Rhéa

Rhéa

MythologieSpiritualitéAvant J.-C.Mythologie grecque antique — ère des Titans, avant le règne de Zeus sur l'Olympe

Titanide de la mythologie grecque, fille d'Ouranos et de Gaïa, épouse de Cronos. Mère des six grands dieux olympiens, elle sauva Zeus en substituant une pierre emmaillotée à l'enfant pour tromper Cronos. Assimilée à Cybèle, elle est vénérée comme Grande Mère de tous les dieux.

Faits marquants

  • Fille d'Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (la Terre), Rhéa est l'une des douze Titans de la première génération divine
  • Épouse de Cronos, elle lui donna six enfants : Hestia, Déméter, Héra, Hadès, Poséidon et Zeus
  • Pour soustraire Zeus à Cronos qui dévorait ses enfants, elle lui remit une pierre emmaillotée et cacha le nouveau-né en Crète
  • Zeus, parvenu à l'âge adulte, renversa Cronos et libéra ses frères et sœurs lors de la Titanomachie
  • Assimilée à Cybèle dans le syncrétisme gréco-phrygien, son culte se répandit dans tout le monde méditerranéen antique

Œuvres & réalisations

Théogonie (Hésiode) (VIIIe–VIIe siècle av. J.-C.)

Poème cosmogonique constituant la source principale sur Rhéa, détaillant sa généalogie titanesque, son mariage avec Cronos et la ruse décisive de la pierre emmaillotée.

Hymne homérique à la Mère des dieux (VIIe–VIe siècle av. J.-C.)

Court hymne liturgique consacré à Rhéa vénérée comme mère cosmique universelle, décrivant son culte extatique accompagné de tambourins, de flûtes et de lions.

Hymne orphique XIV à Rhéa (IIIe–IVe siècle apr. J.-C.)

Hymne de la tradition orphique célébrant Rhéa comme source universelle de toute vie, utilisé dans les cérémonies initiatiques des mystères grecs tardifs.

Temple de la Magna Mater (Palatin, Rome) (191 av. J.-C.)

Premier grand temple romain dédié à Cybèle-Rhéa, consacré sur le Palatin. Il marqua l'intégration officielle du culte de la Grande Mère dans la religion d'État romaine.

Bibliothèque mythologique (Apollodore) (IIe siècle apr. J.-C.)

Compilation mythologique grecque qui synthétise toutes les traditions relatives à Rhéa, à ses enfants olympiens et aux événements de la Titanomachie.

Anecdotes

Rhéa était la fille du ciel (Ouranos) et de la terre (Gaïa). Son époux Cronos, ayant appris d'une prophétie qu'un de ses enfants le détrônerait, avala chacun d'eux à leur naissance. Rhéa vit ainsi ses cinq premiers enfants — Hestia, Déméter, Héra, Hadès et Poséidon — disparaître dans le ventre de leur propre père.

Lorsque Zeus allait naître, Rhéa refusa de perdre un sixième enfant. Elle s'enfuit secrètement en Crète et accoucha dans une grotte du mont Ida. À son retour, elle présenta à Cronos une pierre enveloppée dans des langes à la place du nourrisson : le dieu avala la ruse sans s'en apercevoir.

Pour protéger le bébé Zeus, Rhéa le confia à des guerriers crétois appelés Courètes. Ces gardiens frappaient bruyamment leurs lances contre leurs boucliers pour couvrir les pleurs du nourrisson et empêcher Cronos de l'entendre. Cette cacophonie organisée permit à Zeus de grandir à l'abri de toute découverte.

Les Grecs assimilèrent Rhéa à Cybèle, la Grande Mère phrygienne vénérée en Anatolie. Son culte se répandit jusqu'à Rome sous le nom de Magna Mater en 204 av. J.-C. Rhéa-Cybèle était représentée trônant sur un char tiré par des lions, coiffée d'une couronne en forme de remparts — symbole de sa puissance souveraine sur la nature et sur les cités.

Sources primaires

Théogonie (Hésiode) (VIIIe–VIIe siècle av. J.-C.)
Rhéa s'unit à Cronos et enfanta de brillants enfants : Hestia, Déméter et Héra aux sandales d'or, le puissant Hadès, Poséidon l'ébranleur de la terre, et Zeus le sage, père des dieux et des hommes.
Hymnes homériques — Hymne à la Mère des dieux (VIIe–VIe siècle av. J.-C.)
Chante-moi la mère de tous les dieux et de tous les hommes, aimant le fracas du tambourin et du tympanon, aimant la clameur des flûtes, le hurlement des loups et des lions à l'œil vif.
Bibliothèque mythologique (Apollodore) (Ier–IIe siècle apr. J.-C.)
Rhéa, irritée par le sort de ses enfants, se rendit en Crète lorsqu'elle fut enceinte de Zeus. Elle le mit au monde dans la grotte du Dicté et le confia, pour qu'il fût élevé, aux Courètes et aux nymphes Adraste et Ida.
Hymnes orphiques — Hymne XIV à Rhéa (IIIe–IVe siècle apr. J.-C.)
Rhéa vénérable, mère des bienheureux immortels, source de toutes choses, maîtresse des tambourins sacrés, porteuse du sceptre, déesse qui fais retentir les grottes de tes cris.
Bibliothèque historique, Livre V (Diodore de Sicile) (Ier siècle av. J.-C.)
Les Crétois racontaient que Rhéa avait caché Zeus dans l'île et que les Courètes, sur ordre de la déesse, frappaient leurs boucliers de leurs lances pour empêcher que les pleurs de l'enfant ne parviennent jusqu'à Cronos.

Lieux clés

Grotte du mont Ida (Crète)

Lieu mythique où Rhéa aurait mis Zeus au monde et où l'enfant divin grandit à l'abri de Cronos. Ce site crétois fut un lieu de pèlerinage tout au long de l'Antiquité.

Grotte du mont Dicté (Crète)

Second site crétois associé à la naissance de Zeus selon d'autres traditions. La grotte psychrienne de ce massif contenait des offrandes votives dès le IIe millénaire av. J.-C.

Pessinonte (Phrygie)

Cité d'Anatolie (actuelle Turquie) qui fut le grand centre du culte de Cybèle assimilée à Rhéa. C'est de là que la pierre sacrée de Cybèle fut apportée à Rome en 204 av. J.-C.

Mont Olympe

Demeure des dieux olympiens, tous enfants de Rhéa, après leur victoire sur les Titans. La déesse y est honorée comme mère et ancêtre de l'ensemble du panthéon grec.

Palatin (Rome)

Colline romaine où fut érigé le temple de la Magna Mater après 204 av. J.-C. Ce sanctuaire devint le cœur du culte officiel de Rhéa-Cybèle dans l'Empire romain.

Voir aussi