Pierre Desproges (1939-1988) est un humoriste, chroniqueur et écrivain français. Maître de l'humour noir et absurde, il a marqué la scène et la radio françaises par son verbe cinglant et son érudition. Il est mort d'un cancer à 48 ans.
Pierre Desproges(1939 — 1988)
Pierre Desproges
France
6 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui.»
« Étonnant, non ?»
« Vivons heureux en attendant la mort.»
Faits marquants
- Né le 9 mai 1939 à Pantin, mort le 18 avril 1988 à Paris.
- Se fait connaître en 1975 dans l'émission télévisée « Le Petit Rapporteur » de Jacques Martin.
- Anime de 1982 à 1983 les célèbres « réquisitoires » du Tribunal des flagrants délires sur France Inter.
- Crée ses spectacles solo au théâtre Fontaine et au théâtre Grévin (1984, 1986).
- Publie plusieurs recueils dont « Les Réquisitoires du Tribunal des flagrants délires » et « Chroniques de la haine ordinaire ».
Œuvres & réalisations
Émission satirique de Jacques Martin où il se révèle au public avec ses fausses interviews absurdes.
Émission culte de France Inter où il tient le rôle du procureur ; ses réquisitoires deviennent des morceaux d'anthologie.
Son premier grand one-man-show, qui impose son humour noir et son style littéraire sur scène.
Série de chroniques radiophoniques sur France Inter, publiées ensuite en livre, chef-d'œuvre d'ironie mordante.
Recueil posthume de textes divers témoignant de la richesse de son écriture.
Publication de ses spectacles, qui prolonge en librairie le succès de ses one-man-shows.
Parodie de manuel de bonnes manières, satire féroce et hilarante des conventions sociales.
Second grand spectacle solo qui confirme son statut de maître de l'humour d'auteur.
Anecdotes
En 1975, Pierre Desproges rejoint l'équipe du « Petit Rapporteur », l'émission satirique de Jacques Martin. Il s'y fait remarquer par une fausse interview de l'écrivain Françoise Sagan où il enchaîne des questions absurdes et déstabilisantes, révélant son humour à froid qui deviendra sa marque de fabrique.
De 1982 à 1983, Desproges tient sur France Inter la chronique du « Tribunal des flagrants délires ». Chaque jour, en tant que faux procureur, il « réquisitionne » contre un invité célèbre. Son réquisitoire le plus fameux vise Jean-Marie Le Pen, qu'il ouvre par la formule provocante : « Peut-on rire de tout ? Peut-on rire avec tout le monde ? »
Sa phrase la plus célèbre, « On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui », résume sa conception de l'humour noir. Il l'a développée notamment à propos des sujets tabous comme la mort, la maladie ou les tragédies de l'Histoire, qu'il abordait avec une érudition et une précision de langage rares.
Atteint d'un cancer du poumon, Desproges a continué à jouer et à écrire jusqu'à la fin, plaisantant sur sa propre mort. Il disait ironiquement : « Étonnant, non ? », formule qui ponctuait ses « Chroniques de la haine ordinaire ». Il meurt le 18 avril 1988 à seulement 48 ans.
Grand amateur de gastronomie et de bons vins, Desproges cultivait aussi son goût pour la langue française classique. Il émaillait ses textes de mots rares et de tournures littéraires soignées, contraste saisissant avec la crudité de certains de ses propos, ce qui donnait à son comique une dimension savante et raffinée.
Sources primaires
Peut-on rire de tout ? Peut-on rire avec tout le monde ? À la première question je répondrai oui sans hésiter... Peut-on rire avec tout le monde ? C'est difficile.
Étonnant, non ?
Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien.
On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui.
Lieux clés
Ville de la banlieue nord-est de Paris où Pierre Desproges naît le 9 mai 1939.
Village du Limousin où Desproges passe une partie de son enfance et auquel il reste attaché ; il y est enterré.
Siège de Radio France où il enregistre « Le Tribunal des flagrants délires » et « Les Chroniques de la haine ordinaire ».
Salle parisienne où il triomphe avec ses one-man-shows dans les années 1980.
Capitale où se déroule l'essentiel de sa carrière de chroniqueur, écrivain et homme de scène ; il y meurt le 18 avril 1988.
Objets typiques

Outil central de ses chroniques radiophoniques sur France Inter, où sa voix et son phrasé faisaient tout le comique. La radio fut son terrain de prédilection.

Costume qu'il endossait au « Tribunal des flagrants délires » pour parodier la justice. L'attirail judiciaire servait de cadre à ses réquisitoires satiriques.

Instrument de travail de l'écrivain-chroniqueur, sur lequel il ciselait ses textes à la langue soignée. L'écriture précédait toujours la scène.
📷 Domaine public · Wikimedia Commons ↗
Fumeur invétéré, la cigarette accompagnait sa silhouette de scène. Le cancer du poumon qui l'emporta était lié au tabac.
📷 Domaine public · Wikimedia Commons ↗
Compagnon de l'érudit, il puisait dans le vocabulaire rare et classique pour construire ses effets comiques. Sa maîtrise de la langue faisait sa singularité.

Amateur de gastronomie et d'œnologie, il célébrait les plaisirs de la table dans ses textes. Le bon vin faisait partie de son art de vivre revendiqué.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
Écrivain méticuleux, Desproges consacrait ses matinées à l'écriture, ciselant ses textes mot à mot à la machine à écrire. Il retravaillait sans relâche ses chroniques et réquisitoires pour en peaufiner chaque effet.
Après-midi
L'après-midi pouvait être occupé par les enregistrements radio à la Maison de la Radio ou par la préparation de ses spectacles. Il lisait beaucoup, entretenant son érudition et sa collection de mots rares.
Soir
Les soirées de tournée étaient dédiées à la scène, où il jouait ses one-man-shows dans les théâtres parisiens et de province. Après le spectacle, il aimait retrouver ses proches autour d'une bonne table.
Alimentation
Fin gourmet et amateur de gastronomie française, il appréciait la cuisine soignée et les grands vins. Le plaisir de la table tenait une place importante dans son art de vivre.
Vêtements
Sur scène comme à la ville, il arborait volontiers un style sobre et élégant, costume et cravate. Au « Tribunal des flagrants délires », il revêtait la robe et la toque de procureur.
Habitat
Il partageait sa vie entre Paris, cœur de son activité professionnelle, et le Limousin, région de son enfance à laquelle il restait profondément attaché. Châlus, en Haute-Vienne, était son ancrage familial.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Petit Rapporteur
1975-1976
Le Tribunal des flagrants délires
1980-1983
Vivons heureux en attendant la mort
1983
Les Chroniques de la haine ordinaire
1986
Fonds de tiroir
1990
Textes de scène
1988
Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis
1981






