Pianiste prodige et compositrice autrichienne du XVIIIe siècle, sœur aînée de Wolfgang Amadeus Mozart. Considérée aussi talentueuse que son frère dans l'enfance, elle tourna dans les cours européennes avant que sa carrière ne soit interrompue à l'âge adulte en raison de son statut de femme.
Maria Anna Mozart (Nannerl)
Maria Anna Walburga Ignatia Mozart, dite Nannerl
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 30 juillet 1751 à Salzbourg dans une famille de musiciens
- Entre 1763 et 1766, elle tourne en Europe avec son frère Wolfgang et leur père Léopold, jouant devant les cours royales
- Considérée comme aussi douée que Mozart par les contemporains lors de leurs tournées communes
- Contrainte d'abandonner sa carrière de concertiste vers 1769 à l'âge nubile, sur ordre de son père
- Ses œuvres composées sont presque toutes perdues ; elle mourut le 29 octobre 1829 à Salzbourg
Œuvres & réalisations
Cahier musical constitué par Léopold pour Nannerl, contenant ses premiers apprentissages et probablement des ébauches de compositions. Ce document pédagogique est aujourd'hui conservé et constitue un témoignage direct de sa formation précoce.
Léopold Mozart mentionna à plusieurs reprises dans ses lettres que Nannerl composait des pièces pour clavier et faisait preuve d'un réel talent créatif. Aucune de ces œuvres n'a été conservée avec certitude, victime du désintérêt systématique pour les créations musicales féminines à l'époque.
Document personnel dans lequel Nannerl consignait ses activités musicales et sa vie quotidienne. Conservé aux archives de Salzbourg, ce journal est une source historique majeure sur la vie musicale en Autriche à la fin du XVIIIe siècle.
Après la fin de sa carrière de concertiste, Nannerl devint une professeure de piano réputée à Salzbourg, formant de nombreux élèves pendant plusieurs décennies. Son activité pédagogique fut reconnue par ses contemporains.
Après la mort de son père et de son frère, Nannerl conserva précieusement les lettres et documents familiaux. Cette démarche permit la transmission d'une archive épistolaire essentielle à la connaissance de la vie musicale du XVIIIe siècle.
Anecdotes
Lors de la Grande Tournée européenne (1763-1766), Nannerl, âgée de douze ans, se produisit avec son frère Wolfgang à la cour de Versailles le 1er janvier 1764, devant Louis XV et la reine Marie Leszczyńska. Léopold Mozart écrivit dans ses lettres que sa fille était saluée comme une virtuose accomplie et que les courtisans ne tarissaient pas d'éloges sur sa maîtrise du clavecin et du fortepiano.
À Londres en 1764-1765, Nannerl et Wolfgang jouèrent devant le roi George III et la reine Charlotte. Le musicologue Charles Burney, présent à l'une de leurs performances, témoigna que les deux enfants stupéfiaient leur auditoire par leur jeu précis et expressif. Nannerl reçut des éloges équivalents à ceux de son frère, alors âgé de seulement huit ans.
En 1769, lorsque Nannerl atteignit l'âge de dix-huit ans, Léopold décida qu'il n'était plus convenable pour une jeune femme de bonne famille de se produire professionnellement en public. Il repartit en Italie avec Wolfgang seul, laissant Nannerl à Salzbourg. Cette décision mit brutalement fin à une carrière de concertiste qui promettait d'être brillante.
Nannerl tint un journal intime entre 1775 et 1783, dans lequel elle consignait ses activités musicales quotidiennes, les concerts auxquels elle participait et sa vie à Salzbourg. Ce document personnel, conservé aux archives de Salzbourg, constitue l'un des rares témoignages directs sur la vie d'une musicienne au XVIIIe siècle en Europe centrale.
Léopold Mozart mentionnait régulièrement dans sa correspondance que Nannerl composait de la musique dès son plus jeune âge et qu'elle faisait preuve d'un véritable talent créatif. Aucune de ces compositions n'a survécu avec certitude, probablement parce qu'elles n't ont pas été jugées dignes d'être préservées — reflet direct du peu de valeur accordé aux œuvres des femmes à cette époque.
Sources primaires
Léopold Mozart écrit de Londres en 1764 : ma fille joue les pièces les plus difficiles avec une facilité et une grâce qui étonnent tous les connaisseurs. La correspondance familiale, riche de plusieurs centaines de lettres, documente abondamment le talent de Nannerl et les tournées communes des deux enfants.
Léopold consigne lors du séjour parisien de 1763-1764 : Nannerl a joué devant toute la cour et a reçu les félicitations des meilleurs musiciens présents. Elle s'est acquittée de sa tâche avec une maturité et une précision remarquables pour son âge.
Nannerl note en janvier 1776 : leçons le matin, puis répétition avec M. Haydn. Le soir, concert chez l'archevêque, j'ai joué le concerto en ré majeur. Son journal, couvrant les années 1775 à 1783, documente son activité musicale intense à Salzbourg après la fin de ses tournées.
Wolfgang écrit depuis Vienne en 1782 : chère sœur, j'attends avec impatience ton jugement sur ces sonates. Tu as toujours été la meilleure juge de mes compositions et ton oreille est irréprochable. Cette lettre, parmi d'autres, atteste le respect musical que Wolfgang portait à Nannerl tout au long de sa vie.
Nissen, qui recueillit les témoignages de Constanze Mozart, écrit : Maria Anna Mozart fut dans sa jeunesse une pianiste de tout premier rang, au moins égale à son frère par la technique et la sensibilité musicale. Son renoncement à la scène publique fut imposé par les circonstances de sa condition de femme.
Lieux clés
Nannerl naquit et vécut la majeure partie de sa vie à Salzbourg, dans la maison familiale au 9 Getreidegasse. C'est là qu'elle apprit la musique, enseigna le piano à de nombreux élèves et passa ses dernières années.
Le 1er janvier 1764, Nannerl se produisit avec son frère devant la cour de Louis XV. Cette performance fut l'un des moments les plus éclatants de sa carrière de concertiste enfant, lui valant les compliments des meilleurs musiciens français.
En 1762, Nannerl et Wolfgang jouèrent devant l'impératrice Marie-Thérèse au château de Schönbrunn. Ce concert fut l'une des premières grandes performances publiques de Nannerl, alors âgée de onze ans.
Durant le séjour anglais de 1764-1765, Nannerl se produisit devant le roi George III. Le musicologue Charles Burney entendit les deux enfants et rapporta leurs performances exceptionnelles dans ses écrits sur la musique européenne.
Après son mariage en 1784 avec le magistrat von Berchtold zu Sonnenburg, Nannerl vécut à Sankt Gilgen, sur les rives du Wolfgangsee. Elle y éleva ses enfants et ceux de son mari, tout en maintenant une activité musicale limitée.
Objets typiques

Instrument à clavier caractéristique du XVIIIe siècle, ancêtre du piano moderne, sur lequel Nannerl se forma et se produisit dès l'enfance. Léopold possédait un instrument de qualité que les enfants utilisaient pour leurs exercices quotidiens et leurs concerts en tournée.

Recueil de pièces pour clavier constitué par Léopold Mozart à partir de 1759 pour l'enseignement de sa fille, contenant également des premières compositions des deux enfants. Ce cahier témoigne de la méthode pédagogique rigoureuse de Léopold et de la précocité de Nannerl.

Entre 1775 et 1783, Nannerl consigna dans un cahier ses activités musicales, ses concerts et ses réflexions quotidiennes. Ce document personnel, conservé aux archives de Salzbourg, est l'une des rares traces directes laissées par une musicienne professionnelle de l'époque.

Lors des tournées européennes, Nannerl portait des robes de cour richement brodées pour se produire devant les souverains. L'impératrice Marie-Thérèse aurait notamment offert aux enfants Mozart des habits de cour lors de leur séjour à Vienne en 1762.

La correspondance échangée entre Nannerl, son père Léopold et son frère Wolfgang constitue une archive essentielle. Nannerl conserva précieusement ces lettres après la mort de ses proches, permettant leur transmission jusqu'à nos jours.

Lors des longues tournées en carrosse, Léopold emportait un instrument portable permettant aux enfants de s'exercer dans les auberges et d'effectuer des démonstrations dans les lieux sans instrument disponible.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Vie quotidienne
Matin
La journée de Nannerl commençait tôt par plusieurs heures d'exercices au fortepiano, discipline imposée par Léopold dès l'enfance et maintenue toute sa vie. Pendant les tournées, ces pratiques avaient lieu dans les auberges ou les appartements mis à disposition par leurs hôtes nobles. À Salzbourg, elle prenait également en charge des leçons pour ses élèves dès le matin.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la copie de partitions, à l'étude de nouvelles pièces et, lors des tournées, à la préparation des concerts du soir. Nannerl aidait son père à gérer la correspondance avec les cours et les mécènes. Après son mariage, elle s'occupait aussi de sa maisonnée et de l'éducation de ses enfants et beaux-enfants.
Soir
Les soirées en tournée étaient occupées par les concerts dans les palais, salons aristocratiques ou salles de musique, pouvant enchaîner pièces préparées et improvisations pendant plusieurs heures. À Salzbourg, les soirées musicales chez l'archevêque ou dans des maisons bourgeoises restaient fréquentes, même lorsque Nannerl ne tournait plus.
Alimentation
L'alimentation lors des voyages était celle des auberges et tables nobles fréquentées : viandes rôties, bouillons, pâtisseries viennoises et vins locaux variant selon les pays traversés. À Salzbourg, le régime quotidien était celui de la bourgeoisie autrichienne : pain bis, charcuteries, soupes, légumes de saison et bières légères. Léopold commentait fréquemment dans ses lettres les différences culinaires observées au fil des tournées.
Vêtements
Lors des concerts à la cour, Nannerl portait des robes à panier richement brodées, avec coiffure poudrée et bijoux, conformément aux exigences protocolaires des cours royales. L'impératrice Marie-Thérèse aurait offert des habits de cour aux enfants Mozart lors de leur séjour viennois de 1762. Pour la vie quotidienne à Salzbourg, elle portait les tenues sobres des femmes de la bourgeoisie : robe à jupon, tablier, châle.
Habitat
La famille Mozart habitait au 9 Getreidegasse à Salzbourg, un appartement de plusieurs pièces dans un immeuble bourgeois au cœur de la vieille ville, aujourd'hui transformé en musée. Durant les tournées, ils logeaient en auberges de qualité ou chez leurs hôtes aristocrates dans des résidences somptueuses. Après son mariage, Nannerl vécut à Sankt Gilgen dans une maison de magistrat confortable au bord du Wolfgangsee.






