Miguel Primo de Rivera(1870 — 1930)
Miguel Primo de Rivera
Espagne
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Général espagnol né en 1870, il instaura une dictature en Espagne de 1923 à 1930 après un coup d'État. Son régime autoritaire, soutenu par le roi Alphonse XIII, précéda la crise politique qui mena à la Seconde République espagnole.
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1870 : naissance à Jerez de la Frontera (Andalousie)
- 13 septembre 1923 : coup d'État militaire et prise du pouvoir avec l'aval du roi Alphonse XIII
- 1923-1930 : instauration d'une dictature militaire, suspension de la Constitution
- 1930 : démission forcée face à l'opposition croissante et mort en exil à Paris
- Son fils José Antonio Primo de Rivera fonda la Phalange espagnole en 1933
Œuvres & réalisations
Acte fondateur de sa dictature, le coup d'État suspend la Constitution de 1876, dissout le Parlement et instaure un gouvernement de généraux. C'est l'acte politique central de sa vie, qui met fin au régime libéral de la Restauration.
Primo de Rivera lança un vaste programme de modernisation des infrastructures : construction de routes nationales, développement du réseau ferroviaire et électrification rurale. Ces réalisations concrètes lui assurèrent un certain soutien populaire dans les premières années de sa dictature.
En coordination avec la France, Primo de Rivera organisa le débarquement d'Alhucemas dans le nord du Maroc, qui permit de vaincre Abd el-Krim et de pacifier le Rif. Cette victoire militaire fut présentée comme la rédemption de l'honneur espagnol après le désastre d'Annual.
Tentative de créer un parti de masse loyal au régime, l'Union Patriotique regroupait des notables locaux, des catholiques conservateurs et des fonctionnaires. Elle resta un instrument fragile, sans véritable idéologie cohérente, et disparut avec la dictature.
Après la phase purement militaire, Primo de Rivera tenta d'institutionnaliser son régime en créant une assemblée sans pouvoirs législatifs réels, chargée de rédiger une nouvelle constitution. Ce projet échoua face aux oppositions et ne déboucha sur aucun texte adopté.
Le régime organisa deux expositions internationales simultanées : l'Exposition universelle de Barcelone et l'Exposition ibéro-américaine de Séville. Vitrines du régime présentées comme symboles de la modernisation de l'Espagne, elles laissèrent un lourd endettement qui contribua à la chute de la dictature.
Anecdotes
Dans la nuit du 12 au 13 septembre 1923, Primo de Rivera fit afficher son manifeste sur les murs de Barcelone avant même d'en avoir informé le roi Alphonse XIII. Ce coup d'État par voie d'affiches était typique du 'pronunciamiento' à l'espagnole : le général se présentait en 'chirurgien de fer' venu guérir une Espagne malade de la corruption et du désordre politique.
Adversaire de la liberté de presse, Primo de Rivera n'hésitait pas à publier lui-même, dans les journaux, des 'Notes officieuses' rédigées à la première personne, d'un ton familier et parfois impulsif. Ces textes surprenaient par leur ton conversationnel, inhabituel pour un dictateur, mais cachaient une censure féroce envers toute opinion dissidente.
Miguel de Unamuno, le grand philosophe et recteur de l'université de Salamanque, osa publiquement insulter Primo de Rivera et le roi. En représailles, le dictateur le fit destituer et exiler aux Canaries en 1924. Unamuno s'échappa et continua ses critiques depuis Paris, devenant le symbole de la résistance intellectuelle à la dictature.
Après avoir gouverné l'Espagne pendant six ans, Primo de Rivera consulta en janvier 1930 les capitaines généraux de l'armée pour savoir s'il bénéficiait encore de leur confiance. Devant leurs réponses évasives, il comprit qu'il était abandonné et remit sa démission au roi le 28 janvier 1930. Il mourut à Paris, seul et désargenté, moins de deux mois plus tard, le 16 mars 1930.
Son fils, José Antonio Primo de Rivera, fonda en 1933 la Phalange espagnole, mouvement d'inspiration fasciste, pour venger l'honneur de son père. Ce nom de famille allait ainsi traverser toute la tragédie de la Seconde République et de la guerre civile espagnole, liant deux générations à l'histoire la plus sombre de l'Espagne contemporaine.
Sources primaires
Españoles: Ha llegado para nosotros el momento más temido que esperado de recoger las ansias, de atender el clamoroso requerimiento de cuantos amando la Patria no ven para ella otra salvación que libertarla de los profesionales de la política.
El Directorio Militar considera necesaria la suspensión temporal de las garantías constitucionales para asegurar el orden público y el saneamiento de la vida política española.
España necesita una regeneración profunda que no puede venir de los viejos partidos gastados, sino de la energía renovadora del pueblo mismo, guiado por hombres honrados y patriotas.
Señor: Habiendo perdido la confianza de los capitanes generales del ejército, cargo supremo de la nación, el general Primo de Rivera considera su deber poner a disposición de Vuestra Majestad el poder que le fue confiado en septiembre de 1923.
Lieux clés
Ville natale de Miguel Primo de Rivera, née en 1870 dans cette cité andalouse de grande tradition militaire et aristocratique. Plusieurs membres de sa famille avaient déjà servi dans l'armée espagnole avant lui.
C'est depuis Barcelone, où il commandait la garnison militaire en tant que capitaine général de Catalogne, que Primo de Rivera lança son coup d'État le 13 septembre 1923. La ville, agitée par l'anarchisme et le séparatisme, était le point de départ symbolique de sa 'régénération' nationale.
Siège du gouvernement de la dictature à partir de 1923, Madrid fut le cœur du pouvoir de Primo de Rivera pendant six ans. C'est là qu'il dirigea le Directoire militaire puis civil, recevant les ambassadeurs et publiant ses fameuses notes officieuses.
Primo de Rivera servit plusieurs fois au Maroc durant sa carrière militaire et c'est la crise marocaine (désastre d'Annual, 1921) qui précipita son coup d'État. La pacification du Rif en 1925 fut son plus grand succès militaire et politique.
Après sa démission le 28 janvier 1930, Primo de Rivera s'exila à Paris où il mourut le 16 mars 1930, seul, malade et désargenté. Sa mort rapide, dans l'indifférence générale, fut perçue comme le symbole de l'échec de sa tentative de régénération autoritaire de l'Espagne.






