Natalia Ginzburg(1916 — 1991)
Natalia Ginzburg
Italie, royaume d'Italie
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Écrivaine italienne (1916-1991), figure majeure de la littérature du XXe siècle. Auteure de Lessico famigliare (1963), elle explore la mémoire familiale, l'identité et la vie quotidienne avec une prose dépouillée. Engagée contre le fascisme, elle a vécu l'exil et la résistance.
Citations célèbres
« Le parole della nostra famiglia erano poche, chiare e perentorie. »
« La vita è piena di errori, ma anche di correzioni. »
Faits marquants
- Naissance à Palerme en 1916, grandit à Turin dans une famille intellectuelle juive
- Son premier mari Leone Ginzburg, résistant antifasciste, meurt sous la torture en 1944
- Publication de Lessico famigliare en 1963, prix Strega la même année
- Travaille comme éditrice chez Einaudi aux côtés de Pavese et Calvino
- Élue députée au Parlement italien en 1983 sous étiquette indépendante de gauche
Œuvres & réalisations
Premier roman, publié sous le pseudonyme Alessandra Tornimparte pour contourner les lois raciales. Court récit sur une jeune femme de province attirée par la ville, il annonce déjà la prose dépouillée qui deviendra la marque de Ginzburg.
Roman narré à la première personne par une femme qui a tué son mari. Ginzburg y explore la culpabilité, l'amour déçu et l'incommunicabilité dans le couple, dans une langue tendue et sans ornement.
Roman choral sur les années de guerre et de résistance en Italie, vu depuis plusieurs familles bourgeoises du Nord. L'une des œuvres les plus ambitieuses de Ginzburg par son ampleur et sa fresque historique.
Roman sur la vie provinciale piémontaise, centré sur une famille industrielle et ses relations avec leurs employés au fil des générations. L'écriture y atteint une grande maîtrise de l'ellipse et du non-dit.
Recueil d'essais autobiographiques sur l'éducation, l'écriture, l'amour et la mémoire. Le texte sur les vertus qu'il ne faut pas enseigner aux enfants est devenu un texte de référence de la pensée éducative du XXe siècle.
Chef-d'œuvre autobiographique et Prix Strega 1963, qui reconstitue l'histoire de sa famille turinoise à travers les expressions et formules qui lui étaient propres. Ce roman renouvelle profondément le genre mémoriel et reste l'œuvre la plus traduite et lue de Ginzburg dans le monde.
Roman épistolaire qui suit une famille italienne dans les 'années de plomb' à travers les lettres échangées entre une mère et son fils. Une réflexion sur la rupture des liens familiaux et la violence politique de l'Italie des années 1970.
Biographie romancée de la famille du grand écrivain Alessandro Manzoni, reconstituée à partir de lettres et documents d'époque. Ginzburg y déploie son art de faire vivre une époque à travers les intimités du quotidien.
Anecdotes
En 1938, Natalia Levi épouse Leone Ginzburg, intellectuel antifasciste et cofondateur des éditions Einaudi à Turin. Ce mariage unit deux figures majeures de la résistance culturelle italienne au fascisme. Ensemble, malgré les persécutions du régime, ils auront trois enfants.
Entre 1940 et 1943, le régime fasciste envoie Leone et Natalia en 'confino' — exil intérieur forcé — dans le village de Pizzoli, en Abruzze. C'est dans cet isolement rural, entourée de ses enfants et du froid des montagnes, que Natalia écrit son premier roman. Elle le signe du pseudonyme Alessandra Tornimparte pour contourner les lois raciales qui lui interdisaient de publier.
En novembre 1943, Leone Ginzburg est arrêté par la Gestapo à Rome alors qu'il dirige clandestinement le journal de la résistance 'Italia Libera'. Torturé à la prison de Regina Coeli, il meurt le 5 février 1944 à l'âge de 35 ans. Natalia, veuve à 27 ans avec trois jeunes enfants, portera cette perte au cœur de toute son œuvre.
En 1963, 'Lessico famigliare' remporte le Premio Strega, le prix littéraire le plus prestigieux d'Italie. Le roman reconstitue l'histoire de sa famille turinoise à travers les expressions et formules qui leur étaient propres — une langue secrète familiale érigée en mémoire collective. Ginzburg dira que ce livre s'est écrit presque de lui-même, comme une dictée de la mémoire.
En 1983, à 67 ans, Natalia Ginzburg est élue députée au Parlement italien sur une liste de gauche indépendante. Fidèle à ses engagements de toujours, elle défend les droits civils et la liberté d'expression jusqu'à ses dernières années, poursuivant dans la sphère politique le combat qu'elle avait mené toute sa vie par l'écriture.
Sources primaires
Le parole e le frasi della nostra famiglia... erano come una carta geografica della nostra vita, come l'impronta di tutto quello che avevamo vissuto insieme. Chi non le conosceva non capiva niente di noi.
Non bisogna insegnare ai figli le piccole virtù, ma le grandi: non il risparmio, ma la generosità e l'indifferenza al denaro; non la prudenza, ma il coraggio e lo sprezzo del pericolo.
Ho sparato a mio marito. [...] Lui mi aveva detto che non mi amava più, e allora mi sembrava che la mia vita non avesse più senso e così ho fatto quello che ho fatto.
Ho sempre scritto di quello che conoscevo: la mia famiglia, le case dove ho vissuto, le persone che ho amato. Non so inventare. So soltanto ricordare.
Lieux clés
Natalia Levi y naît le 14 juillet 1916. Sa famille quitte rapidement la ville pour Turin, mais Palerme reste le point de départ d'un itinéraire familial qui traverse toute l'histoire italienne du XXe siècle.
Ville de l'enfance, de la formation et des premières années littéraires de Natalia Ginzburg. C'est là que son père enseignait à l'université, que se trouvaient les éditions Einaudi, et que se constitua le cercle intellectuel antifasciste qui la forma.
Village de montagne où Natalia et Leone Ginzburg furent assignés à résidence par le régime fasciste de 1940 à 1943. Dans cet isolement, elle écrit son premier roman et forge son rapport au dépouillement et à la solitude créatrice.
Prison romaine où Leone Ginzburg fut incarcéré et torturé par la Gestapo après son arrestation en novembre 1943. Il y mourut le 5 février 1944 à 35 ans, laissant Natalia veuve avec trois enfants.
Natalia Ginzburg s'installe définitivement à Rome après la Libération. Elle y travaille pour Einaudi, y écrit la majorité de son œuvre et y mène son engagement public jusqu'à sa mort le 7 octobre 1991.
