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Sergueï Diaghilev

Sergueï Pavlovitch Diaghilev

7 min de lecture

SpectacleMusiqueCultureXXe siècleDébut du XXe siècle, époque des avant-gardes artistiques européennes (Belle Époque puis années 1920), entre la Russie impériale et le Paris cosmopolite.

Sergueï Diaghilev (1872-1929) est un imprésario et critique d'art russe, fondateur des Ballets russes. Il révolutionna la danse en réunissant les plus grands chorégraphes, danseurs, compositeurs et peintres de son temps. Son œuvre marqua durablement l'art du XXe siècle.

Questions fréquentes

Sergueï Diaghilev (1872-1929) était un imprésario et critique d'art russe, fondateur des Ballets russes. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il ne savait ni danser, ni composer, ni peindre, mais il avait un génie pour réunir les talents. En 1909, il lance à Paris sa première saison de ballets, mêlant musique, peinture et chorégraphie dans un « art total » qui révolutionne la danse. Ce qui le distingue, c'est sa capacité à imposer une modernité audacieuse, en commandant des œuvres à Stravinsky, Debussy ou Ravel, et en faisant appel à des peintres comme Picasso ou Bakst pour les décors.

Citations célèbres

« Étonne-moi ! »

Faits marquants

  • Naît en 1872 à Selichtchi (Russie) dans une famille aisée
  • Fonde la revue artistique Mir Iskousstva (Le Monde de l'art) en 1898
  • Crée la compagnie des Ballets russes en 1909, qui se produit triomphalement à Paris
  • Produit Le Sacre du printemps de Stravinsky en 1913, dont la première provoque un scandale
  • Meurt à Venise en 1929, marquant la dissolution des Ballets russes

Œuvres & réalisations

Revue « Mir Iskousstva » (Le Monde de l'art) (1898-1904)

Revue artistique fondée et dirigée par Diaghilev à Saint-Pétersbourg. Elle renouvela le regard sur l'art russe et l'ouvrit aux influences européennes.

Première saison des Ballets russes à Paris (1909)

Lancement de la troupe qui allait révolutionner la danse. Diaghilev y révéla des danseurs comme Nijinsky et imposa un art total mêlant musique, peinture et chorégraphie.

« L'Oiseau de feu » (1910)

Ballet sur une musique d'Igor Stravinsky, inspiré d'un conte russe. Il fit connaître le jeune compositeur et marqua le style flamboyant des Ballets russes.

« Petrouchka » (1911)

Ballet de Stravinsky évoquant une fête foraine russe et un pantin qui prend vie. Une œuvre majeure du répertoire de la troupe.

« Le Sacre du printemps » (1913)

Ballet de Stravinsky et Nijinsky dont la création provoqua un scandale resté célèbre. Il est aujourd'hui considéré comme un point de départ de la musique moderne.

« Parade » (1917)

Ballet réunissant Erik Satie (musique), Pablo Picasso (décors et costumes) et Jean Cocteau (argument). Son programme contient la première apparition du mot « surréalisme ».

« Les Noces » (1923)

Ballet de Stravinsky chorégraphié par Bronislava Nijinska, évoquant un mariage paysan russe. Une œuvre puissante et dépouillée.

« Le Train bleu » (1924)

Ballet « moderne » sur le thème des loisirs et du sport, avec costumes de Coco Chanel et rideau d'après Picasso. Il illustre l'esprit des Années folles.

Anecdotes

Le 29 mai 1913, à Paris, la création du « Sacre du printemps » de Stravinsky, chorégraphié par Nijinsky pour les Ballets russes de Diaghilev, déclencha un véritable chahut dans la salle du Théâtre des Champs-Élysées. Le public siffla, hua et s'insulta tant que les danseurs n'entendaient plus l'orchestre : Nijinsky devait crier les temps depuis les coulisses. Ce « scandale » est resté célèbre comme l'un des actes de naissance de la musique moderne.

Diaghilev avait une peur panique de l'eau : une voyante lui aurait prédit qu'il mourrait « sur l'eau ». Il refusait les traversées en mer autant qu'il le pouvait. Le destin se montra ironique, car il s'éteignit en 1929 à Venise, la ville aux canaux, entouré d'eau de tous côtés.

Quand le jeune Jean Cocteau lui demanda comment lui plaire et travailler avec lui, Diaghilev lui aurait lancé une phrase devenue légendaire : « Étonne-moi ! ». Cette exigence résume toute sa méthode d'imprésario, toujours en quête de nouveauté et d'audace.

Diaghilev ne savait ni composer, ni danser, ni peindre, mais il avait un génie pour réunir les talents. Pour le ballet « Parade » en 1917, il fit travailler ensemble le musicien Erik Satie, le peintre Pablo Picasso (pour les décors et costumes) et l'écrivain Jean Cocteau. C'est dans le programme de ce spectacle qu'apparut pour la première fois le mot « surréalisme », inventé par le poète Guillaume Apollinaire.

Pour révéler le danseur Vaslav Nijinsky au public parisien, Diaghilev en fit la vedette de ses spectacles. Mais lorsque Nijinsky se maria en 1913 lors d'une tournée en Amérique du Sud, Diaghilev, furieux et blessé, le renvoya de la troupe. La rupture mit fin à l'une des collaborations artistiques les plus marquantes du début du XXe siècle.

Sources primaires

Igor Stravinsky, « Chroniques de ma vie » (1935)
Stravinsky y raconte sa collaboration avec Diaghilev et la création tumultueuse du « Sacre du printemps », décrivant le tapage de la salle qui couvrait l'orchestre.
Jean Cocteau, témoignage sur Diaghilev (« Le Coq et l'Arlequin » et entretiens) (1918)
Cocteau rapporte la célèbre injonction de Diaghilev : « Étonne-moi », qu'il présente comme le mot d'ordre de l'imprésario.
Revue « Mir Iskousstva » (Le Monde de l'art), fondée par Diaghilev (1898-1904)
La revue défendait l'idée que l'art devait avant tout exprimer la personnalité de l'artiste et rapprocher la Russie des courants artistiques européens.
Vaslav Nijinsky, « Journal » (1919)
Le danseur y évoque sa relation intense et conflictuelle avec Diaghilev, mêlant admiration, dépendance artistique et amertume après leur rupture.
Misia Sert, « Misia par Misia » (mémoires) (1952)
Amie et mécène des Ballets russes, elle décrit Diaghilev comme un homme à la fois autoritaire, généreux et perpétuellement à court d'argent pour ses spectacles.

Lieux clés

Selichtchi (province de Novgorod, Russie)

Région de naissance de Diaghilev, dans la Russie impériale. Sa famille appartenait à la bonne société de province, mélomane et cultivée.

Saint-Pétersbourg

Capitale impériale où Diaghilev fit ses études de droit, découvrit les arts et fonda la revue « Mir Iskousstva ». C'est là qu'il commença sa carrière d'organisateur culturel.

Théâtre des Champs-Élysées, Paris

Salle parisienne où les Ballets russes connurent certains de leurs plus grands triomphes et scandales, dont le « Sacre du printemps » en 1913.

Monte-Carlo

À partir de 1922, la principauté de Monaco devint la base permanente des Ballets russes, où la troupe répétait et créait ses spectacles.

Venise

Ville italienne où Diaghilev aimait séjourner et où il mourut en 1929. Il est enterré dans le cimetière de l'île de San Michele.

Londres

Capitale où les Ballets russes effectuèrent de nombreuses tournées et bâtirent une partie de leur renommée internationale.

Voir aussi