Tefnout

Tefnout

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MythologieSpiritualitéMilitaireReligieux/seAvant J.-C.Égypte ancienne, de l'Ancien Empire jusqu'à l'époque ptolémaïque (env. 2700 av. J.-C. – 30 av. J.-C.)

Tefnout est une déesse égyptienne à tête de lionne, personnification de l'humidité et de la rosée. Fille de Rê et sœur-épouse de Shou, elle fait partie de l'Ennéade d'Héliopolis. Elle incarne la pluie nourricière et participe à l'équilibre cosmique.

Questions fréquentes

Tefnout est une déesse à tête de lionne qui personnifie l'humidité, la rosée et la pluie nourricière. Membre fondatrice de l'Ennéade d'Héliopolis, elle est la fille du dieu créateur Atoum-Rê et la sœur-épouse de Chou, l'air sec. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne une force cosmique essentielle : sans son humidité, la terre égyptienne se dessécherait et la vie deviendrait impossible. Elle participe aussi à l'équilibre de l'univers en aidant Chou à séparer le ciel de la terre.

Faits marquants

  • Tefnout est mentionnée dès les Textes des Pyramides (env. 2400 av. J.-C.), parmi les plus anciens textes religieux du monde
  • Elle forme avec son frère Shou un couple primordial représentant l'air et l'humidité, éléments fondamentaux de la création
  • Fille directe du dieu solaire Rê (ou Atoum selon les variantes), elle est intégrée à la cosmogonie héliopolitaine
  • Elle est souvent représentée comme une femme à tête de lionne ou comme une lionne entière, associée parfois à la déesse Sekhmet
  • Son culte était particulièrement actif à Léontopolis (Tell el-Muqdam) et à Memphis

Œuvres & réalisations

Textes des Pyramides de Saqqarah (Vers 2400-2300 av. J.-C.)

Ensemble de formules religieuses gravées dans les pyramides royales où Tefnout joue un rôle essentiel comme source d'humidité vitale pour la résurrection du pharaon. C'est la plus ancienne mention écrite attestée de la déesse.

Représentations iconographiques de l'Ennéade d'Héliopolis (De l'Ancien Empire à l'époque ptolémaïque (2700 – 30 av. J.-C.))

Des milliers de bas-reliefs, peintures et statues représentent Tefnout au sein de l'Ennéade héliopolitaine, à tête de lionne, tenant le disque solaire. Ces œuvres ornaient les murs des temples, des tombes et des objets funéraires.

Mythe de l'Œil du Soleil (Papyrus de Leyde, démotique) (IIIe-Ier siècle av. J.-C.)

Long récit narrant l'exil de Tefnout en Nubie et sa réconciliation avec Rê grâce à Thot. Ce texte constitue le témoignage littéraire le plus développé sur la déesse et révèle la richesse narrative de la mythologie égyptienne tardive.

Hymnes du Temple d'Esna (Ier siècle av. J.-C. – IIe siècle apr. J.-C.)

Séries d'inscriptions liturgiques gravées sur les colonnes du temple d'Esna célébrant Tefnout comme déesse cosmique à la fois douce et terrible. Ces hymnes témoignent de la vitalité du culte égyptien sous la domination romaine.

Statuaire et amulettes léontocéphales (Du Moyen Empire à l'époque basse)

Nombreuses statuettes en faïence, bronze ou granit représentant Tefnout sous forme de femme à tête de lionne. Portées en amulettes ou déposées dans les tombes, elles invoquaient sa protection pour les vivants comme pour les défunts.

Anecdotes

Selon la cosmogonie héliopolitaine, Tefnout naquit directement du dieu créateur Atoum-Rê, qui la forma en expectorant — ou, selon certains textes, par masturbation divine. Elle et son frère-jumeau Chou furent ainsi les premiers êtres engendrés par le créateur, représentant ensemble l'air sec et l'humidité nécessaires à toute vie sur Terre.

Le mythe le plus célèbre lié à Tefnout est celui de l'Œil de Rê : prise de fureur, la déesse abandonna l'Égypte pour la Nubie sous la forme d'une lionne déchaînée. Sans son humidité, l'Égypte se dessécha et le cosmos se déséquilibra. Thot fut envoyé pour la calmer par la ruse et la flatterie, et son retour triomphal provoqua des fêtes et une renaissance de la végétation.

Dans les Textes des Pyramides — les plus anciens textes religieux écrits de l'humanité, gravés dans les pyramides de Saqqarah vers 2400 av. J.-C. — Tefnout est invoquée pour offrir au pharaon défunt sa salive sacrée, symbole d'humidité vitale permettant la résurrection dans l'au-delà. Cette association entre crachat divin et vie éternelle est unique dans la mythologie égyptienne.

Tefnout et son frère Chou formaient un couple cosmique indissociable : lui incarnait l'air sec et la lumière, elle représentait l'humidité et les nuages. Ensemble, ils séparèrent Geb (la Terre) de Nout (le Ciel), rendant possible l'existence du monde tel que les Égyptiens le connaissaient. Ce couple fondateur est figuré dans de nombreux temples, debout de part et d'autre de l'horizon.

À l'époque ptolémaïque, le culte de Tefnout connut un renouveau à Leontopolis (Tell el-Muqdam) dans le Delta. Des lionnes vivantes y étaient entretenues dans les temples comme incarnations terrestres de la déesse ; les prêtres leur apportaient de la viande et du vin, et leurs rugissements étaient interprétés comme des messages divins.

Sources primaires

Textes des Pyramides (Pyramid Texts) (Vers 2400-2300 av. J.-C.)
« Tefnout est ta sœur qui vit, elle crache son crachat sur ton visage pour que tu vives. » Les formules de résurrection invoquent Tefnout comme source d'humidité vitale pour le pharaon défunt.
Textes des Sarcophages (Coffin Texts) (Vers 2134-1991 av. J.-C.)
Tefnout y apparaît comme protectrice du mort, associée à l'œil gauche du Soleil et à la rosée céleste qui nourrit les champs de l'au-delà, les Champs d'Ialou.
Livre des Morts (Livre pour sortir au jour) (Vers 1550 av. J.-C.)
Tefnout est mentionnée parmi les dieux gardiens qui accueillent l'âme du défunt. Elle figure dans plusieurs vignettes comme protectrice de l'horizon oriental, aux côtés de Chou son époux.
Hymnes du Temple d'Esna (Ier siècle av. J.-C. – IIe siècle apr. J.-C.)
Les inscriptions décrivent Tefnout comme « Maîtresse du ciel, dame de l'horizon, œil du Soleil, celle qui crache la flamme contre les ennemis de Rê ». Elle est célébrée à la fois comme déesse douce de la rosée et comme lionne vengeresse.
Mythe de l'Œil du Soleil (Papyrus de Leyde, en démotique) (IIIe-Ier siècle av. J.-C.)
Ce texte tardif narre le voyage de Tefnout en Nubie sous forme de lionne furieuse et la mission de Thot pour la ramener. L'échange entre les deux dieux est riche en fables et en symboles cosmologiques.

Lieux clés

Héliopolis (Iounou / On), Égypte

Principal centre théologique du culte solaire, où fut élaborée l'Ennéade dont Tefnout est membre fondateur. C'est ici que les prêtres codifièrent le mythe de sa naissance issue d'Atoum-Rê.

Leontopolis (Tell el-Muqdam), Delta du Nil

Ville du Delta dédiée au culte des lionnes sacrées, incarnations terrestres de Tefnout. Des lionnes vivantes y étaient vénérées dans l'enceinte du temple, nourries et soignées par des prêtres spécialisés.

Méroé, Nubie (Soudan actuel)

Destination mythique de Tefnout lors de son exil sous forme de lionne furieuse. Le désert nubien représente dans le mythe le lieu de l'épreuve cosmique : là où la déesse se retire, la sécheresse s'installe en Égypte.

Temple d'Esna (Latopolis), Haute-Égypte

Temple ptolémaïque et romain où de nombreuses inscriptions et hymnes célèbrent Tefnout comme déesse cosmique. Les textes gravés sur ses colonnes constituent l'une des sources les plus riches sur sa mythologie tardive.

Memphis (Mennéfer), Égypte

Ancienne capitale de l'Égypte où les traditions théologiques héliopolitaines et memphites se croisaient. Des stèles et représentations de Tefnout y ont été retrouvées, témoignant de la diffusion de son culte dans tout le pays.

Voir aussi