Samuel Goldwyn(1879 — 1974)

Samuel Goldwyn

États-Unis, Empire russe

9 min de lecture

SpectacleÉconomieEntrepreneur(e)XXe siècleÂge d'or d'Hollywood et essor de l'industrie cinématographique américaine (XXe siècle)

Producteur hollywoodien d'origine polonaise, Samuel Goldwyn est l'un des fondateurs de l'industrie cinématographique américaine. Il cofonda plusieurs studios majeurs et produisit des centaines de films qui façonnèrent l'âge d'or d'Hollywood.

Questions fréquentes

Samuel Goldwyn (1879-1974) est un producteur hollywoodien d'origine polonaise qui a contribué à fonder l'industrie cinématographique américaine. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a cofondé plusieurs studios majeurs, dont la Jesse L. Lasky Feature Play Company en 1913, et a produit des centaines de films qui ont façonné l'âge d'or d'Hollywood. Moins un simple financier qu'un artisan du récit, il imposait un contrôle créatif strict et recherchait l'excellence artistique, comme en témoignent ses chefs-d'œuvre Les Plus Belles Années de notre vie (1946) et Les Hauts de Hurlevent (1939).

Citations célèbres

« Include me out. »
« A verbal contract isn't worth the paper it's written on. »

Faits marquants

  • Né Schmuel Gelbfisz en 1879 à Varsovie (alors Empire russe), il émigre aux États-Unis vers 1898.
  • En 1916, il cofonde Goldwyn Pictures Corporation, dont le nom sera repris par Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) en 1924.
  • Il fonde en 1923 Samuel Goldwyn Productions, studio indépendant qu'il dirige jusqu'à sa retraite.
  • Il produit des classiques comme 'Les Hauts de Hurlevent' (1939), 'La Fièvre dans le sang' et 'Guys and Dolls' (1955).
  • Récipiendaire du Thalberg Memorial Award (1947) et de la Médaille présidentielle de la Liberté (1971).

Œuvres & réalisations

The Squaw Man (1914)

L'un des premiers longs métrages tournés à Hollywood, co-produit avec Jesse Lasky et Cecil B. DeMille. Film fondateur qui établit Los Angeles comme capitale du cinéma américain et lança la carrière de Goldwyn comme producteur.

Stella Dallas (1925)

Mélodrame sur le sacrifice maternel, adapté du roman d'Olive Higgins Prouty. Grand succès commercial qui révèle le talent de Goldwyn pour les histoires populaires à fort impact émotionnel.

Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights) (1939)

Adaptation du roman d'Emily Brontë, réalisée par William Wyler avec Laurence Olivier et Merle Oberon. Nommé à huit Oscars, ce film illustre la volonté de Goldwyn de porter les grandes œuvres littéraires à l'écran.

Les Plus Belles Années de notre vie (The Best Years of Our Lives) (1946)

Drame social sur la réinsertion des vétérans de la Seconde Guerre mondiale, réalisé par William Wyler. Vainqueur de sept Oscars dont meilleur film, considéré unanimement comme le chef-d'œuvre absolu de la carrière de Goldwyn.

Hans Christian Andersen (1952)

Comédie musicale avec Danny Kaye dans le rôle du célèbre conteur danois. Grand succès populaire et familial qui témoigne du talent de Goldwyn pour les productions de grande envergure à destination du grand public.

Guys and Dolls (1955)

Adaptation de la comédie musicale de Broadway avec Marlon Brando et Frank Sinatra. Film musical aux décors somptueux qui fut l'un des plus grands succès commerciaux de la fin de carrière de Goldwyn.

Porgy and Bess (1959)

Adaptation cinématographique de l'opéra de George Gershwin, réalisée par Otto Preminger. Dernier grand projet de Goldwyn, ambitieux et controversé, qui marque la conclusion d'une carrière de près de cinquante ans.

Anecdotes

Samuel Goldwyn est né Samuel Gelbfisz à Varsovie en 1879, dans une famille juive polonaise défavorisée. Orphelin très jeune, il fuit la misère en émigrant d'abord en Angleterre vers 1895, puis aux États-Unis vers 1898, changeant son nom en Samuel Goldfish avant d'adopter définitivement « Goldwyn ». Ce parcours de l'immigration vers la réussite en fait un symbole vivant de l'American Dream au XXe siècle.

Avant de conquérir Hollywood, Goldwyn travailla comme vendeur de gants à Gloversville, dans l'État de New York, où il excella au point de devenir l'un des meilleurs vendeurs du pays. C'est cette ténacité commerciale qui l'amena à s'associer à Jesse Lasky et Cecil B. DeMille pour produire en 1914 le premier long métrage tourné à Hollywood : The Squaw Man. Ce film, réalisé dans des conditions rudimentaires, contribua à faire de Los Angeles la capitale mondiale du cinéma.

Goldwyn est célèbre pour ses « Goldwynisms », des expressions paradoxales et involontairement humoristiques : « Include me out » (Comptez-moi dehors), ou encore « A verbal contract isn't worth the paper it's written on » (Un contrat verbal ne vaut pas le papier sur lequel il est écrit). Ces aphorismes absurdes, authentiques ou amplifiés par la presse, témoignent de la personnalité haute en couleur d'un autodidacte qui bouscula les codes de l'industrie hollywoodienne.

En 1946, Goldwyn produisit Les Plus Belles Années de notre vie (The Best Years of Our Lives), un film sur le retour difficile des soldats américains après la Seconde Guerre mondiale. L'œuvre remporta sept Oscars, dont celui du meilleur film, et fut saluée comme un chef-d'œuvre du cinéma social américain. Goldwyn déclara que c'était la production dont il était le plus fier, car elle avait dit « quelque chose d'essentiel sur l'Amérique ».

Tout au long de sa carrière, Goldwyn refusa de se laisser absorber par les grands studios et maintint son indépendance en fondant sa propre compagnie de production. Contrairement aux autres magnats d'Hollywood, il ne contrôlait pas un empire vertical intégrant salles et distribution. Cette indépendance lui permit des prises de risque artistiques remarquables — adapter Emily Brontë ou recruter les plus grands réalisateurs européens — mais l'exposa aussi à des revers financiers cuisants.

Sources primaires

Discours de Samuel Goldwyn lors de la remise du Irving G. Thalberg Memorial Award (1946)
« Je crois que chaque film doit raconter une histoire qui mérite d'être racontée, avec des acteurs qui méritent d'être vus. C'est ma philosophie depuis trente ans, et je ne m'en suis jamais écarté. »
Interview accordée au New York Times (1955)
« Je n'ai jamais produit un film dont je n'étais pas personnellement fier. Si je ne croyais pas en un projet, je ne le faisais pas. C'est aussi simple que ça. »
Déclaration de naturalisation américaine de Samuel Goldfish (1902)
Document officiel du tribunal de district de New York attestant la naturalisation de Samuel Goldfish, né à Varsovie (Pologne), déclarant son intention de renoncer à toute allégeance étrangère et d'adopter la citoyenneté américaine.
Contrat de distribution de The Best Years of Our Lives avec RKO Radio Pictures (1946)
Agreement stipulating the terms of nationwide theatrical distribution, profit-sharing arrangements, and advertising commitments for the Samuel Goldwyn Productions feature The Best Years of Our Lives.
Mémoires dictées à Alva Johnston, publiées dans The Saturday Evening Post (1937)
« Je suis venu en Amérique sans rien. Pas d'argent, pas de langue, pas de famille. Mais j'avais une chose que personne ne pouvait m'enlever : je savais ce que les gens voulaient voir. »

Lieux clés

Varsovie, Pologne (alors Empire russe)

Ville natale de Samuel Gelbfisz, né en 1879 dans le quartier juif pauvre de la ville. Cette origine modeste en Europe de l'Est façonna profondément son ambition et sa détermination à réussir aux États-Unis.

Gloversville, New York, États-Unis

Ville américaine où Goldwyn s'installa à son arrivée aux États-Unis, travaillant comme vendeur de gants. C'est là qu'il acquit les premières compétences commerciales qui lui serviront dans l'industrie du spectacle.

Samuel Goldwyn Studio, West Hollywood (Los Angeles)

Studio de production que Goldwyn racheta en 1919 et où furent tournés la plupart de ses films majeurs. Aujourd'hui connu sous le nom de The Lot, il reste un site emblématique du cinéma indépendant américain.

Hollywood, Los Angeles, Californie

Cœur de l'industrie cinématographique américaine que Goldwyn contribua à bâtir depuis les années 1910. Ses productions emblématiques participèrent à forger la réputation mondiale d'Hollywood comme capitale du rêve.

Bel Air, Los Angeles, Californie

Quartier résidentiel luxueux de Los Angeles où Goldwyn vécut dans une somptueuse villa avec sa femme Frances Howard pendant plusieurs décennies, symbole de sa réussite exceptionnelle.

Voir aussi