Danseur étoile et chorégraphe d'origine soviétique, Rudolf Noureev (1938-1993) est l'un des plus grands danseurs classiques du XXe siècle. Passé à l'Ouest en 1961, il révolutionna le rôle du danseur masculin et dirigea le Ballet de l'Opéra de Paris.
Rudolf Noureev(1938 — 1993)
Rudolf Noureev
Autriche, Union soviétique
7 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1938 dans un train près d'Irkoutsk (URSS), formé au théâtre Kirov de Léningrad
- Choisit la liberté à l'aéroport du Bourget à Paris le 16 juin 1961, première grande défection d'un artiste soviétique de la Guerre froide
- Forme à partir de 1962 un couple de scène légendaire avec la ballerine britannique Margot Fonteyn au Royal Ballet de Londres
- Directeur de la danse à l'Opéra national de Paris de 1983 à 1989, où il forme une nouvelle génération de danseurs étoiles
- Mort du sida en 1993 à Paris, après avoir transformé la perception du danseur masculin dans le ballet
Œuvres & réalisations
Premier grand triomphe du duo Noureev-Fonteyn au Royal Ballet, qui scella leur partenariat mythique.
Noureev fait découvrir à l'Occident ce chef-d'œuvre du répertoire russe, dont il remonte le célèbre acte des « Ombres ».
Version personnelle du ballet sur la musique de Prokofiev, où il met en avant la profondeur dramatique des rôles.
Production virtuose qu'il porte aussi au cinéma, démontrant son sens du spectacle total.
Relecture où le rôle du prince gagne en importance, illustrant sa révolution du danseur masculin.
Adaptation où il accentue la dimension psychologique et la richesse des variations masculines.
Réforme du répertoire et lancement de jeunes talents comme Sylvie Guillem et Laurent Hilaire.
Sa dernière grande mise en scène à l'Opéra de Paris, présentée alors qu'il était déjà très malade.
Anecdotes
Rudolf Noureev est littéralement né en mouvement : le 17 mars 1938, sa mère voyageait à bord du Transsibérien près du lac Baïkal quand l'enfant vint au monde dans le train. Le futur danseur, qui passa sa vie sur les routes du monde, débuta donc son existence en plein voyage.
Le 16 juin 1961, à l'aéroport du Bourget, Noureev échappa à ses surveillants du KGB qui voulaient le renvoyer de force à Moscou. Il se précipita vers deux policiers français en répétant qu'il voulait rester libre : ce « saut vers la liberté » fit la une des journaux et devint l'une des défections les plus célèbres de la Guerre froide.
Sa rencontre avec la ballerine anglaise Margot Fonteyn, de presque vingt ans son aînée, donna naissance à l'un des couples les plus mythiques de l'histoire du ballet. Leur complicité sur scène, notamment dans « Giselle » et « Roméo et Juliette », était si intense que le public les rappelait parfois des dizaines de fois sous les applaudissements.
Noureev imposa l'idée que le danseur masculin n'était pas un simple porteur de la ballerine, mais une étoile à part entière. Il enrichit et complexifia les rôles d'hommes dans les ballets classiques, multipliant sauts et variations virtuoses pour leur donner autant d'éclat que ceux des danseuses.
Atteint du sida, il continua à travailler presque jusqu'à la fin. En octobre 1992, gravement malade, il dirigea encore la création de sa version de « La Bayadère » à l'Opéra de Paris et salua le public ; il mourut quelques mois plus tard, le 6 janvier 1993.
Sources primaires
Récit autobiographique publié peu après son passage à l'Ouest, dans lequel Noureev raconte son enfance pauvre à Oufa, sa formation tardive et son entrée à l'école du Kirov à Leningrad.
Les journaux internationaux rapportent que le jeune danseur soviétique du Kirov a demandé l'asile à la police française à l'aéroport du Bourget, refusant de monter dans l'avion pour Moscou.
Dans de nombreuses interviews, Noureev affirme que la danse a été pour lui un absolu et que la liberté de danser comptait davantage que tout le reste.
Lieux clés
Ville de l'Oural où Noureev grandit dans une famille tatare modeste et découvrit la danse au théâtre local. C'est là qu'il prit ses premiers cours avant Leningrad.
Prestigieuse école de danse de Leningrad (Saint-Pétersbourg) où Noureev se forma auprès d'Alexandre Pouchkine avant d'entrer au Ballet du Kirov.
C'est ici que Noureev fit défection le 16 juin 1961, échappant au KGB pour demander la protection de la police française.
Siège du Royal Ballet où Noureev forma avec Margot Fonteyn un duo légendaire au cours des années 1960.
Noureev y dirigea le Ballet de l'Opéra de Paris de 1983 à 1989, renouvelant le répertoire et révélant une génération de jeunes danseurs.
Noureev y repose sous une célèbre tombe ornée d'une mosaïque imitant un tapis oriental, hommage à ses origines et à sa vie de nomade.
Objets typiques

Souliers souples en cuir ou en toile qui épousent le pied du danseur et lui permettent sauts, pointes et réceptions silencieuses. Outil de travail quotidien, Noureev en usait des paires entières lors des répétitions.

Tenue moulante qui révèle la ligne du corps et la musculature du danseur. Noureev l'imposa avec audace, mettant en valeur la puissance physique du danseur masculin.

Costumes somptueux des grands ballets classiques, tutus pour les ballerines, justaucorps brodés et capes pour les princes. Ils transportent le public dans l'univers de « Giselle » ou du « Lac des cygnes ».

Longue rampe horizontale fixée au mur d'un studio, sur laquelle le danseur s'appuie pour ses exercices d'échauffement et d'assouplissement. Noureev y consacrait chaque jour de longues heures.

Les œuvres de Tchaïkovski, Adam ou Minkus rythment chaque ballet et guident la chorégraphie. Noureev connaissait intimement ces musiques qu'il remontait pour ses propres versions.

En ville, Noureev cultivait une allure flamboyante, casquette ou béret, longues écharpes et manteaux amples, image du danseur-star adulé des années 1960-1970.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
La journée d'un danseur étoile commençait tôt par un long échauffement à la barre, puis le cours quotidien obligatoire pour entretenir le corps. Noureev, perfectionniste, y travaillait sans relâche sauts, équilibres et souplesse.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux répétitions des ballets, seul ou avec ses partenaires, sous l'œil des maîtres de ballet. Quand il dirigeait l'Opéra de Paris, il y ajoutait le travail de mise en scène et la direction des troupes.
Soir
Le soir venait l'épreuve de la représentation, devant des salles combles et un public passionné. Après le spectacle, Noureev, infatigable, aimait prolonger ses nuits entre amis, dîners et vie mondaine des grandes capitales.
Alimentation
Comme tout danseur de haut niveau, il devait surveiller son alimentation pour rester léger et musclé, tout en compensant des dépenses physiques énormes. Il appréciait cependant la bonne chère et les plaisirs de la table lors de ses dîners parisiens.
Vêtements
Au travail, collant et justaucorps de répétition, vite trempés de sueur ; en scène, des costumes somptueux. En ville, il cultivait une élégance excentrique, écharpes, bottes, manteaux amples et bérets qui faisaient de lui une icône.
Habitat
Star fortunée et grand collectionneur, Noureev possédait plusieurs résidences, dont un appartement quai Voltaire à Paris donnant sur la Seine et une petite île qu'il avait achetée. Il les remplissait de tapis, de tableaux et d'objets d'art.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Giselle (avec Margot Fonteyn)
1962
La Bayadère (mise en scène)
1963
Roméo et Juliette (chorégraphie)
1977
Le Lac des cygnes (version revisitée)
1964
Casse-Noisette (chorégraphie)
1967
Direction du Ballet de l'Opéra de Paris
1983-1989





