Maria Mitchell(1818 — 1889)

Maria Mitchell

États-Unis

9 min de lecture

SciencesAstronomeXIXe siècleXIXe siècle américain, époque de l'expansion scientifique et des premiers combats pour l'égalité des femmes dans les professions intellectuelles

Première astronome professionnelle américaine, Maria Mitchell découvrit une comète en 1847, ce qui lui valut une médaille d'or du roi du Danemark. Elle fut la première femme élue à l'Académie américaine des arts et des sciences et milita pour l'éducation scientifique des femmes.

Questions fréquentes

Maria Mitchell (1818-1889) est la première astronome professionnelle américaine. Ce qui la rend décisive, c'est qu'elle a brisé des barrières de genre à une époque où les femmes étaient exclues des sciences : elle a découvert une comète en 1847, a été la première femme élue à l'Académie américaine des arts et des sciences en 1848, et a enseigné l'astronomie au Vassar College pendant 23 ans. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a prouvé que les femmes pouvaient non seulement pratiquer la science, mais aussi former des générations d'astronomes féminines.

Citations célèbres

« We especially need imagination in science. It is not all mathematics, nor all logic, but it is somewhat beauty and poetry. »
« Study as if you were going to live forever; live as if you were going to die tomorrow. »

Faits marquants

  • 1818 : naissance à Nantucket, Massachusetts, dans une famille quaker favorable à l'éducation des filles
  • 1847 : découverte de la comète C/1847 T1, dite 'comète de Miss Mitchell', grâce à un télescope
  • 1848 : première femme élue membre de l'Académie américaine des arts et des sciences
  • 1865 : nommée professeure d'astronomie au Vassar College, l'une des premières grandes universités féminines
  • 1889 : décès à Lynn, Massachusetts, laissant un héritage durable pour les femmes dans les sciences

Œuvres & réalisations

Découverte de la comète C/1847 T1 (comète de Miss Mitchell) (1847)

Première observation indépendante et officielle d'une comète télescopique par une femme dans l'histoire des sciences américaines. Cette découverte lui valut la médaille d'or du roi du Danemark et une renommée internationale.

Calculs d'éphémérides de Vénus pour le Nautical Almanac (1849-1868)

Travail de précision accompli pendant dix-neuf ans pour le gouvernement américain : Mitchell calculait les positions prévisionnelles de Vénus, données essentielles à la navigation astronomique des navires militaires et commerciaux.

Études sur les taches solaires (1866-1880)

Série d'observations systématiques de la surface du Soleil depuis l'observatoire de Vassar, contribuant à la compréhension du cycle solaire à une époque où les techniques de photographie astronomique étaient balbutiantes.

Photographies de la surface de Jupiter et de Saturne (1872-1888)

Parmi les premières femmes à utiliser la photographie astronomique de façon scientifique, Mitchell produisit des clichés des géantes gazeuses qui servirent à ses publications et à l'enseignement.

Essay : 'The Astronomical Science of Milton as Shown in Paradise Lost' (1866)

Article savant paru dans 'Hours at Home', qui analyse la précision astronomique du poème épique de Milton. Il témoigne de la culture littéraire et scientifique de Mitchell, peu commune chez les savants de son temps.

Cofondation de l'Association pour l'avancement des femmes (1873)

Mitchell fut l'une des fondatrices de cette organisation qui plaida pour l'accès des femmes aux professions intellectuelles et scientifiques. Son action militante prolongeait son enseignement à Vassar en dehors des murs du collège.

Anecdotes

Dans la nuit du 1er octobre 1847, Maria Mitchell grimpa sur le toit de la banque de Nantucket où travaillait son père et pointa sa lunette vers le ciel. Elle aperçut une tache floue inconnue dans la constellation de Cassiopée : c'était une comète que personne n'avait encore signalée. Sa découverte lui valut la médaille d'or promise par le roi du Danemark au premier observateur d'une comète télescopique.

Bien que première femme élue à l'Académie américaine des arts et des sciences en 1848, Mitchell se heurta longtemps à des portes fermées. En 1850, elle fut aussi admise à l'Association américaine pour l'avancement des sciences, mais certains collègues masculins refusaient de la prendre au sérieux, lui reprochant d'être autodidacte. Elle répondit à ces critiques en publiant des travaux rigoureux sur les taches solaires et les surfaces de Jupiter et Saturne.

Lorsque Vassar College l'engagea comme première professeure d'astronomie en 1865, Mitchell imposa une méthode radicale pour l'époque : ses étudiantes devaient observer elles-mêmes le ciel chaque nuit, carnet en main, plutôt que de se contenter de lire des manuels. Elle disait souvent : 'Faites vos calculs, puis vérifiez-les encore. La précision est la seule honnêteté possible en science.'

Mitchell était l'une des rares femmes scientifiques à travailler pour le gouvernement fédéral américain : pendant près de vingt ans, elle calcula les positions de Vénus pour l'Almanach nautique américain, un document indispensable à la navigation maritime. Ce travail minutieux, effectué depuis sa maison, lui procura un revenu régulier à une époque où les femmes étaient exclues de presque tous les postes scientifiques officiels.

En 1873, Mitchell cofonda l'Association pour l'avancement des femmes et en devint présidente en 1875. Lors d'un discours célèbre, elle déclara que les femmes avaient autant de capacités intellectuelles que les hommes pour les sciences, et que la société gaspillait la moitié de son génie en les en excluant. Cette conviction guida toute sa carrière d'enseignante à Vassar, où elle forma des générations d'astronomes féminines.

Sources primaires

Journal personnel de Maria Mitchell (extraits publiés) (vers 1853-1889)
Je n'ai jamais étudié assez. Je n'ai jamais travaillé assez. Je n'ai jamais été assez libre pour me concentrer pleinement sur la science, car les devoirs domestiques ont toujours réclamé leur part de mon temps.
Lettre de Maria Mitchell à son père William Mitchell après la découverte de la comète (2 octobre 1847)
Ce soir, en observant avec la lunette de deux pouces, j'ai trouvé un objet nébuleux qui ne figurait pas sur mes cartes. Sa position et son mouvement lent me font croire qu'il s'agit d'une comète.
Article de Maria Mitchell dans 'Hours at Home' : 'The Astronomical Science of Milton as Shown in Paradise Lost' (1866)
Milton avait une connaissance profonde de l'astronomie de son temps, et ses descriptions du cosmos témoignent d'une précision remarquable pour un poète.
Discours de Maria Mitchell à l'Association pour l'avancement des femmes (1875)
Le moment est venu de ne plus demander la permission d'entrer dans les sciences. Les femmes doivent prendre leur place dans les laboratoires et les observatoires comme un droit naturel, et non comme une faveur accordée.
Maria Mitchell, 'Mary Somerville' (essai biographique) (1870)
Mary Somerville a montré que la grandeur scientifique n'est pas l'apanage du sexe masculin. Son travail mathématique restera un monument longtemps après que ses détracteurs seront oubliés.

Lieux clés

Nantucket, Massachusetts

Île natale de Maria Mitchell, fief de baleiniers et de navigateurs où l'astronomie pratique était une nécessité quotidienne. C'est depuis le toit de la banque locale que Mitchell découvrit sa comète en 1847.

Observatoire de Vassar College, Poughkeepsie, New York

Mitchell y vécut et travailla de 1865 à 1888, formant des générations de femmes astronomes. L'observatoire, équipé d'un réfracteur de 12 pouces, était l'un des mieux dotés des États-Unis.

Maria Mitchell Observatory, Nantucket

Observatoire construit en mémoire de Mitchell en 1908, sur le site de la maison familiale. Il abrite aujourd'hui ses instruments d'époque et perpétue son héritage en accueillant des programmes scientifiques pour jeunes.

Washington D.C. — United States Naval Observatory

Mitchell collabora avec l'observatoire naval lors de ses travaux pour le Nautical Almanac Office. Elle y rencontra les grands astronomes américains de son temps et défendit l'inclusion des femmes dans la recherche fédérale.

Rome et Florence, Italie

Lors de son voyage européen de 1857-1858, Mitchell visita les observatoires italiens et rencontra des savants qui l'accueillirent comme une égale, expérience qui renforça sa conviction que la science transcende les frontières et le genre.

Voir aussi