Suharto(1921 — 2008)
Soeharto
Indonésie, Indes orientales néerlandaises
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Général et homme d'État indonésien, Suharto fut le second président de l'Indonésie de 1967 à 1998. Arrivé au pouvoir après une purge anticommuniste sanglante, il instaura un régime autoritaire dit « Ordre nouveau » avant d'être renversé par la crise asiatique.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1921 à Kemusuk, sur l'île de Java, dans les Indes orientales néerlandaises
- 1965-1966 : prend le pouvoir réel après une tentative de coup d'État attribuée au PKI, suivie de massacres anticommunistes faisant des centaines de milliers de morts
- 1967 : devient président par intérim, officiellement élu en 1968, instaurant le régime de l'« Ordre nouveau »
- 1975 : ordonne l'invasion et l'annexion du Timor oriental
- 1998 : contraint à la démission après la crise financière asiatique et de vastes manifestations ; meurt en 2008
Œuvres & réalisations
Régime autoritaire centralisé qui remplaça l'« Ordre ancien » de Sukarno et structura l'Indonésie pendant trois décennies.
Programmes économiques successifs visant l'industrialisation et l'autosuffisance, qui firent passer l'Indonésie de la famine à une croissance soutenue.
Politique de déplacement de millions d'habitants des îles surpeuplées vers les îles moins peuplées, aux conséquences sociales et environnementales durables.
Grâce à la révolution verte, l'Indonésie atteignit l'autosuffisance rizicole, réalisation saluée jusque par la FAO.
Intégration forcée du territoire comme 27e province, marquée par une répression sanglante et contestée internationalement.
Programme obligatoire de formation idéologique imposant l'interprétation officielle des cinq principes de l'État à toute la société.
Anecdotes
Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 1965, six généraux indonésiens sont enlevés et assassinés lors d'un coup de force attribué au « Mouvement du 30 Septembre ». Suharto, alors commandant des forces de réserve stratégique (Kostrad), échappe à la liste des cibles et prend la tête de la riposte militaire, ce qui lance son ascension fulgurante vers le pouvoir.
Suharto a grandi dans une famille paysanne pauvre de Java central et n'a quasiment jamais voyagé hors d'Indonésie avant d'être au pouvoir. Comme beaucoup de Javanais de sa génération, il n'avait à l'origine qu'un seul nom, « Soeharto », sans nom de famille.
Pendant ses 32 ans au pouvoir, le régime mit en place le programme de « transmigration », déplaçant des millions d'habitants des îles surpeuplées comme Java vers des îles plus vides comme Bornéo ou la Papouasie, pour rééquilibrer la population de l'archipel.
En mai 1998, après des émeutes et l'occupation du Parlement par des étudiants, Suharto annonça sa démission à la télévision en quelques minutes seulement, mettant fin à plus de trois décennies de pouvoir. Son vice-président Habibie lui succéda aussitôt.
Après sa chute, l'organisation Transparency International le classa parmi les dirigeants ayant le plus détourné d'argent public au monde, avec des estimations de fortune familiale allant de 15 à 35 milliards de dollars, même si Suharto ne fut jamais condamné, sa santé déclinante ayant interrompu les poursuites.
Sources primaires
Le président Sukarno aurait autorisé le général Suharto à prendre « toutes les mesures jugées nécessaires » pour rétablir l'ordre et la sécurité. Le document original a disparu, alimentant des débats sur son contenu exact.
« J'ai décidé de me déclarer démissionnaire de mon poste de président de la République d'Indonésie à compter du moment où j'ai lu cette déclaration. »
L'armée indonésienne se voit assigner un double rôle, à la fois de défense militaire et de participation directe à la vie politique et sociale du pays, fondement idéologique du régime de l'« Ordre nouveau ».
Lieux clés
Village natal de Suharto, où il naquit en 1921 dans une modeste famille paysanne javanaise.
Siège de la présidence indonésienne où Suharto exerça le pouvoir pendant 32 ans et annonça sa démission en 1998.
Lieu où furent jetés les corps des généraux tués en 1965, devenu mémorial central de la propagande du régime sur la « trahison communiste ».
Capitale du territoire envahi et annexé par l'Indonésie en 1975-1976, théâtre d'une occupation meurtrière sous l'Ordre nouveau.
Complexe funéraire familial où Suharto fut enterré après sa mort en 2008, près des tombes royales de Mangkunegara.
