Esclave d'origine ukrainienne, elle devint l'épouse légale de Soliman le Magnifique, première concubine à être officiellement affranchie et épousée par un sultan ottoman. Son influence sur la politique de la Sublime Porte fut considérable tout au long du XVIe siècle.
Roxelane
Roxelane
Empire ottoman
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née vers 1502 en Ruthénie (actuelle Ukraine), capturée et réduite en esclavage vers 1515-1520
- Devient la favorite de Soliman le Magnifique et est affranchie, puis épousée officiellement vers 1534
- Première concubine à être légalement épousée par un sultan ottoman, brisant un tabou dynastique
- Exerce une influence directe sur la politique ottomane, notamment dans les nominations et la succession
- Décède en 1558 à Constantinople ; son fils Sélim II lui succède sur le trône
Œuvres & réalisations
Vaste ensemble charitable à Istanbul financé par Hürrem, l'un des premiers grands complexes ottomans commandités par une femme. Il témoigne de son immense fortune personnelle et de son ancrage dans la tradition du mécénat impérial.
Hürrem fit construire ce hammam public à proximité de la grande mosquée Sainte-Sophie, répondant aux besoins des fidèles. Il est aujourd'hui classé monument historique et porte toujours son nom.
Fondation pieuse financée par Hürrem dans la ville sainte pour accueillir et nourrir les pèlerins. Cet acte de générosité renforçait son image de souveraine pieuse et légitimait son statut exceptionnel.
Hürrem entretint une correspondance personnelle avec plusieurs souverains étrangers, notamment le roi de Pologne. Ces lettres constituent un corpus unique témoignant d'un rôle actif dans la diplomatie ottomane, sans précédent pour une femme de harem.
Anecdotes
Capturée lors d'un raid tatar en Ruthénie (actuelle Ukraine) vers 1515-1520, la jeune esclave reçut le surnom turc de « Hürrem » (« la joyeuse ») en raison de son rire communicatif et de son esprit vif, des qualités rares dans un harem habitué à la discrétion. Ce surnom allait lui rester jusqu'à sa mort.
En 1533-1534, Soliman le Magnifique fit l'impensable : il affranchit officiellement Hürrem et l'épousa lors d'une cérémonie solennelle, brisant une tradition ottomane vieille de plusieurs siècles selon laquelle les sultans ne pouvaient pas prendre de femme légale parmi leurs concubines. Les ambassadeurs européens en furent stupéfaits et en informèrent immédiatement leurs gouvernements.
Hürrem correspondit directement avec les souverains européens, notamment le roi de Pologne Sigismond II Auguste, auquel elle envoya en 1549 des cadeaux diplomatiques — un manteau de fourrure et des chemises brodées — témoignant de son rôle actif dans la diplomatie ottomane, chose sans précédent pour une femme de harem.
Elle obtint de Soliman la permission exceptionnelle de quitter le Vieux Palais, où étaient traditionnellement confinées les favorites, pour s'installer définitivement dans ses appartements au palais de Topkapi. Ce déménagement symbolique lui permit d'exercer une influence quotidienne sur le sultan et sur les affaires de l'État.
Hürrem fit construire à Istanbul un vaste complexe charitable appelé le Haseki Sultan, comprenant une mosquée, une madrasa, un hôpital et une soupe populaire achevés vers 1551. Ce complexe témoigne de son immense fortune personnelle et de sa volonté de s'inscrire dans la grande tradition ottomane de la bienfaisance souveraine.
Sources primaires
« Mon printemps, mon être de joie, mon jour et ma nuit... Ma ville d'Istanbul, mon Anatolie... Toi qui es tout pour moi... » Soliman exprime dans ces vers son attachement profond et exclusif à Hürrem, signant sous le nom poétique de Muhibbi.
Hürrem y exprime ses vœux de paix et d'amitié entre l'Empire ottoman et le royaume de Pologne, accompagnant l'envoi de présents diplomatiques de sa propre initiative, fait unique pour une femme de cour ottomane.
« La sultane Hürrem exerce sur l'esprit du sultan une autorité que personne avant elle n'avait possédée. On dit qu'elle l'a ensorcelé. Elle se mêle de tout, des affaires de cour comme des nominations. »
Les actes de fondation pieuse rédigés au nom de « Hürrem Haseki Sultan » détaillent les revenus affectés à perpétuité à la mosquée, l'hôpital, la madrasa et l'imaret du complexe, attestant de sa capacité juridique autonome.
Lieux clés
Ville de l'actuelle Ukraine dont Roxelane serait originaire selon les sources historiques. Elle y fut capturée lors d'un raid tatar vers 1515-1520 avant d'être vendue comme esclave et envoyée à Constantinople.
Résidence principale des sultans ottomans, Hürrem y vécut plusieurs décennies dans le harem impérial puis dans des appartements voisins de ceux du sultan. C'est depuis ce palais qu'elle exerça son influence politique considérable.
Ensemble architectural commandité par Hürrem entre 1539 et 1551, comprenant mosquée, hôpital, madrasa et soupe populaire. Ce complexe, encore debout aujourd'hui, constitue son legs philanthropique le plus visible.
Lieu de résidence traditionnel des concubines et favorites ottomanes. Hürrem y résida avant d'obtenir le droit exceptionnel de s'installer à Topkapi auprès du sultan, rupture symbolique majeure avec la tradition.
Hürrem y finança la construction d'une auberge pour les pèlerins (imaret), témoignant de son rayonnement philanthropique bien au-delà de la capitale ottomane et de sa piété affichée envers les Lieux Saints.
Objets typiques

Vêtement d'apparat porté par les femmes de haut rang à la cour ottomane, le kaftan de Hürrem était tissé de fils d'or et de soie précieuse. Plusieurs kaftans de l'époque sont conservés au musée du palais de Topkapi.

Hürrem maîtrisait l'art épistolaire et rédigeait personnellement des lettres diplomatiques adressées à des souverains étrangers. L'encrier et le calame (plume de roseau) étaient ses instruments d'influence politique.

En tant que Haseki Sultan, Hürrem possédait son propre sceau officiel qu'elle apposait sur ses correspondances et actes administratifs, signe tangible d'une autorité juridique reconnue.

Le bain rituel (hammam) était un moment social crucial dans la vie des femmes de harem. Les plateaux, aiguières et sabots de bain en argent ciselé étaient des marqueurs de statut que Hürrem utilisait dans les espaces qu'elle contrôlait.

Document juridique par lequel Hürrem affecta ses biens à des œuvres charitables perpétuelles. Plusieurs de ces actes sont conservés dans les archives ottomanes et attestent de son activité philanthropique autonome.

Pendentifs, bracelets et ornements de tête en or, rubis et émeraudes constituaient la parure quotidienne des femmes de rang impérial. Ces bijoux étaient aussi des réserves de valeur que les sultanes géraient en leur nom propre.
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Vie quotidienne
Matin
Hürrem commençait sa journée par la prière de l'aube (fajr), obligation religieuse incontournable à la cour ottomane. Elle consacrait ensuite ses matinées à l'éducation de ses enfants — cinq fils et une fille — et à la supervision de son personnel, plusieurs dizaines de servantes et d'esclaves hiérarchisées.
Après-midi
Les après-midis étaient occupés par la gestion de sa correspondance diplomatique, le suivi de ses fondations charitables et des audiences informelles avec des dignitaires cherchant à influencer le sultan par son intermédiaire. Des séances de lecture de poésie et de musique animaient régulièrement ces heures.
Soir
Le soir, Hürrem rejoignait Soliman pour des repas pris en commun, intimité rare et précieuse dans le protocole ottoman rigide, accompagnés de musique et de récitation de vers. C'est lors de ces moments que son influence sur les décisions du sultan était la plus directe.
Alimentation
La table du harem impérial était d'une grande richesse : agneau rôti, pilaf au safran, légumes farcis, laitage, pâtisseries au miel et aux pistaches (baklava), fruits frais et sorbets. L'eau parfumée à la rose accompagnait les repas, l'alcool étant formellement prohibé à la cour ottomane.
Vêtements
Hürrem portait de riches kaftans de soie brodés de fils d'or, fermés par des boutons de pierreries. Sa tête était ornée d'un bandeau serti de rubis et d'émeraudes ; des babouches de cuir souple complétaient la tenue. La couleur et la qualité du tissu signalaient immédiatement son rang au sein du harem.
Habitat
Hürrem occupait dans le palais de Topkapi un appartement privé voisin des appartements du sultan, composé de plusieurs pièces décorées de faïences d'Iznik bleu et blanc, de tentures brodées et de divans bas recouverts de coussins de soie. Un jardin intérieur clos lui permettait de se promener à l'abri des regards extérieurs.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Complexe Haseki Sultan — mosquée, madrasa, hôpital, imaret
1539-1551
Hammam Haseki Hürrem Sultan (près de Sainte-Sophie, Istanbul)
1556
Auberge des pèlerins (imaret) à Jérusalem
vers 1552
Correspondance diplomatique avec les cours européennes
1540-1558






