Meneuse de revue et vedette incontestée du music-hall français, Mistinguett a régné sur les scènes du Moulin Rouge, des Folies Bergère et du Casino de Paris de la Belle Époque aux années 1950. Célèbre pour ses jambes assurées, son charme populaire et sa chanson « Mon Homme », elle fut l'artiste française la plus populaire de la première moitié du XXe siècle.
Mistinguett(1875 — 1956)
Mistinguett
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Qu'est-ce que la gloire ? Un beau mensonge.»
« Mes jambes, c'est mon capital.»
Faits marquants
- Née le 3 avril 1875 à Enghien-les-Bains sous le nom de Jeanne Florentine Bourgeois
- Débuts sur scène dès 1885, carrière s'étendant sur plus de soixante ans
- Vedette du Moulin Rouge, des Folies Bergère et du Casino de Paris à partir des années 1900
- Interprète en 1920 de « Mon Homme », chanson emblématique reprise dans le monde entier
- Ses jambes auraient été assurées pour 500 000 francs, mythe fondateur de son image glamour
- Décédée le 5 janvier 1956 à Antibes
Œuvres & réalisations
Sa chanson la plus célèbre, créée au Casino de Paris dans la revue 'Paris qui jazz', avec des paroles d'Albert Willemetz et Jacques Charles et une musique de Maurice Yvain. Ce titre, qui exprime un amour passionné et résigné, devint un standard international repris notamment aux États-Unis par Fanny Brice sous le titre 'My Man'.
L'une de ses premières grandes créations qui imposa son personnage de femme du peuple, directe et sans façon. Cette chanson humoristique et enlevée illustre son talent pour incarner des personnages proches du public ordinaire.
Hymne non officiel de la capitale française, cette chanson festive et patriote devint l'un de ses titres emblématiques des Années folles. Elle résume à elle seule l'image que Mistinguett projetait : une Paris joyeuse, populaire et rayonnante.
Grand succès populaire au tempo entraînant qui illustre l'engouement des années 1920 pour les rythmes venus d'Espagne et d'Amérique latine. Ce titre confirma son statut d'artiste capable de porter les modes musicales de son époque.
L'une de ses revues à grand spectacle réunissant des centaines de costumes, des décors somptueux et des chorégraphies élaborées. Ces productions représentaient des investissements considérables et attiraient un public mêlant Parisiens de toutes classes et touristes étrangers.
Autobiographie publiée deux ans avant sa mort, dans laquelle Mistinguett revient sur sa carrière, ses amours et sa vision du spectacle. Document précieux pour l'histoire du music-hall français, cet ouvrage révèle une femme lucide sur son époque et son art.
Anecdotes
Mistinguett était si fière de ses jambes qu'elle les fit assurer pour 500 000 francs auprès d'une compagnie d'assurances londonienne — une somme astronomique pour l'époque. Cette anecdote fit le tour du monde et contribua à forger sa légende, transformant ses jambes en véritable symbole du music-hall français.
Son vrai nom était Jeanne Florentine Bourgeois, née dans une famille modeste d'Enghien-les-Bains. C'est en vendant des fleurs à la gare Saint-Lazare, adolescente, qu'elle se fit remarquer par un directeur de théâtre qui lui proposa d'auditionner. Elle choisit son pseudonyme en déformant une vieille chanson populaire, « La Mistingue ».
À partir de 1909, Mistinguett forma avec Maurice Chevalier l'un des couples les plus populaires de la scène parisienne. Ils étaient partenaires à la ville comme à la scène, et leur complicité électrisait le public du Moulin Rouge. Leur rupture quelques années plus tard alimenta les rubriques mondaines de toute la presse française.
Lors de la Première Guerre mondiale, Mistinguett continua à se produire à Paris pour maintenir le moral des Parisiens, et organisa des collectes pour les soldats. Après l'Armistice, elle incarna la joie retrouvée des Années folles, ses revues somptuaires devenant le symbole de la fête parisienne.
À plus de 75 ans, Mistinguett montait encore sur scène et refusait de prendre sa retraite, déclarant : « On ne quitte pas la scène, c'est la scène qui vous quitte. » Sa dernière tournée eut lieu à plus de 80 ans, témoignant d'une énergie et d'un amour du spectacle qui forçaient l'admiration de ses jeunes confrères.
Sources primaires
J'ai toujours aimé le public. Il m'a tout donné : la gloire, l'argent, l'amour. Sans lui, je ne suis rien. C'est lui qui m'a faite, et c'est pour lui que je vis.
Le music-hall, c'est ma religion. La scène, c'est mon autel. Chaque soir, je donne tout ce que j'ai, et le public me le rend au centuple. Il n'y a pas de plus beau métier au monde.
Mistinguett triomphe une fois de plus au Casino de Paris. Sa façon de chanter 'Mon Homme' avec une sincérité déchirante a provoqué une émotion rare dans la salle. Cette femme est un phénomène de la scène française.
Ce que l'on m'a donné ce soir, c'est à mon public que je le dédie. Ce sont eux, les gens simples, les petites gens de France, qui m'ont portée jusqu'ici. Je ne suis que leur reflet.
Lieux clés
Ville natale de Jeanne Florentine Bourgeois, née en 1875 dans cette commune de banlieue parisienne. Ses origines modestes dans cette ville de province ont forgé le côté populaire et authentique qui fit sa force sur scène.
Mistinguett y débuta à la fin du XIXe siècle et y forma sa réputation de grande vedette. C'est sur cette scène mythique de Montmartre qu'elle rencontra Maurice Chevalier et forga sa réputation de meneuse de revue incomparable.
L'une des grandes scènes parisiennes où Mistinguett créa ses revues les plus célèbres, dont 'Paris qui jazz' en 1920 lors de laquelle elle chanta pour la première fois 'Mon Homme'. Cette salle du 9e arrondissement fut le théâtre de ses plus grands triomphes.
Temple du music-hall parisien où Mistinguett se produisit à de nombreuses reprises, partageant parfois l'affiche avec d'autres vedettes internationales. Cette salle du 9e arrondissement symbolise l'âge d'or du spectacle populaire français.
Mistinguett s'éteignit le 5 janvier 1956 dans cette ville de la Côte d'Azur, où elle s'était retirée lors de ses dernières années tout en continuant à envisager des retours sur scène. Sa mort y mit fin à plus de six décennies de carrière artistique.
Objets typiques

Mistinguett popularisa les immenses coiffures ornées de plumes d'autruche, parfois hautes d'un mètre, qui devinrent la marque visuelle des grandes revues du music-hall parisien. Ces coiffes spectaculaires pesaient plusieurs kilos et exigeaient une technique particulière pour se déplacer en scène.

Ses tenues scéniques, créées par les meilleurs costumiers parisiens, associaient paillettes, strass, fourrures et tissus précieux. Elles coûtaient des fortunes et chaque revue nécessitait des dizaines de costumes différents pour la vedette et ses danseuses.

Emblème de ses jambes assurées, les bas de soie fine étaient à la fois un accessoire de mode et un argument publicitaire. Mistinguett en portait des paires spécialement fabriquées qui soulignaient ses jambes, devenues son capital artistique le plus célèbre.
📷 Domaine public · Wikimedia Commons ↗
À partir des années 1920, le microphone amplifié fit son apparition dans les grandes salles, transformant la relation entre la chanteuse et son public. Mistinguett fut l'une des premières vedettes à maîtriser cet outil nouveau qui permettait une intimité vocale inédite.

La partition originale de cette chanson créée en 1920, composée par Maurice Yvain sur des paroles d'Albert Willemetz et Jacques Charles, est restée l'un des documents musicaux les plus précieux du répertoire populaire français de l'entre-deux-guerres.

Les affiches illustrées annonçant les spectacles de Mistinguett, réalisées par des artistes comme Gesmar, ornaient les colonnes Morris et les murs de Paris. Ces œuvres d'art populaire représentaient la vedette dans ses plus beaux costumes et constituaient un genre graphique à part entière.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Mistinguett se levait rarement avant 10 heures, le rythme du spectacle imposant des nuits tardives. Sa matinée commençait par un soin minutieux de son corps — particulièrement ses jambes, qu'elle massait et hydratait avec des crèmes coûteuses. Elle prenait ensuite un petit déjeuner léger, café et tartines, avant de répondre à son courrier de fans qui arrivait par centaines chaque semaine.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux répétitions, qui pouvaient durer quatre à six heures dans les théâtres. Mistinguett dirigeait ces séances avec une exigence redoutée : elle exigeait la perfection de ses danseuses, répétait inlassablement ses déplacements et ses effets vocaux. Les après-midis sans répétition étaient dédiés aux essayages chez les costumiers ou aux séances de coiffure et de maquillage.
Soir
La soirée débutait par le maquillage scénique, une heure de transformation réalisée par ses habilleuses attitrées dans sa loge. Après le spectacle — qui se terminait souvent après minuit —, elle recevait amis, journalistes et admirateurs dans sa loge, puis soupait dans les restaurants à la mode de Montmartre ou des Grands Boulevards. Les nuits de gala pouvaient se prolonger jusqu'à l'aube.
Alimentation
Mistinguett veillait sur sa ligne avec une discipline de sportive : peu de viandes grasses, beaucoup de légumes et de fruits, et une grande modération avec l'alcool, malgré l'ambiance festive du music-hall. Elle appréciait la cuisine française traditionnelle — pot-au-feu, volaille rôtie — et fréquentait les brasseries parisiennes où elle aimait retrouver ses amis artistes.
Vêtements
Hors scène, Mistinguett s'habillait avec une élégance soignée mais sans ostentation excessive. Elle portait les créations des grands couturiers parisiens — Poiret, puis Chanel — et accordait une attention particulière à ses chaussures et à la mise en valeur de ses jambes, qui restaient son capital image même dans la vie quotidienne.
Habitat
Au sommet de sa carrière, Mistinguett possédait un appartement bourgeois dans le quartier de Montmartre, à deux pas des scènes qui l'avaient rendue célèbre. Elle y recevait avec générosité les artistes du tout-Paris du spectacle. Sur la fin de sa vie, elle s'installa sur la Côte d'Azur, à Antibes, où le climat doux lui convenait mieux que les hivers parisiens.






