Sarah Vaughan(1924 — 1990)
Sarah Vaughan
États-Unis
7 min de lecture
Chanteuse de jazz américaine (1924-1990), surnommée « The Divine One » ou « Sassy », Sarah Vaughan est considérée comme l'une des plus grandes voix du XXe siècle. Son timbre exceptionnel, son vibrato et sa maîtrise technique lui valurent une reconnaissance internationale.
Citations célèbres
« I don't think I'm anything special. »
« Jazz is not just music, it's a way of life. »
Faits marquants
- Née le 27 mars 1924 à Newark, New Jersey
- Remporte un concours amateur à l'Apollo Theater en 1942, ce qui lance sa carrière
- Collabore avec Dizzy Gillespie et Charlie Parker, figures fondatrices du bebop, dès 1944
- Enregistre des centaines d'albums entre les années 1940 et 1980
- Décède le 3 avril 1990 à Hidden Hills, Californie, d'un cancer du poumon
Œuvres & réalisations
L'un de ses premiers grands enregistrements, qui révèle au grand public son phrasé unique et sa maîtrise du rubato. Ce standard du jazz reste associé à sa voix plus qu'à aucune autre interprète.
Enregistrée en live au club Birdland, cette version est considérée comme l'une des plus belles illustrations de son style be-bop et de sa capacité à improviser vocalement.
Extrait de la comédie musicale 'Damn Yankees', ce titre devient un succès populaire qui lui ouvre les portes d'un public plus large tout en conservant son exigence jazz.
Ballade composée par Erroll Garner, dont l'interprétation par Vaughan fait référence. Sa version met en valeur son vibrato profond et son intelligence harmonique.
Album enregistré en concert avec le Count Basie Orchestra, considéré comme l'un des sommets de sa discographie et un document essentiel du jazz vocal des années 1950.
Réinterprétation audacieuse du standard de Stephen Sondheim qui lui vaut un Grammy Award en 1982. Sa version transforme la chanson de comédie musicale en une méditation jazz d'une profondeur bouleversante.
Anecdotes
En octobre 1942, Sarah Vaughan, alors âgée de 18 ans, se présente au célèbre Amateur Night de l'Apollo Theater à Harlem. Elle y interprète 'Body and Soul' et remporte le concours haut la main. C'est dans le public que se trouve Billy Eckstine, qui la recommande aussitôt au chef d'orchestre Earl Hines : sa carrière professionnelle débute quelques semaines plus tard.
Sarah Vaughan fut l'une des premières chanteuses à adopter le be-bop, style révolutionnaire inventé par Charlie Parker et Dizzy Gillespie au début des années 1940. Elle les rencontra au sein de l'orchestre d'Earl Hines et assimila leur langage harmonique audacieux, transposant dans sa voix les improvisations instrumentales complexes du bebop, ce qui était alors totalement inédit.
Ses camarades musiciens la surnommèrent 'Sassy' (l'effrontée) en raison de son caractère affirmé et de son humour décapant. Mais c'est le surnom de 'The Divine One' (La Divine), que lui attribua le critique musical George Trow, qui lui resta : il rendait hommage à l'étendue exceptionnelle de sa voix, qui couvrait plus de trois octaves et lui permettait de passer du contralto au soprano avec une facilité déconcertante.
Lors de l'enregistrement de 'Send in the Clowns' en 1981, tiré de la comédie musicale de Stephen Sondheim, Sarah Vaughan surprend tout le monde en improvisant librement sur la mélodie originale. Cette version jazz, très éloignée de l'original, lui vaut un Grammy Award en 1982 dans la catégorie 'Meilleure performance vocale jazz féminine'. Sondheim lui-même déclara que cette interprétation surpassait toutes les autres.
Malgré sa renommée internationale, Sarah Vaughan fut confrontée toute sa vie à la ségrégation raciale aux États-Unis. Dans les années 1950, il lui arrivait encore de se produire dans des clubs ou des hôtels où elle n'avait pas le droit de séjourner ou d'entrer par la porte principale. Elle continua néanmoins à se produire dans les salles les plus prestigieuses d'Europe, où elle était accueillie sans discrimination, ce qui lui valut une immense popularité sur le vieux continent.
Sources primaires
« Je ne chante pas une note que je ne ressente pas. Chaque chanson est une histoire, et je dois la vivre avant de pouvoir la transmettre. »
Premiers documents contractuels attestant la signature de Sarah Vaughan avec le label Continental Records pour ses premières séances d'enregistrement professionnel.
Down Beat place Sarah Vaughan en tête du palmarès annuel des meilleures chanteuses de jazz, soulignant son vibrato unique et sa maîtrise harmonique hors pair.
« J'ai chanté toute ma vie parce que je ne savais pas faire autre chose. Mais si j'avais su que ça me mènerait là, j'aurais commencé encore plus tôt. »
