Pasiphaé
Pasiphaé
Pasiphaé est une figure de la mythologie grecque, fille d'Hélios et épouse de Minos, roi de Crète. Frappée d'une passion contre nature pour un taureau envoyé par Poséidon, elle donna naissance au Minotaure, mi-homme mi-taureau, enfermé dans le Labyrinthe construit par Dédale.
Faits marquants
- Fille d'Hélios, dieu du Soleil, et de l'Océanide Persé
- Épouse de Minos, roi légendaire de Crète
- Minos refusa de sacrifier le taureau blanc de Poséidon, qui vengea l'affront en frappant Pasiphaé d'une passion pour l'animal
- Demanda à Dédale de construire une vache de bois pour s'unir au taureau
- De cette union naquit le Minotaure (Astérion), enfermé dans le Labyrinthe
Œuvres & réalisations
Tragédie grecque aujourd'hui perdue dans laquelle Pasiphaé défendait elle-même sa passion devant Minos, arguant que la faute incombait aux dieux. Les fragments conservés montrent une Pasiphaé lucide et tragique, victime de la colère divine.
Encyclopédie mythologique grecque qui consacre plusieurs passages détaillés au mythe de Pasiphaé, à sa passion pour le taureau, à la naissance du Minotaure et au rôle de Dédale. Source de référence pour comprendre l'ensemble des aventures crétoises.
Recueil de mythes latins qui présente Pasiphaé dans plusieurs notices, couvrant sa naissance divine, sa malédiction, la construction du Labyrinthe et la mort de ses enfants. Hygin insiste sur le caractère punisseur de la passion divine.
Ovide utilise l'histoire de Pasiphaé comme exemple extrême de passion amoureuse pour illustrer la puissance incontrôlable du désir. Le traitement est à la fois moqueur et fasciné, dans le style élégant et parfois ironique qui caractérise le poète latin.
L'historien sicilien rapporte les versions du mythe crétois et évoque les pouvoirs magiques de Pasiphaé, présentant parfois des rationalisations euheméristiques qui cherchent à donner un fondement historique aux récits mythologiques.
Anecdotes
Pasiphaé est la fille d'Hélios, le dieu du Soleil, ce qui lui confère une nature divine et des pouvoirs de sorcière redoutables. Son nom signifie littéralement « celle qui brille pour tous », rappelant son ascendance solaire. Cette double nature — mortelle comme épouse de Minos, divine comme fille d'un dieu — en fait un personnage à la frontière de deux mondes.
La passion de Pasiphaé pour le taureau blanc n'est pas présentée par les Anciens comme une folie naturelle, mais comme une punition divine : Poséidon avait envoyé ce taureau à Minos pour être sacrifié, mais le roi, ébloui par sa beauté, le garda pour lui. Le dieu de la mer se vengea en frappant Pasiphaé d'un désir irrésistible pour l'animal, faisant d'elle une victime innocente de l'orgueil de son mari.
Pour assouvir sa passion, Pasiphaé demanda l'aide de Dédale, le génie inventeur réfugié à la cour de Minos. Il construisit pour elle une vache en bois creuse, recouverte de peau véritable, dans laquelle elle put se dissimuler. Cet épisode est l'un des plus étranges de la mythologie grecque et a fasciné les poètes et philosophes de l'Antiquité, notamment Ovide dans son Art d'aimer.
Pasiphaé était aussi une puissante magicienne. Selon certaines versions du mythe, elle punit les infidélités de Minos en lui jetant un sort : chaque fois qu'il s'approchait d'une autre femme, il projetait des serpents et des scorpions plutôt que de la semence. Seule Procris, une Athénienne venue à Crète, parvint à le guérir grâce à une herbe magique. Cette facette sorcière de Pasiphaé est souvent oubliée au profit du scandale du Minotaure.
Pasiphaé est aussi la mère d'Ariane et de Phèdre, deux figures tragiques parmi les plus célèbres de la mythologie. Ariane aidera Thésée à tuer le Minotaure — son propre demi-frère — avant d'être abandonnée sur l'île de Naxos. Phèdre, épousée par Thésée, mourra après avoir déclaré sa passion coupable pour son beau-fils Hippolyte. La descendance de Pasiphaé semble ainsi marquée par la fatalité des passions impossibles, comme si la malédiction de Poséidon se transmettait de génération en génération.
Sources primaires
Poséidon, irrité contre Minos, inspira à Pasiphaé une passion pour le taureau. Pasiphaé, éprise de cet animal, s'adressa à Dédale, lequel construisit une vache de bois... Elle s'y cacha et s'unit au taureau. Elle enfanta ainsi le Minotaure, qui avait le visage d'un taureau et le corps d'un homme.
Pasiphaé s'empressa de séduire le taureau ; elle ne rougit pas de rivaliser avec les génisses. Celui qui aima une bête et une bête étrangère méritait d'être aimé par une bête.
Poséidon, pour punir Minos qui avait refusé de lui sacrifier un taureau de toute beauté, inspira à Pasiphaé, son épouse, une passion pour cet animal. Pasiphaé, aidée par Dédale, conçut le Minotaure, appelé aussi Astérion.
Dédale, génial artisan, construisit le Labyrinthe aux détours innombrables, pour y cacher la honte de Pasiphaé et la monstrueuse progéniture née de sa passion coupable.
On dit que Pasiphaé, fille du Soleil, fut douée par sa nature de pouvoirs magiques et qu'elle connaissait l'art des herbes et des philtres, par lesquels elle exerçait sa vengeance sur ceux qui offensaient Minos.
Lieux clés
Capitale du royaume de Minos et résidence de Pasiphaé en tant que reine, Cnossos est le cœur du mythe. C'est là que fut construit le Labyrinthe et que vécut le Minotaure, enfant monstrueux de Pasiphaé.
Édifice conçu par Dédale sur ordre de Minos pour y enfermer le Minotaure, le Labyrinthe est à la fois le symbole de la honte de Pasiphaé et la prison de sa progéniture. Son architecture inextricable représente l'impossible sortie hors de la malédiction.
Demeure céleste de son père, le dieu-soleil Hélios, ce palais symbolise les origines divines de Pasiphaé. C'est de là que lui vient sa nature lumineuse et ses pouvoirs surnaturels de sorcière.
Domaine de Poséidon, le dieu qui envoya le taureau blanc et maudit Pasiphaé. La mer est le lieu d'origine de la malédiction et le terrain du conflit entre Minos et les dieux, dont Pasiphaé fut la principale victime.
Île où Thésée abandonna Ariane, fille de Pasiphaé, après que celle-ci l'eut aidé à tuer le Minotaure. Ce lieu symbolise la perpétuation de la tragédie familiale de Pasiphaé à travers sa fille.
