Pernette du Guillet (vers 1520-1545) est une poétesse lyonnaise de la Renaissance, figure de l'École de Lyon. Admiratrice et correspondante de Maurice Scève, elle compose des épigrammes et des chansons d'inspiration pétrarquiste. Son recueil posthume 'Rymes' (1545) la place parmi les premières femmes poètes de la littérature française.
Pernette du Guillet(1520 — 1545)
Pernette du Guillet
France, Royaume de France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née vers 1520 à Lyon, dans un milieu cultivé
- Entretient une relation littéraire et amoureuse avec Maurice Scève, qui la surnomme 'Pasithée'
- Compose des 'Rymes' — épigrammes, chansons et épîtres — en langue française et latine
- Meurt de la peste en 1545, à environ 25 ans
- Son recueil 'Rymes' est publié à titre posthume en 1545 par son mari
Œuvres & réalisations
Unique recueil de Pernette du Guillet, publié après sa mort par son mari avec l'aide de l'éditeur Antoine du Moulin. Il rassemble des épigrammes, des chansons, des élégies et des épîtres d'inspiration pétrarquiste, faisant d'elle l'une des premières femmes poètes publiées en français.
Courts poèmes à la forme resserrée et à la chute spirituelle, inspirés des épigrammes latins et de la tradition pétrarquiste. Pernette y explore les thèmes de l'amour platonique, du savoir et de l'élévation de l'âme.
Poèmes destinés à être mis en musique, genre très prisé dans les cercles humanistes lyonnais. Pernette y mêle raffinement lyrique et méditation sur les sentiments, selon les codes de la poésie courtoise et italienne.
Poèmes de forme plus longue dans lesquels Pernette dialogue poétiquement avec Maurice Scève ou réfléchit à sa propre condition de femme lettrée. Ces textes montrent une voix plus personnelle et audacieuse pour l'époque.
Anecdotes
Pernette du Guillet reçut une éducation exceptionnelle pour une femme de son époque : elle maîtrisait le latin, le grec, l'italien et l'espagnol, et jouait de plusieurs instruments dont le luth et l'épinette. À Lyon, ville ouverte aux échanges intellectuels grâce aux foires et à l'imprimerie, cette culture rare lui permit d'intégrer les cercles humanistes de la ville dès ses premières années d'adulte.
Sa rencontre avec le poète Maurice Scève, l'une des figures majeures de l'École de Lyon, fut déterminante. Scève, fasciné par son intelligence et sa sensibilité poétique, fit d'elle sa muse et lui adressa de nombreux dizains. Leur lien, fait d'admiration mutuelle et de joutes poétiques raffinées, est considéré comme l'un des échanges littéraires les plus singuliers de la Renaissance française.
Pernette mourut à seulement vingt-cinq ans environ, en 1545, probablement emportée par une épidémie de peste qui frappa Lyon cette année-là. Son mari fit rassembler ses poèmes épars et les publia sous le titre 'Rymes' peu après sa mort, faisant d'elle l'une des toutes premières femmes poètes publiées en langue française.
Dans ses poèmes, Pernette renverse avec subtilité les codes du pétrarquisme : là où la tradition veut que la femme soit l'objet silencieux d'un amour masculin, elle prend la plume et exprime elle-même ses propres sentiments, son désir de savoir et d'élévation spirituelle. Cette audace littéraire fit d'elle une pionnière, reconnue par ses contemporains lyonnais.
Lyon, au temps de Pernette, était la capitale de l'imprimerie française, avec des ateliers comme celui de Sébastien Gryphe qui diffusaient les textes humanistes dans toute l'Europe. Pernette fréquentait ces milieux d'imprimeurs et de lettrés, ce qui lui permettait d'avoir accès aux dernières œuvres de Pétrarque, d'Érasme ou de Clément Marot, nourrissant ainsi sa propre écriture.
Sources primaires
Le trop hault bien que vous me faictes faire, / Rend mon esprit si fort éblouy d'aise, / Qu'à peine sçay si vous voudrez me plaire.
Comme Hécaté tu me feras errer / Et vif, et mort, cent ans parmy les Umbres.
Après le décès de ladite dame Pernette, son mary, animé d'un saint désir de conserver à la postérité les fruits de son beau génie, m'a chargé de recueillir et mettre en lumière ses présentes Rymes.
Non que je veuille oster la liberté / A vostre cueur : mais qu'en ma privauté / Vous receviez ce bien tant desiré.
Lieux clés
Ville natale de Pernette du Guillet et berceau de l'École de Lyon. Carrefour commercial et intellectuel, Lyon accueillait imprimeurs, humanistes et poètes qui formaient les cercles où Pernette s'épanouit comme femme de lettres.
Rue et quartier où étaient concentrées les grandes imprimeries lyonnaises du XVIe siècle, dont celle de Sébastien Gryphe. C'est dans ce milieu que circulaient les manuscrits et que les textes de Pernette prirent forme avant d'être publiés.
Capitale culturelle et politique du royaume, où résidaient la cour et les grands mécènes. Bien que Pernette fût principalement lyonnaise, Paris incarnait le centre du pouvoir littéraire vers lequel toute la République des Lettres française se tournait.
Ville natale de Pétrarque et berceau de l'humanisme italien dont s'inspira toute l'École de Lyon. Sans que Pernette y ait nécessairement voyagé, Florence représentait le modèle culturel dominant de la poésie et de la pensée qu'elle pratiquait.
Objets typiques

Instrument à cordes très en vogue dans les milieux humanistes de la Renaissance, que Pernette du Guillet maîtrisait. Plusieurs de ses poèmes évoquent la musique comme voie d'expression de l'âme et d'élévation vers l'idéal.

L'œuvre majeure du poète italien Francesco Petrarca, modèle incontournable de la poésie amoureuse de la Renaissance. Pernette s'en inspirait directement pour ses épigrammes et ses chansons, en la réinterprétant avec une voix féminine originale.

Les outils de l'écriture au XVIe siècle, que Pernette utilisait pour composer ses poèmes sur parchemin ou papier vélin. L'acte même d'écrire était une affirmation de soi rare et valorisée pour une femme de l'époque.

Ouvrage de dévotion illustré que les femmes lettrées de la Renaissance possédaient et annotaient. Il témoigne de la place de la foi et de la méditation dans le quotidien de Pernette, dont la poésie mêle fréquemment amour humain et aspiration spirituelle.

Instrument à clavier que Pernette savait jouer, selon les témoignages de ses contemporains. La pratique musicale était un signe de distinction sociale et intellectuelle dans les familles bourgeoises lyonnaises cultivées.

Lyon étant la capitale de l'imprimerie française au XVIe siècle, Pernette avait accès aux toutes dernières publications humanistes, grecques ou latines. Ces livres fraîchement imprimés circulaient dans les cercles où elle évoluait, nourrissant ses lectures et son écriture.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Pernette commençait sa journée par la prière et la lecture de son livre d'heures, pratique dévote commune dans les familles bourgeoises lyonnaises. Elle consacrait ensuite une partie de la matinée à l'étude des langues — latin, grec ou italien — et à la lecture des grands auteurs antiques et contemporains disponibles grâce aux presses lyonnaises.
Après-midi
L'après-midi était souvent dédiée à la composition poétique ou aux échanges avec les milieux intellectuels de Lyon. Pernette participait aux réunions de lettrés où l'on discutait de poésie, de philosophie néoplatonicienne et d'humanisme, et où elle pouvait rencontrer des figures comme Maurice Scève ou d'autres membres de l'École de Lyon.
Soir
Le soir, Pernette pratiquait la musique — luth ou épinette — et participait aux repas et divertissements de la société bourgeoise lyonnaise. Ces moments festifs et cultivés réunissaient parfois poètes, imprimeurs et marchands, faisant de la table un lieu de débat sur l'amour, les lettres et la vertu, selon les idéaux néoplatoniciens de l'époque.
Alimentation
La table d'une famille bourgeoise lyonnaise du XVIe siècle comprenait du pain blanc, des viandes rôties, des poissons du Rhône ou de la Saône, ainsi que des légumes et des fruits de saison. Les jours de fête ou d'invités, on servait des préparations plus élaborées, épicées à la mode Renaissance, accompagnées de vins des côteaux environnants.
Vêtements
Pernette portait des robes à corsage ajusté et à large jupe, typiques de la mode bourgeoise française du milieu du XVIe siècle, avec des tissus de qualité — soie, velours ou brocart — mais sans l'ostentation des grandes dames de la cour. Elle couvrait ses cheveux d'une coiffe ou d'un voile selon les occasions, conformément aux usages de la respectabilité féminine de l'époque.
Habitat
Pernette vivait dans une maison bourgeoise lyonnaise, probablement construite autour d'une cour intérieure à la mode italienne, avec de grandes fenêtres à meneaux laissant entrer la lumière. Sa demeure comportait une salle de réception pour les visites et un espace privé où elle pouvait étudier et écrire, entourée de livres, d'instruments de musique et des objets du quotidien raffiné d'une femme cultivée.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Rymes
1545 (posthume)
Épigrammes (dans les Rymes)
vers 1536-1545
Chansons (dans les Rymes)
vers 1536-1545
Élégies et épîtres (dans les Rymes)
vers 1536-1545






