Nostradamus(1503 — 1566)

Nostradamus

royaume de France

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SciencesLettresMédecinÉcrivain(e)RenaissanceRenaissance française (XVIe siècle), période d'humanisme, de renouveau scientifique et de troubles religieux

Médecin et apothicaire français de la Renaissance, Nostradamus est célèbre pour ses Centuries, recueil de quatrains prophétiques publiés à partir de 1555. Il fut également un praticien reconnu lors des épidémies de peste.

Questions fréquentes

Pour comprendre cela, il faut imaginer un médecin et apothicaire de la Renaissance française qui, en pleine époque de troubles religieux, publie à partir de 1555 un recueil de quatrains prophétiques, les Centuries. Ce qu'il faut retenir, c'est que son œuvre mêle astrologie, obscurité poétique et prétendues visions de l'avenir, ce qui lui vaut une renommée immédiate à la cour de Catherine de Médicis et une postérité mondiale. Ce qui distingue Nostradamus des autres prophètes de son temps, c'est la forme très codifiée de ses textes et leur capacité à être réinterprétés à chaque époque.

Citations célèbres

« Sous le chêne de Guienne frappé par la foudre, loin de là caché le trésor trouvé. »

Faits marquants

  • 1503 : Naissance à Saint-Rémy-de-Provence
  • 1525 : Obtient sa licence de médecine à Montpellier
  • 1546-1547 : Lutte contre la peste à Aix-en-Provence et Lyon, acquiert une grande réputation
  • 1555 : Publication des premières Centuries astrologiques (prophéties en quatrains)
  • 1564 : Nommé médecin ordinaire du roi Charles IX
  • 1566 : Mort à Salon-de-Provence

Œuvres & réalisations

Les Prophéties (Centuries) (1555-1558)

Recueil de 942 quatrains en français archaïque, organisés en dix centuries de cent quatrains chacune. C'est l'œuvre majeure de Nostradamus, continuellement rééditée jusqu'à nos jours et traduite dans le monde entier.

Traité des fardements et des confitures (1555)

Ouvrage pratique de cosmétique et de cuisine médicinale, contenant des recettes de conserves, confitures et préparations beautifiantes. Il témoigne du Nostradamus médecin et apothicaire, soucieux du bien-être quotidien.

Almanachs annuels (1550-1566)

Série de publications annuelles contenant des prédictions astrologiques mois par mois, avec conseils médicaux et agricoles. Ces almanachs, très diffusés en France, précédèrent la célébrité des Centuries et assurèrent ses revenus.

Paraphrase de C. Galen (1557)

Traduction et commentaire d'un texte du médecin grec Galien sur l'hygiène. Cette publication confirme son ancrage dans la tradition médicale humaniste de la Renaissance.

Lettre-préface à César et Épître à Henri II (1555-1558)

Deux textes en prose encadrant les Centuries, dans lesquels Nostradamus expose sa méthode prophétique et ses principes astrologiques. Ces lettres constituent des documents essentiels pour comprendre sa vision du monde.

Anecdotes

Lors de la grande épidémie de peste qui ravagea Aix-en-Provence en 1546, Nostradamus refusa de fuir et soigna les malades avec des remèdes innovants à base de plantes et d'hygiène stricte. Sa méthode, qui s'opposait aux saignées traditionnelles, lui valut une réputation extraordinaire et la gratitude de la ville.

En 1555, la reine Catherine de Médicis, fascinée par ses Centuries, invita Nostradamus à la cour de Henri II. Il fut chargé de tirer l'horoscope des princes royaux, ce qui lui assura la protection de la famille royale et une pension officielle.

Nostradamus rédigea ses prophéties en quatrains délibérément obscurs, mêlant le français, le latin, le grec et l'hébreu. Il affirmait lui-même brouiller volontairement ses vers pour éviter que les autorités religieuses ne l'accusent de sorcellerie ou d'hérésie.

En 1564, le roi Charles IX, alors en voyage à travers la France, fit un détour exprès pour rendre visite à Nostradamus à Salon-de-Provence. Le souverain le nomma médecin et conseiller ordinaire du roi, titre honorifique rare pour un praticien de province.

Nostradamus aurait prédit sa propre mort à son secrétaire Jean de Chavigny : la veille de son décès en juillet 1566, il lui aurait dit 'Au lever du soleil, je ne serai plus là.' On le retrouva effectivement mort le lendemain matin, le 2 juillet 1566.

Sources primaires

Les Prophéties — Centurie I, quatrain 35 (1555)
Le lyon jeune le vieux surmontera, En champ bellique par singulier duelle, Dans caige d'or les yeux lui crèvera, Deux classes une, puis mourir, mort cruelle.
Excellent et moult utile opuscule à tous nécessaire — Traité des fardements et des confitures (1555)
Pour faire de la robbe de velours cramoisy teincte en graine… prenez de l'alun de roche bien broyé, faictes le boullir avec eaue de pluye bien nette.
Lettre-préface à César, fils de Nostradamus (1555)
Considérant que l'advenement des gens communs est chose à me faire retirer ma plume au repos de la nuict populaire, j'ay composé livres de prophéties, contenant chacun cent quatrains astronomiques de prophéties.
Lettre à Henri II, roi de France (1558)
À l'invictissime, très puissant et très Christien Henry Roy de France second : Michel Nostradamus, son très humble et très obéissant serviteur et subject… Ces présentes prophéties seront accomplies en partie.
Almanach pour l'an 1566 (1565)
Le moys de Janvier sera froid et pluvieux avec vents impetueux… les maladies seront grandes et universelles en plusieurs regions de la Chrestienté.

Lieux clés

Saint-Rémy-de-Provence

Ville natale de Nostradamus en Provence, où il naquit en 1503 dans une famille judéo-provençale convertie. La maison natale est aujourd'hui un musée dédié à sa mémoire.

Université de Montpellier

Célèbre faculté de médecine où Nostradamus étudia à partir de 1522. Il y acquit les bases de la médecine humaniste et de la botanique médicale avant de partir soigner les pestiférés.

Salon-de-Provence

Ville où Nostradamus s'installa définitivement après son second mariage en 1547, et où il rédigea ses Centuries. Il y mourut en 1566 ; sa tombe est toujours visible dans la collégiale Saint-Laurent.

Aix-en-Provence

Ville qu'il contribua à sauver lors de la grande peste de 1546, gagnant la reconnaissance des habitants et des consuls. Cet épisode fonda durablement sa réputation de médecin hors pair.

Paris — Cour royale du Louvre

Nostradamus fut reçu à la cour en 1555 à l'invitation de Catherine de Médicis, qui lui fit dresser les horoscopes des princes. Cette visite consacra sa célébrité à l'échelle du royaume.

Voir aussi