Militante américaine des droits civiques (1820-1906), Susan B. Anthony est l'une des figures fondatrices du mouvement suffragiste américain. Elle consacra sa vie à l'abolition de l'esclavage et à l'obtention du droit de vote pour les femmes.
Susan B. Anthony(1820 — 1906)
Susan B. Anthony
États-Unis
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Men, their rights, and nothing more; women, their rights, and nothing less.»
« I distrust those people who know so well what God wants them to do to their fellows, because it always coincides with their own desires.»
Faits marquants
- 1820 : naissance à Adams, Massachusetts, dans une famille quaker antiesclavagiste
- 1848 : participe à la Convention de Seneca Falls, premier congrès pour les droits des femmes aux États-Unis
- 1872 : arrêtée pour avoir voté illégalement lors de l'élection présidentielle
- 1890 : co-fonde la National American Woman Suffrage Association (NAWSA)
- 1906 : décède sans avoir vu l'adoption du 19e amendement, accordé en 1920
Œuvres & réalisations
Journal suffragiste fondé par Anthony et Elizabeth Cady Stanton, publié chaque semaine à New York. Malgré sa courte vie de deux ans, il fut la première tribune médiatique majeure du mouvement pour les droits des femmes aux États-Unis.
Ouvrage monumental co-écrit avec Elizabeth Cady Stanton et Matilda Joslyn Gage, retraçant l'histoire du mouvement suffragiste américain depuis ses origines. Cette somme documentaire reste une source historique incontournable sur la lutte pour les droits des femmes.
Prononcé dans les semaines précédant son procès, ce discours qu'Anthony délivra dans vingt-neuf villes de l'État de New York démonte juridiquement l'argument selon lequel les femmes n'auraient pas le droit de vote. Il reste l'un des textes fondateurs de la rhétorique féministe américaine.
Texte rédigé par Anthony, Stanton et Matilda Joslyn Gage et lu lors des célébrations du Centenaire américain à Philadelphie, exigeant l'égalité civile et politique pour les femmes. Anthony distribua des copies du texte dans l'assemblée officielle sans y avoir été invitée.
Anthony organisa pendant quarante ans des campagnes de signature à travers tous les États américains, recueillant des centaines de milliers de signatures qu'elle déposait au Congrès. Ces pétitions constituèrent un outil de pression politique sans précédent pour l'époque.
Anecdotes
Le 5 novembre 1872, Susan B. Anthony se présenta au bureau de vote de Rochester (New York) et réussit à voter lors de l'élection présidentielle, arguant que le 14e amendement lui en donnait le droit en tant que citoyenne. Arrêtée deux semaines plus tard, elle fut condamnée à une amende de 100 dollars qu'elle refusa catégoriquement de payer, déclarant : 'Je ne paierai jamais un dollar de votre pénalité injuste.'
Lors de son procès en 1873, le juge Ward Hunt rédigea son verdict à l'avance et interdit au jury de délibérer, ce qui était totalement illégal. Il ordonna directement un verdict de culpabilité. Anthony demanda la parole pour s'adresser au tribunal, et malgré plusieurs tentatives du juge de la faire taire, elle prononça un discours passionné sur l'injustice faite aux femmes qui fait encore figure de référence dans l'histoire féministe.
Susan B. Anthony rencontra Elizabeth Cady Stanton en 1851 sur un trottoir de Seneca Falls, et les deux femmes nouèrent une amitié de cinquante ans qui allait transformer le mouvement suffragiste américain. Elles se complétaient parfaitement : Stanton écrivait les discours, Anthony les organisait et les portait sur le terrain à travers tout le pays.
À son 86e anniversaire, lors de sa dernière apparition publique en 1906, Anthony déclara avec une conviction absolue : 'Avec une telle armée de femmes derrière moi, comment pourrais-je échouer ?' Elle mourut quelques semaines plus tard, sans avoir vu la ratification du 19e amendement — qui lui accorderait enfin le droit de vote aux femmes américaines, quatorze ans après sa mort.
Partageant les valeurs quakers de sa famille, Anthony fut l'une des premières militantes à établir un lien direct entre l'abolition de l'esclavage et les droits des femmes. Elle organisa des pétitions massives contre l'esclavage pendant la guerre de Sécession, puis fut horrifiée quand le 15e amendement (1870) accorda le droit de vote aux hommes noirs mais exclut délibérément toutes les femmes.
Sources primaires
Friends and fellow-citizens: I stand before you tonight under indictment for the alleged crime of having voted at the last presidential election, without having a lawful right to vote. It shall be my work this evening to prove to you that in thus voting, I not only committed no crime, but, instead, simply exercised my citizen's rights.
The prolonged slavery of woman is the darkest page in human history. A survey of the condition of the race through those barbarous periods, when physical force governed the world, when the motto, 'might makes right,' was the law, enables us to account, for the origin of woman's subjection to man without referring the fact to the general inferiority of the female sex.
The Revolution will go for a Republican form of Government, and take no backward step to Monarchy, Oligarchy, or Aristocracy. It will demand equal rights for all, without distinction of sex, color, or nationality. Its motto shall be: Men, their rights and nothing more; Women, their rights and nothing less.
We ask of our rulers, at this hour, no special favors, no special privileges, no special legislation. We ask justice, we ask equality, we ask that all the civil and political rights that belong to citizens of the United States, be guaranteed to us and our daughters forever.
I distrust those people who know so well what God wants them to do to their fellows, because it always coincides with their own desires.
Lieux clés
Ville natale de Susan B. Anthony, où elle naît le 15 février 1820 dans une famille quaker militante contre l'esclavage. Son père Daniel Anthony, tisseur et abolitionniste, lui transmet dès l'enfance le sens de la justice sociale.
Résidence principale d'Anthony pendant la majeure partie de sa vie adulte, où elle vécut avec sa sœur Mary. C'est ici qu'elle fut arrêtée en 1872 après avoir voté, et où elle mourut en 1906. La maison est aujourd'hui un musée national.
Lieu de la première convention pour les droits des femmes (1848), dont Anthony devint rapidement l'une des figures emblématiques. La Déclaration des sentiments adoptée lors de cette convention inspira toute sa carrière militante.
Capitale fédérale où Anthony se rendit régulièrement pour plaider la cause suffragiste devant le Congrès américain. C'est là qu'en 1878 fut présenté pour la première fois l'amendement constitutionnel qui porterait son nom.
Ville où Anthony enseigna comme institutrice de 1846 à 1849, sa première expérience professionnelle qui lui révéla l'inégalité salariale flagrante entre enseignants hommes et femmes pour un travail identique.
Objets typiques

Dans ses dernières décennies de vie, Anthony portait presque toujours un châle rouge vif lors de ses discours et apparitions publiques, au point qu'il devint sa marque distinctive. Ce vêtement sobre mais reconnaissable reflétait ses valeurs quakers d'humilité et de fonctionnalité.

Anthony rédigeait une correspondance considérable — lettres, pétitions, articles — depuis les chambres d'hôtel et maisons d'hôtes où elle séjournait lors de ses tournées. Sa plume et son pupitre portable étaient ses outils de combat les plus constants.

Anthony organisa des campagnes massives de collecte de signatures à travers tous les États-Unis pour réclamer le droit de vote des femmes. Ces longues feuilles de papier portant des centaines de signatures étaient déposées solennellement devant le Congrès américain.

Ce journal hebdomadaire, fondé par Anthony et Stanton en 1868, fut le principal organe de presse du mouvement suffragiste pendant deux ans. Anthony en assurait la direction éditoriale et la distribution malgré de constantes difficultés financières.

Anthony parcourut des dizaines de milliers de kilomètres en train pour aller tenir des réunions, des conférences et des congrès dans tout le pays. Elle passait parfois des semaines entières à bord, dormant dans les wagons et préparant ses discours entre deux gares.

Élevée dans la foi quaker, qui prône l'égalité entre hommes et femmes devant Dieu, Anthony gardait une relation personnelle avec sa spiritualité. Cette foi fut le fondement éthique de son combat pour l'abolition et les droits des femmes.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Vie quotidienne
Matin
Anthony se levait tôt, souvent avant l'aube, pour répondre à sa volumineuse correspondance. Elle recevait quotidiennement des dizaines de lettres de militantes, de journalistes et de politiciens auxquelles elle répondait à la main. Lors de ses nombreuses tournées, elle prenait le train dès les premières heures du jour pour rejoindre la ville suivante.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux réunions publiques, aux conférences et aux assemblées organisatrices. Anthony était une oratrice infatigable qui pouvait parler pendant plusieurs heures devant des publics hostiles ou enthousiastes. Elle supervisait également l'organisation logistique des campagnes : impression de tracts, recrutement de bénévoles, collecte de fonds.
Soir
Le soir, Anthony tenait souvent des réunions privées dans les maisons de familles abolitionnistes ou suffragistes qui l'hébergeaient lors de ses tournées. Elle travaillait à la rédaction d'articles, de discours ou de chapitres de l'History of Woman Suffrage bien au-delà de minuit, dormant peu par choix militant.
Alimentation
Élevée dans la tradition quaker de la frugalité, Anthony avait une alimentation simple et sans excès. Elle mangeait ce qu'on lui servait chez ses hôtes lors de ses voyages, refusant rarement mais sans ostentation. La tempérance (abstinence d'alcool) était un principe partagé par sa famille et le milieu réformateur dans lequel elle évoluait.
Vêtements
Anthony portait des vêtements sobres de coupe quaker : robes sombres, grises ou noires, à cols blancs simples, sans ornements inutiles. Son célèbre châle rouge était sa seule concession à une marque visuelle forte. Elle se démarquait des femmes de sa classe par le refus du corset serré et des crinolines encombrantes qui limitaient les mouvements.
Habitat
Anthony partagea sa maison de Madison Street à Rochester avec sa sœur Mary pendant plusieurs décennies. La maison servait à la fois de résidence, de bureau et de lieu de réunion pour les militantes de passage. Elle y conservait ses archives, ses pétitions et ses innombrables dossiers de correspondance dans un bureau encombré mais fonctionnel.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
The Revolution (journal hebdomadaire)
1868–1870
History of Woman Suffrage (6 volumes)
1881–1922
Discours 'Is It a Crime for a Citizen of the United States to Vote?'
1873
Déclaration des droits des femmes
1876
Campagnes nationales de pétitions pour le suffrage
1865–1906






