai vue disputer de théologie avec les plus grands docteurs, et de poésie avec les plus fins esprits, ne cédait en rien aux hommes de son siècle.
Lieux clés
Lieu de naissance de Marguerite en 1553, ce château royal était l'une des résidences favorites des Valois. C'est dans cet environnement de cour qu'elle reçut sa formation intellectuelle et politique exceptionnelle.
Résidence principale de la cour des Valois, le Louvre fut le théâtre des grands événements de la vie de Marguerite, dont son mariage controversé et le massacre de la Saint-Barthélemy en août 1572.
Capitale du royaume de Navarre, Nérac fut la cour de Marguerite et d'Henri de Navarre autour de 1580. Elle y rayonna intellectuellement, attirant poètes et artistes dans ce qui fut surnommé la 'petite cour des Muses'.
Forteresse d'Auvergne où Marguerite fut exilée de 1587 à 1605. Durant ces dix-huit années de réclusion, elle y rédigea ses Mémoires et correspondit avec les plus grands esprits de son temps.
Après son retour à Paris en 1605, Marguerite s'installa dans cet hôtel particulier en bord de Seine, dans l'actuel 6e arrondissement. Elle y tint un salon littéraire brillant jusqu'à sa mort en 1615.
Objets typiques

Marguerite possédait une bibliothèque personnelle exceptionnelle, riche de manuscrits enluminés et d'ouvrages humanistes en latin, grec, italien et français. Sa passion pour les livres était connue de toute la cour.

Femme de lettres accomplie, Marguerite rédigea ses Mémoires, une abondante correspondance et des poèmes. La plume était son outil quotidien, aussi bien pour l'expression littéraire que pour la diplomatie épistolaire.

Tenue de cour typique de la Renaissance française : jupe évasée par une armature rigide (vertugadin), corps rigide à baleine, manches bouffantes brodées. Marguerite les portait en soie ou en velours, ornées de perles et de fils d'or.

Objet de luxe exceptionnel importé d'Italie, le miroir en verre soufflé de Venise était un symbole de prestige à la cour des Valois. Marguerite, réputée pour son souci de l'apparence, en possédait dans ses appartements.

Plusieurs portraits de Marguerite furent réalisés, dont certains attribués à l'école de François Clouet. Ces portraits officiels servaient à affirmer son rang et à diffuser son image dans les cours européennes.

Catholique fervente, Marguerite portait un chapelet et possédait des reliquaires précieux incrustés de gemmes. Ces objets de dévotion accompagnaient ses prières quotidiennes et ses pratiques religieuses.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Marguerite se levait tôt et assistait à la messe dans la chapelle du palais — la prière quotidienne était incontournable pour cette catholique fervente. Elle recevait ensuite ses dames de compagnie pour la toilette, un rituel pouvant durer plus d'une heure, compte tenu de la complexité des tenues de cour de l'époque.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux activités de cour : audiences politiques, promenades dans les jardins, lectures de textes antiques ou contemporains, discussions avec les poètes et savants qu'elle invitait. À Nérac comme à Paris, elle aimait organiser des débats littéraires et philosophiques autour d'elle.
Soir
Les soirées à la cour des Valois étaient animées par des banquets fastueux, des ballets de cour et des représentations théâtrales. Dans ses années d'exil à Usson, Marguerite préférait consacrer ses soirées à l'écriture de ses Mémoires et à la lecture, à la lueur des chandelles, dans le calme de sa captivité dorée.
Alimentation
La table royale offrait plusieurs services : viandes rôties (chevreuil, faisan, cygne), poissons en sauce, pâtés en croûte, légumes du jardin, fruits et entremets sucrés. Les repas étaient arrosés de vins de Bordeaux ou de Bourgogne et suivaient un protocole strict, chaque plat étant présenté par des officiers de bouche selon le rang des convives.
Vêtements
Marguerite portait les tenues imposées par la mode de la cour des Valois : corps à baleine rigide, vertugadin élargissant la jupe, fraise plissée autour du cou, manches bouffantes ornées de broderies. Ses robes en soie, velours ou satin étaient agrémentées de fils d'or, de perles et de pierreries, reflet de son rang de princesse royale.
Habitat
Marguerite vécut dans les plus grands châteaux de France : le Louvre, Saint-Germain-en-Laye, Nérac en Gascogne et le château d'Usson en Auvergne. À la fin de sa vie, son hôtel particulier parisien sur la rive gauche de la Seine, avec sa grande bibliothèque, ses galeries de peintures et ses jardins à la française, illustrait son goût raffiné et sa passion pour les arts.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Le style visuel évoque la cour des Valois dans toute sa splendeur : portraits à la manière de Clouet, robes de velours brodées d'or, fraises de dentelle plissée, fonds sombres rehaussés de lumière de bougie, bijoux de perles et pierres précieuses.
Ambiance sonore
L'univers sonore de Marguerite mêle la douceur de la musique de cour — luth, clavecin — au bruissement des soieries, aux cloches des chapelles royales et aux murmures des salons littéraires où philosophes et poètes débattaient à la lueur des chandelles.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Mémoires
rédigés vers 1594-1600, publiés en 1628
Correspondance (Lettres)
1570-1615
Poésies
fin XVIe siècle
Mémoire justificatif pour Henri de Bourbon
vers 1574






