Muhammad Ali(1942 — 2016)

Mohamed Ali

États-Unis

6 min de lecture

SportSociétéXXe siècleÉtats-Unis du XXe siècle, marqué par le mouvement des droits civiques, la guerre du Vietnam et l'affirmation de la communauté afro-américaine.

Boxeur américain, triple champion du monde des poids lourds, considéré comme l'un des plus grands sportifs du XXe siècle. Figure majeure de la lutte pour les droits civiques, il refusa d'être enrôlé pour la guerre du Vietnam au nom de ses convictions.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Muhammad Ali (né Cassius Clay à Louisville en 1942) incarne une fusion unique entre le sport et l'engagement politique. Triple champion du monde des poids lourds, il a marqué le XXe siècle non seulement par ses performances sur le ring, mais aussi par son refus de servir au Vietnam en 1967, déclarant n'avoir « aucune querelle avec ces Vietcongs ». Cette prise de position, au prix de sa carrière, a fait de lui une icône mondiale des droits civiques et de la liberté de conscience. Contrairement à beaucoup d'athlètes restés neutres, Ali a utilisé sa notoriété pour défendre ses convictions, devenant un symbole bien au-delà de la boxe.

Citations célèbres

« Vole comme le papillon, pique comme l'abeille. »
« Je n'ai pas de querelle avec les Viêt-congs. »

Faits marquants

  • Né Cassius Clay en 1942 à Louisville (Kentucky).
  • Champion olympique de boxe aux Jeux de Rome en 1960.
  • Devient champion du monde des poids lourds en 1964 face à Sonny Liston, puis adopte le nom de Muhammad Ali en rejoignant la Nation of Islam.
  • En 1967, refuse d'être incorporé dans l'armée pour le Vietnam : déchu de son titre et condamné, réhabilité par la Cour suprême en 1971.
  • Allume la vasque olympique aux Jeux d'Atlanta en 1996 ; mort en 2016.

Œuvres & réalisations

Médaille d'or olympique (Rome) (1960)

Premier grand titre de Cassius Clay, qui révèle son talent au monde entier.

Victoire contre Sonny Liston, premier titre mondial (1964)

À 22 ans, il devient champion du monde des poids lourds et bouleverse la boxe.

Refus de l'incorporation au Vietnam (1967)

Geste de conscience qui fit de lui une figure mondiale de la contestation, au prix de sa carrière.

« Rumble in the Jungle » contre George Foreman (1974)

Combat légendaire à Kinshasa où il reconquiert le titre grâce à la tactique du rope-a-dope.

« Thrilla in Manila » contre Joe Frazier (1975)

Affrontement d'une intensité extrême, considéré comme l'un des plus grands combats de l'histoire.

Troisième conquête du titre mondial (vs Leon Spinks) (1978)

Il devient le premier boxeur à remporter trois fois le championnat du monde des lourds.

The Greatest: My Own Story (autobiographie) (1975)

Récit de sa vie écrit avec Richard Durham, témoignage de son parcours et de ses convictions.

Allumage de la vasque olympique d'Atlanta (1996)

Apparition bouleversante, malade, devant le monde entier : symbole de courage et de réconciliation.

Anecdotes

À 12 ans, le jeune Cassius Clay se fait voler son vélo neuf à Louisville. Furieux, il déclare au policier Joe Martin qu'il veut « casser la figure » au voleur. Martin, qui entraînait des boxeurs dans une salle, lui répond qu'il ferait mieux d'apprendre à se battre d'abord — et c'est ainsi qu'Ali découvre la boxe.

Après avoir remporté la médaille d'or aux Jeux olympiques de Rome en 1960, Ali raconta plus tard avoir jeté sa médaille dans la rivière Ohio, écœuré d'avoir été refusé dans un restaurant ségrégué malgré son titre. Cet épisode, qu'il a relaté dans son autobiographie, illustre l'humiliation de la ségrégation aux États-Unis.

En 1964, après sa victoire surprise contre Sonny Liston, Cassius Clay annonça sa conversion à l'islam et l'abandon de son « nom d'esclave » pour devenir Muhammad Ali. De nombreux journalistes et adversaires refusèrent longtemps d'employer ce nouveau nom.

En 1967, Ali refusa d'être incorporé dans l'armée pour combattre au Vietnam, déclarant qu'aucun Vietcong ne l'avait jamais insulté. Condamné et déchu de son titre, il fut interdit de boxe pendant plus de trois ans, au sommet de sa carrière.

En 1974, à Kinshasa au Zaïre, Ali affronta George Foreman lors du « Combat du siècle » (Rumble in the Jungle). Donné perdant, il employa sa célèbre tactique du « rope-a-dope », s'appuyant sur les cordes pour épuiser Foreman avant de le mettre K.-O. au 8e round et de redevenir champion du monde.

Sources primaires

Déclaration d'Ali sur son refus de servir au Vietnam (1966-1967)
« Je n'ai aucune querelle avec ces Vietcongs. Aucun Vietcong ne m'a jamais traité de nègre. »
Arrêt de la Cour suprême des États-Unis, Clay v. United States (28 juin 1971)
La Cour suprême annule à l'unanimité (8-0) la condamnation d'Ali pour refus d'incorporation, reconnaissant la sincérité de ses objections religieuses.
Annonce de sa conversion et de son nouveau nom (1964)
« Cassius Clay est un nom d'esclave. Je ne l'ai pas choisi et je n'en veux pas. Je suis Muhammad Ali, un nom libre. »
Formule célèbre attribuée à Ali (par son entraîneur adjoint Drew Bundini Brown) (1964)
« Vole comme le papillon, pique comme l'abeille. »

Lieux clés

Louisville, Kentucky

Ville natale d'Ali dans le Sud ségrégué des États-Unis. Il y découvrit la boxe enfant et y repose aujourd'hui.

Rome, Italie

Théâtre des Jeux olympiques de 1960 où Cassius Clay remporta la médaille d'or des mi-lourds, lançant sa carrière.

Kinshasa, Zaïre (RD Congo)

Lieu du « Rumble in the Jungle » de 1974, où Ali battit George Foreman pour reconquérir le titre mondial.

Manille, Philippines

Cadre du « Thrilla in Manila » de 1975, le troisième et plus éprouvant combat contre Joe Frazier.

New York, Madison Square Garden

Salle mythique où se tint en 1971 le « Combat du siècle » entre Ali et Frazier, première défaite d'Ali.

Scottsdale, Arizona

Ville où Muhammad Ali s'éteignit en 2016 après une longue lutte contre la maladie de Parkinson.

Voir aussi