Sylvia Plath(1932 — 1963)
Sylvia Plath
États-Unis
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Poétesse et romancière américaine (1932-1963), figure majeure de la poésie confessionnelle. Autrice de La Cloche de verre et du recueil Ariel, elle explore avec une intensité saisissante les thèmes de l'identité féminine, de la souffrance psychique et de la création littéraire.
Citations célèbres
« Je pris une grande inspiration et écoutai le vieux vantardise de mon cœur : je suis, je suis, je suis. »
« Mourir est un art, comme tout le reste. Je le fais exceptionnellement bien. »
Faits marquants
- Née le 27 octobre 1932 à Boston, Massachusetts, dans une famille d'origine allemande et autrichienne
- Obtient une bourse pour Smith College, puis étudie à Cambridge grâce à une bourse Fulbright (1955-1957)
- Publie La Cloche de verre en janvier 1963 sous le pseudonyme Victoria Lucas
- Décède le 11 février 1963 à Londres à l'âge de 30 ans
- Prix Pulitzer de poésie décerné à titre posthume en 1982 pour ses Poèmes choisis
Œuvres & réalisations
Premier recueil de poésie publié de son vivant, au Royaume-Uni. Il révèle déjà sa maîtrise formelle et ses thèmes obsessionnels : la mort, le deuil du père, la nature, l'identité féminine en construction.
Roman autobiographique publié sous le pseudonyme Victoria Lucas quelques semaines avant sa mort. Il raconte la dépression et l'hospitalisation d'une jeune femme brillante dans l'Amérique des années 1950, devenant un texte fondateur de la littérature féminine.
Recueil de poèmes composés dans les derniers mois de sa vie, considéré comme son chef-d'œuvre. Sa poésie confessionnelle, d'une intensité foudroyante, en fit une icône de la littérature moderne et du féminisme de la deuxième vague.
Recueil de poèmes écrits entre The Colossus et Ariel, révélant une période de transition créative essentielle. Il permet de suivre l'évolution de Plath vers une écriture de plus en plus viscérale et personnelle.
Lettres à sa mère Aurelia Plath, montrant la façade brillante et enthousiaste de Sylvia — en contraste troublant avec la souffrance révélée dans ses journaux intimes et ses poèmes les plus intenses.
Journaux intimes tenus de 1950 à 1962, source primaire indispensable pour comprendre sa vie intérieure, ses ambitions littéraires et les tensions entre sa vie publique brillante et sa détresse psychique profonde.
Anecdotes
Sylvia Plath publia son premier poème à l'âge de huit ans dans un journal de Boston, le Boston Herald, en 1940. Dès l'enfance, elle montrait une aptitude extraordinaire pour l'écriture et remporta de nombreux prix scolaires, témoignant d'une ambition littéraire précoce et dévorante.
En 1953, après avoir été refusée à un cours d'été d'écriture créative à Harvard, Plath traversa une grave dépression et tenta de mettre fin à ses jours en ingérant des somnifères. Elle fut retrouvée vivante plusieurs jours plus tard et hospitalisée, recevant des séances d'électrochocs. Cette expérience traumatisante constitua le noyau autobiographique de son roman La Cloche de verre.
Lors d'une soirée étudiante à Cambridge en février 1956, Sylvia Plath rencontra le poète britannique Ted Hughes. Selon les récits de l'époque, leur première rencontre fut électrique et tumultueuse. Ils se marièrent quatre mois plus tard, en juin 1956, formant l'un des couples littéraires les plus célèbres du XXe siècle.
À l'automne 1962, séparée de Ted Hughes qui l'avait quittée pour une autre femme, Plath vécut une période d'une créativité exceptionnelle. Elle se levait à quatre heures du matin, avant le réveil de ses deux jeunes enfants, pour écrire ses poèmes. En quelques semaines seulement, elle composa la quasi-totalité des textes du recueil Ariel, qui allait devenir son chef-d'œuvre.
Sylvia Plath s'installa avec ses enfants dans un appartement londonien qui avait autrefois appartenu au poète irlandais W. B. Yeats, au 23 Fitzroy Road. Elle considérait ce signe comme un présage littéraire favorable et se réjouissait de cette coïncidence symbolique dans ses dernières lettres à sa mère, peu de temps avant sa mort en février 1963.
Sources primaires
Je me voyais assise sous le figuier de verre, mourante de faim, et seule la vue des figues me faisait défaillir. Je voulais chacune d'elles et je les voulais toutes. Mais choisir l'une d'elles c'était perdre toutes les autres, et pendant que je restais assise là, incapable de me décider, les figues commençaient à se rider et à noircir, puis elles tombaient une à une sur le sol à mes pieds.
Mourir est un art, comme tout le reste. Je le pratique exceptionnellement bien. Je le pratique de telle façon que cela ressemble à l'enfer. Je le pratique de telle façon que cela semble réel. On pourrait dire que j'ai la vocation.
Je veux écrire parce que j'ai soif d'excellence — un désir ardent de donner et de créer — et je suis terriblement jalouse de quiconque écrit mieux que moi. Je veux vivre et ressentir toutes les nuances, les tons et les variations de l'expérience mentale et physique possibles.
Je suis si heureuse ici, si pleine de travail et d'ambitions nouvelles. Cambridge est un lieu magique, plein de jeunes gens brillants et de discussions enflammées. Je sens que je suis en train de me construire une vie entière.
Chaque femme adore un fasciste, la botte sur le visage, la botte brute du cœur d'un brute comme toi. Tu te dresses à la barre comme un homme de Dieu, et ton menton est indigne, ta moustache aryenne, ton œil bleu aryen et brillant.
Lieux clés
Ville natale de Sylvia Plath, née le 27 octobre 1932. Son enfance dans la banlieue bostonienne façonna ses premières expériences de la vie américaine d'après-guerre, entre ambition scolaire et conformisme social.
Plath y fit ses études supérieures avec une bourse complète (1950-1955). C'est là qu'elle connut sa première dépression grave et sa première hospitalisation, expérience centrale dans La Cloche de verre.
Grâce à une bourse Fulbright, Plath étudia la littérature à Cambridge de 1955 à 1957. Elle y rencontra Ted Hughes et s'épanouit intellectuellement dans l'un des contextes académiques les plus stimulants d'Angleterre.
Grande maison de campagne où Plath et Ted Hughes vécurent de 1961 à 1962. C'est là qu'elle tint ses ruches et composa une partie des poèmes d'Ariel, avant la séparation douloureuse du couple.
Dernier domicile de Plath, où elle s'installa à l'hiver 1962-1963 avec ses deux enfants. Cet appartement avait autrefois appartenu à W. B. Yeats, ce que Plath considérait comme un signe. C'est ici qu'elle mourut le 11 février 1963.
