Général d'Empire né en 1776, il perdit une jambe à la bataille de Wagram (1809). Gouverneur du château de Vincennes, il refusa de le rendre aux Alliés en 1814 et 1815, lançant la célèbre réplique sur sa jambe. Il mourut du choléra en 1832.
Pierre Daumesnil(1776 — 1832)
Pierre Daumesnil
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je rendrai Vincennes quand on me rendra ma jambe.»
Faits marquants
- Né le 27 juillet 1776 à Périgueux
- Perd sa jambe droite à la bataille de Wagram en 1809
- Nommé gouverneur du château de Vincennes en 1812
- Refuse de capituler devant les Alliés en 1814 et en 1815
- Meurt du choléra le 17 août 1832 à Vincennes
Œuvres & réalisations
Lors de la première abdication de Napoléon, Daumesnil refusa de livrer la forteresse aux puissances coalisées, tenant la place avec sa garnison jusqu'à la capitulation officielle. Cet acte de résistance symbolique lui valut une renommée nationale immédiate.
Après la défaite de Waterloo et la seconde abdication de Napoléon, Daumesnil réédita son exploit de 1814 en refusant de nouveau de capituler. Sa résistance obstinée, face à une France militairement vaincue, en fit un héros populaire pour tous les partisans de l'Empire.
Comme cavalier d'élite dans les Guides de Bonaparte, Daumesnil se distingua lors des combats d'Aboukir et de la campagne d'Orient. Cette expédition forgea sa réputation de soldat intrépide aux côtés du futur Napoléon.
Daumesnil fit ses premières armes lors de la fulgurante campagne d'Italie de Bonaparte, où les victoires répétées contre l'Autriche révélèrent le génie militaire du futur Empereur et trempèrent la génération des futurs généraux d'Empire.
Nommé gouverneur par Napoléon en récompense de ses blessures de guerre, Daumesnil administra et défendit la forteresse royale de Vincennes pendant vingt ans, sous trois régimes politiques successifs, incarnant une continuité de l'État militaire français.
Anecdotes
En 1814, lorsque les troupes alliées exigèrent la reddition du château de Vincennes, Daumesnil, gouverneur de la place, répondit avec une fierté légendaire : « Qu'on me rende ma jambe et je rendrai Vincennes. » Cette réplique, aussitôt rapportée dans toute la France, fit de lui un symbole vivant de la résistance napoléonienne face à l'occupation étrangère.
Daumesnil perdit sa jambe droite lors de la bataille de Wagram, le 6 juillet 1809, emportée par un boulet de canon autrichien. Transporté hors du champ de bataille, il fut amputé dans les heures suivantes. Napoléon, admiratif de son courage, lui rendit visite et l'assura de sa protection, ce qui valut bientôt à Daumesnil le surnom populaire de « Jambe de bois ».
Lors des Cent-Jours en 1815, Daumesnil défendit à nouveau le château de Vincennes après la seconde abdication de Napoléon, refusant une nouvelle fois de capituler devant les Alliés. Il ne rendit la forteresse qu'après la capitulation totale des forces françaises, tenant ainsi sa parole d'honneur jusqu'au bout.
Daumesnil avait accompagné Bonaparte lors de la campagne d'Égypte (1798-1799), servant dans les Guides du Directoire, unité de cavalerie légère d'élite constituant l'escorte personnelle du général en chef. Il fut blessé lors de la bataille d'Aboukir et s'y distingua par une bravoure remarquée de ses supérieurs.
Pendant l'épidémie de choléra qui ravagea Paris et sa région en 1832, Daumesnil refusa d'abandonner son poste de gouverneur de Vincennes malgré le danger. Il succomba à la maladie le 17 août 1832 et fut pleuré par de nombreux anciens soldats de la Grande Armée qui voyaient en lui l'incarnation des vertus militaires de l'épopée napoléonienne.
Sources primaires
Le général de brigade Daumesnil a eu la jambe emportée par un boulet ; il a montré dans cette circonstance la plus grande intrépidité.
Le général Daumesnil, gouverneur du château de Vincennes, a repoussé toutes les sommations des puissances alliées, déclarant qu'il ne rendrait la place que sur ordre exprès du gouvernement français légitime.
Daumesnil, ce brave entre les braves, mutilé à Wagram, tint tête aux armées coalisées avec une poignée de soldats dans le vieux château de Vincennes, refusant de se rendre malgré les sommations répétées des vainqueurs.
L'Empereur parla avec émotion du général Daumesnil et de sa défense de Vincennes, disant que de tels actes honoraient la France et prouvaient que l'esprit de la Grande Armée survivrait à sa défaite.
Le dix-sept août mil huit cent trente-deux est décédé Pierre Daumesnil, général de division, gouverneur du château de Vincennes, né à Périgueux le vingt-sept juillet mil sept cent soixante-seize.
Lieux clés
Ville natale de Pierre Daumesnil, né le 27 juillet 1776. Cette cité du Périgord lui a rendu hommage en donnant son nom à une rue et en conservant sa mémoire.
Forteresse médiévale aux portes de Paris dont Daumesnil fut gouverneur de 1812 à sa mort en 1832. C'est ici qu'il prononça sa célèbre réplique, qu'il résista deux fois aux Alliés, et qu'il mourut du choléra.
Lieu de la bataille des 5-6 juillet 1809 où Daumesnil fut grièvement blessé et perdit sa jambe droite emportée par un boulet autrichien. Cet événement marqua à jamais son identité et sa légende.
Théâtre de la campagne d'Orient (1798-1799) à laquelle Daumesnil participa comme Guide de Bonaparte. Il y fut blessé lors de la bataille d'Aboukir et traversa pour la première fois un conflit hors d'Europe.
Région de la première campagne d'Italie (1796-1797) où Daumesnil, jeune cavalier dans les Guides de Bonaparte, reçut le baptême du feu et se distingua par un courage salué par ses officiers.
Objets typiques

Après l'amputation de sa jambe droite à Wagram en 1809, Daumesnil portait une prothèse en bois articulée, qui devint l'emblème de sa résistance et lui valut son surnom populaire de « Jambe de bois ».

Arme réglementaire des Chasseurs à cheval de la Garde impériale, à lame courbe adaptée aux charges à cheval. Daumesnil la portait lors des campagnes d'Italie et d'Égypte.

Habit bleu nuit à broderies d'or, épaulettes à grosses torsades d'or, pantalon de drap bleu — la tenue du général d'Empire, que Daumesnil portait lors des cérémonies et inspections au château de Vincennes.

Coiffure caractéristique des officiers généraux napoléoniens, porté en bataille de gauche à droite, orné d'une cocarde tricolore et d'un plumet. Symbole visible du rang et de l'autorité militaire.

Créée par Napoléon en 1802, cette distinction récompensait les mérites militaires exceptionnels. Daumesnil en était titulaire en reconnaissance de ses actes de bravoure lors des campagnes de la Révolution et de l'Empire.

Les pièces d'artillerie dont Daumesnil assura la conservation et la mise en défense furent les instruments concrets de sa résistance face aux Alliés en 1814 et 1815 ; les refuser revenait à refuser de capituler.

En tant que gouverneur, Daumesnil détenait symboliquement et physiquement les clefs du château de Vincennes — l'objet même que les Alliés lui réclamaient et qu'il refusa catégoriquement de remettre.
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Vie quotidienne
Matin
Le général Daumesnil se levait tôt, selon la tradition militaire immuable de l'époque. Sa matinée commençait par une inspection des gardes et des fortifications du château de Vincennes, où il se déplaçait malgré sa prothèse avec une énergie qui impressionnait ses soldats. Il recevait ensuite les rapports de ses officiers subalternes et dictait sa correspondance administrative au secrétaire de la garnison.
Après-midi
L'après-midi était consacré à l'entraînement de la garnison, à l'entretien des pièces d'artillerie et aux affaires courantes du gouvernorat. Daumesnil recevait les visiteurs — civils, militaires ou simples curieux — qui venaient nombreux voir l'homme à la jambe de bois dont la réputation avait traversé la France. Il supervisait également les travaux d'entretien de la vieille forteresse.
Soir
Le soir, Daumesnil retrouvait sa famille : il avait épousé Léonie Pellet en 1812 et eut plusieurs enfants. Les officiers de la garnison se réunissaient parfois à sa table, où l'on évoquait les campagnes passées autour d'un verre de vin. Comme beaucoup d'anciens de la Grande Armée, il lisait les gazettes et suivait avec une nostalgie mélancolique les nouvelles de l'exil de Napoléon à Sainte-Hélène.
Alimentation
L'alimentation d'un général gouverneur était celle de la bourgeoisie militaire : pain blanc, viandes rôties ou en ragoût, légumes et vin de table. Les repas étaient copieux selon la tradition militaire. Le bouillon de viande, le café noir très fort et le pain de froment constituaient les bases du quotidien des officiers généraux de l'époque napoléonienne et de la Restauration.
Vêtements
En service, Daumesnil portait l'uniforme de général de division : habit bleu nuit à broderies d'or, épaulettes à grosses torsades, culotte blanche pour les cérémonies ou pantalon de drap bleu foncé au quotidien. Sa jambe de bois s'accommodait d'une botte spécialement adaptée par un bottier parisien. En dehors du service, les généraux de l'Empire restaient souvent en redingote sombre boutonnée haut, gardant une allure militaire en toutes circonstances.
Habitat
Daumesnil résidait avec sa famille dans les appartements du gouverneur au sein même du château de Vincennes, demeure austère mais chargée d'histoire royale. Ces logements comprenaient plusieurs pièces meublées selon le goût Empire — acajou, bronze doré, tissus sombres — ornées de quelques souvenirs de campagne : armes, cartes militaires, portraits de Napoléon et décorations exposées en témoignage d'une vie entière consacrée à la guerre.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Défense du château de Vincennes face aux Alliés
Avril 1814
Seconde défense de Vincennes après Waterloo
Juillet 1815
Participation à la campagne d'Égypte
1798-1799
Campagnes d'Italie et participation aux victoires de la Révolution
1796-1797
Gouvernorat du château de Vincennes
1812-1832






