Pierre Georges (Colonel Fabien)

Pierre Georges, dit Colonel Fabien

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MilitairePolitiqueRésistant(e)XXe siècleSeconde Guerre mondiale, Occupation allemande de la France (1940-1944)

Militant communiste et résistant français, il devient célèbre pour avoir abattu l'aspirant allemand Alfons Moser dans le métro parisien le 21 août 1941, premier attentat armé contre l'occupant nazi à Paris. Il combat ensuite dans les FTP puis à la tête d'une brigade de la France libre, et meurt au combat en Alsace en décembre 1944.

Faits marquants

  • Né le 21 janvier 1919 à Jarry (Guadeloupe), fils d'un cheminot militant communiste
  • 21 août 1941 : abat l'aspirant allemand Alfons Moser sur le quai du métro Barbès-Rochechouart — premier attentat armé contre l'occupant à Paris
  • Devient l'un des principaux chefs des Francs-tireurs et partisans (FTP) en Île-de-France
  • Participe à la Libération de Paris en août 1944 à la tête de la brigade Fabien
  • Meurt le 27 décembre 1944, tué par une mine en Alsace lors des combats de la Libération

Œuvres & réalisations

Attentat de Barbès-Rochechouart (21 août 1941)

Premier acte de résistance armée contre l'occupant nazi à Paris : en abattant l'aspirant Alfons Moser dans le métro, Pierre Georges ouvrit une nouvelle phase de la lutte de libération et démontra que la résistance armée urbaine était possible malgré l'omniprésence de l'ennemi.

Organisation et commandement des groupes FTP en région parisienne (1942-1944)

Pierre Georges participa à la structuration clandestine des Francs-Tireurs et Partisans, recrutant et formant des combattants malgré la répression de la Gestapo et la surveillance de la police française collaboratrice.

Participation à l'insurrection de Paris (Août 1944)

Colonel Fabien et ses hommes des FTP prirent part aux combats de rues lors de l'insurrection parisienne d'août 1944, contribuant à la libération de la capitale aux côtés de la 2e Division blindée du général Leclerc.

Commandement de la 151e Brigade (Brigade Fabien) (Automne-hiver 1944)

Intégré à l'armée régulière française après la Libération de Paris, il commanda cette unité dans les combats d'Alsace, conduisant d'anciens maquisards et résistants dans une guerre de position régulière jusqu'à sa mort au combat.

Anecdotes

Le 21 août 1941, à 22 ans, Pierre Georges attend sur le quai de la station Barbès-Rochechouart. Lorsque l'aspirant allemand Alfons Moser descend du train, il l'abat d'une balle dans la nuque et disparaît dans la foule. C'est le premier attentat armé contre l'occupant nazi à Paris, un acte qui ouvre une nouvelle phase de la Résistance urbaine.

Avant la Résistance française, Pierre Georges avait déjà pris les armes dès 1936 dans la guerre civile espagnole, aux côtés des Brigades internationales. Adolescent ouvrier, il avait rejoint ces volontaires antifascistes venus du monde entier défendre la République espagnole contre Franco, Mussolini et Hitler.

En représailles à l'attentat de Barbès, les Allemands fusillèrent immédiatement trois otages français, puis en exigèrent l'exécution de près d'une centaine d'autres. Cette politique de terreur collective visait à isoler les résistants, mais suscita souvent davantage de vocations dans la clandestinité.

Simple militant ouvrier communiste, Pierre Georges gravit rapidement les échelons de la résistance armée. Sous le pseudonyme 'Colonel Fabien', il commanda en 1944 la 151e Brigade, une unité intégrée à l'armée française régulière qui participa aux combats de libération de l'Alsace.

Pierre Georges mourut le 27 décembre 1944, tué par une mine en Alsace, à seulement 25 ans, alors que la victoire finale était toute proche. Son nom fut donné à une place du 19e arrondissement de Paris, où le siège du PCF conçu par Oscar Niemeyer perpétue sa mémoire.

Sources primaires

Rapport de la Kommandantur de Paris sur l'attentat de Barbès-Rochechouart (22 août 1941)
Le 21 août 1941, l'aspirant Alfons Moser, de la Kriegsmarine, a été abattu sur le quai de la station de métro Barbès-Rochechouart par un individu non identifié ayant pris la fuite. Des mesures de représailles ont été immédiatement ordonnées contre la population civile française.
Tract FTP diffusé après l'attentat de Barbès (Août 1941)
Des patriotes français ont frappé l'ennemi nazi en plein Paris. Chaque Français doit comprendre que la lutte armée est la seule réponse à l'occupation barbare. Les Francs-Tireurs et Partisans appellent le peuple à rejoindre la résistance active contre l'envahisseur.
L'Humanité clandestine — numéro clandestin (Septembre 1941)
Les patriotes français ont montré que l'occupant nazi n'est pas invincible sur notre sol. L'action du 21 août ouvre une nouvelle phase de la lutte de libération nationale. La résistance armée s'organise et s'étend dans tout le pays.
Rapport du commandement des FFI sur la 151e Brigade (Décembre 1944)
La 151e Brigade, placée sous le commandement du Colonel Fabien, a participé aux opérations de libération de l'Alsace à partir de novembre 1944, s'illustrant dans plusieurs engagements contre les positions allemandes retranchées dans la plaine rhénane.
Déclaration officielle du ministère des Anciens combattants — Citation à l'ordre de la Nation (1945)
Pierre Georges, dit Colonel Fabien, officier des Forces françaises de l'Intérieur, s'est illustré par un courage exceptionnel dans la lutte contre l'occupant nazi, du premier attentat armé de Paris en août 1941 jusqu'à sa mort héroïque au combat en Alsace le 27 décembre 1944.

Lieux clés

Station de métro Barbès-Rochechouart, Paris

C'est sur ce quai du métro parisien que Pierre Georges abattit l'aspirant allemand Alfons Moser le 21 août 1941, commettant le premier attentat armé contre l'occupant nazi à Paris. Ce lieu symbolise le basculement de la Résistance vers la lutte armée urbaine.

Place du Colonel Fabien, Paris (19e arrondissement)

Quartier populaire et ouvrier où Pierre Georges grandit et milita au PCF. La place qui porte aujourd'hui son nom abrite le siège du PCF conçu par l'architecte Oscar Niemeyer, devenu un lieu de mémoire de la résistance communiste française.

Fronts de la guerre civile espagnole (Espagne)

Pierre Georges combattit aux côtés des Brigades internationales lors de la guerre civile espagnole entre 1936 et 1939, acquérant une formation militaire et une expérience du combat armé contre le fascisme qui façonnèrent durablement son engagement résistant.

Habsheim, Alsace

C'est près de ce village alsacien que Pierre Georges mourut le 27 décembre 1944, tué par l'explosion d'une mine alors qu'il commandait la 151e Brigade dans les dernières semaines de la libération de l'Alsace.

Cimetière d'Ivry-sur-Seine

Pierre Georges fut inhumé à Ivry-sur-Seine, commune ouvrière de la banlieue parisienne surnommée 'la ville rouge' pour son fort ancrage communiste. Sa tombe est devenue un lieu de recueillement pour les héritiers de la résistance communiste.

Voir aussi