Biographie

Pierre Desproges (1939-1988) est un humoriste, chroniqueur et écrivain français. Maître de l'humour noir et absurde, il a marqué la scène et la radio françaises par son verbe cinglant et son érudition. Il est mort d'un cancer à 48 ans.

Pierre Desproges(1939 — 1988)

Pierre Desproges

France

6 min de lecture

SpectacleLettresHumoristeÉcrivain(e)XXe siècleFrance de la seconde moitié du 20e siècle : Ve République, essor de la télévision et de la radio comme médias de masse, montée du one-man-show et de l'humour d'auteur dans les années 1970-1980.

Questions fréquentes

Pierre Desproges (1939-1988) était un humoriste et chroniqueur français, célèbre pour son humour noir, son ironie mordante et son art du paradoxe. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il a su mêler un langage soutenu à des sujets graves comme la mort, la religion ou la politique, ce qui lui a valu le surnom de « l'humoriste de service » au Petit Rapporteur et au Tribunal des flagrants délires. Moins un comique de scène qu'un écrivain de l'absurde, il a marqué les années 1970-1980 par son style inimitable.

Citations célèbres

« On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui.»
« Étonnant, non ?»
« Vivons heureux en attendant la mort.»

Faits marquants

  • Né le 9 mai 1939 à Pantin, mort le 18 avril 1988 à Paris.
  • Se fait connaître en 1975 dans l'émission télévisée « Le Petit Rapporteur » de Jacques Martin.
  • Anime de 1982 à 1983 les célèbres « réquisitoires » du Tribunal des flagrants délires sur France Inter.
  • Crée ses spectacles solo au théâtre Fontaine et au théâtre Grévin (1984, 1986).
  • Publie plusieurs recueils dont « Les Réquisitoires du Tribunal des flagrants délires » et « Chroniques de la haine ordinaire ».

Œuvres & réalisations

Le Petit Rapporteur (1975-1976)

Émission satirique de Jacques Martin où il se révèle au public avec ses fausses interviews absurdes.

Le Tribunal des flagrants délires (1980-1983)

Émission culte de France Inter où il tient le rôle du procureur ; ses réquisitoires deviennent des morceaux d'anthologie.

Vivons heureux en attendant la mort (1983)

Son premier grand one-man-show, qui impose son humour noir et son style littéraire sur scène.

Les Chroniques de la haine ordinaire (1986)

Série de chroniques radiophoniques sur France Inter, publiées ensuite en livre, chef-d'œuvre d'ironie mordante.

Fonds de tiroir (1990)

Recueil posthume de textes divers témoignant de la richesse de son écriture.

Textes de scène (1988)

Publication de ses spectacles, qui prolonge en librairie le succès de ses one-man-shows.

Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis (1981)

Parodie de manuel de bonnes manières, satire féroce et hilarante des conventions sociales.

Pierre Desproges se donne en spectacle (1986)

Second grand spectacle solo qui confirme son statut de maître de l'humour d'auteur.

Anecdotes

En 1975, Pierre Desproges rejoint l'équipe du « Petit Rapporteur », l'émission satirique de Jacques Martin. Il s'y fait remarquer par une fausse interview de l'écrivain Françoise Sagan où il enchaîne des questions absurdes et déstabilisantes, révélant son humour à froid qui deviendra sa marque de fabrique.

De 1982 à 1983, Desproges tient sur France Inter la chronique du « Tribunal des flagrants délires ». Chaque jour, en tant que faux procureur, il « réquisitionne » contre un invité célèbre. Son réquisitoire le plus fameux vise Jean-Marie Le Pen, qu'il ouvre par la formule provocante : « Peut-on rire de tout ? Peut-on rire avec tout le monde ? »

Sa phrase la plus célèbre, « On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui », résume sa conception de l'humour noir. Il l'a développée notamment à propos des sujets tabous comme la mort, la maladie ou les tragédies de l'Histoire, qu'il abordait avec une érudition et une précision de langage rares.

Atteint d'un cancer du poumon, Desproges a continué à jouer et à écrire jusqu'à la fin, plaisantant sur sa propre mort. Il disait ironiquement : « Étonnant, non ? », formule qui ponctuait ses « Chroniques de la haine ordinaire ». Il meurt le 18 avril 1988 à seulement 48 ans.

Grand amateur de gastronomie et de bons vins, Desproges cultivait aussi son goût pour la langue française classique. Il émaillait ses textes de mots rares et de tournures littéraires soignées, contraste saisissant avec la crudité de certains de ses propos, ce qui donnait à son comique une dimension savante et raffinée.

Sources primaires

Réquisitoire contre Jean-Marie Le Pen, Le Tribunal des flagrants délires (France Inter) (28 septembre 1982)
Peut-on rire de tout ? Peut-on rire avec tout le monde ? À la première question je répondrai oui sans hésiter... Peut-on rire avec tout le monde ? C'est difficile.
Les Chroniques de la haine ordinaire (France Inter) (1986)
Étonnant, non ?
Vivons heureux en attendant la mort (spectacle) (1983)
Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien.
Textes de scène (années 1980)
On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui.

Lieux clés

Pantin

Ville de la banlieue nord-est de Paris où Pierre Desproges naît le 9 mai 1939.

Châlus (Haute-Vienne)

Village du Limousin où Desproges passe une partie de son enfance et auquel il reste attaché ; il y est enterré.

Maison de la Radio, Paris

Siège de Radio France où il enregistre « Le Tribunal des flagrants délires » et « Les Chroniques de la haine ordinaire ».

Théâtre Fontaine, Paris

Salle parisienne où il triomphe avec ses one-man-shows dans les années 1980.

Paris

Capitale où se déroule l'essentiel de sa carrière de chroniqueur, écrivain et homme de scène ; il y meurt le 18 avril 1988.

Voir aussi