Cixi fut la véritable dirigeante de la Chine impériale pendant près de cinquante ans, d'abord comme régente puis comme détentrice du pouvoir réel. Issue d'un rang modeste, elle s'imposa à la cour des Qing et influença profondément le destin de la Chine face à l'impérialisme occidental.
Tzu-Hsi (Cixi)
Cixi (Tzu-Hsi), impératrice douairière de Chine
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Mieux vaut régner que servir.»
« Je n'ai jamais voulu que le pouvoir, et maintenant que je l'ai, je dois l'exercer seule.»
Faits marquants
- 1835 : Naissance de Cixi dans une famille mandchoue de rang modeste
- 1861 : Devient régente à la mort de l'empereur Xianfeng, aux côtés de l'impératrice Ci'an
- 1898 : Met fin aux Cent Jours de réformes de l'empereur Guangxu et le fait arrêter
- 1900 : Soutien ambigu à la rébellion des Boxers, puis fuite de Pékin lors de l'intervention des Huit Nations
- 1908 : Meurt le lendemain de l'empereur Guangxu, après avoir régné de fait sur la Chine pendant près de 50 ans
Œuvres & réalisations
Cixi fit reconstruire le Palais d'Été détruit par les troupes franco-britanniques en 1860, en partie avec des fonds destinés à la marine impériale. Ce complexe est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO et reste l'un des plus beaux jardins impériaux du monde.
Cixi reprit le contrôle total du gouvernement en annulant les réformes de l'empereur Guangxu, faisant exécuter six réformateurs et assignant l'empereur à résidence. Cet acte illustre sa maîtrise politique absolue et son refus d'une modernisation qui l'aurait marginalisée.
Après l'humiliation des Boxers, Cixi lança paradoxalement les réformes les plus ambitieuses de sa vie : abolition des examens impériaux en 1905, création d'écoles modernes, réforme judiciaire, ébauche d'une constitution. Trop tardives pour sauver la dynastie, elles transformèrent néanmoins durablement la société chinoise.
Cixi pratiquait quotidiennement la peinture dans le style traditionnel chinois et signait ses œuvres de son propre sceau impérial. Plusieurs de ses toiles sont conservées dans des musées américains et européens, où elles furent envoyées comme cadeaux diplomatiques.
Pour restaurer l'image de la Chine après le désastre des Boxers, Cixi organisa des réceptions officielles avec les épouses des ambassadeurs étrangers à la Cité interdite, rompant avec des siècles d'isolement protocolaire de la cour impériale.
Anecdotes
Née dans une famille mandchoue modeste, Yehe Nara fut sélectionnée comme concubine de l'empereur Xianfeng vers l'âge de seize ans. Son ascension fut accélérée par la naissance, en 1856, du seul fils mâle de l'empereur : à la mort de Xianfeng en 1861, elle s'imposa comme régente, contournant habilement les huit dignitaires désignés pour gouverner à sa place.
Passionnée d'opéra de Pékin, Cixi fit construire un théâtre somptueux de trois étages au Palais d'Été et n'hésitait pas à corriger les acteurs en pleine représentation lorsqu'une note ou un geste lui déplaisait. Elle s'identifiait volontiers à Guanyin, la déesse bouddhiste de la compassion, et se fit photographier en ses habits de déesse — une mise en scène totalement inédite pour une souveraine chinoise.
En 1898, l'empereur Guangxu tenta de moderniser la Chine en cent jours de réformes radicales. Cixi réagit avec une rapidité implacable : elle fit arrêter les réformateurs, en fit exécuter six — les 'Six Martyrs de Wuxu' — et plaça l'empereur sous résidence surveillée sur une île du lac impérial, où il demeura prisonnier jusqu'à sa mort, dix ans plus tard.
Lors de la prise de Pékin par les Huit Nations en août 1900, Cixi s'enfuit de la Cité interdite déguisée en paysanne mandchoue ordinaire, abandonnant pour la première fois de sa vie le palais qu'elle n'avait presque jamais quitté. Elle rejoignit Xi'an, à plus de 1 000 kilomètres, dans des chariots bâchés, traversant des provinces dévastées, avant de négocier à distance le Protocole Boxeur qui condamna la Chine à payer 450 millions de taëls d'argent.
Cixi mourut le 15 novembre 1908, un jour après l'empereur Guangxu, dont la mort soudaine à 37 ans reste suspecte : des analyses modernes ont révélé en 2008 des taux d'arsenic massifs dans ses cheveux, confirmant l'hypothèse d'un empoisonnement ordonné pour éviter qu'il ne reprenne le pouvoir. Ses dernières paroles, rapportées par les chroniques de cour, auraient été : 'Ne laissez plus jamais une femme gouverner la Chine.'
Sources primaires
L'Impératrice Douairière reprend la conduite des affaires de l'État. L'Empereur, dont la santé est gravement altérée, Nous a supplié de gouverner en son nom. Nous obéissons à cet appel dans un esprit de dévouement envers la dynastie et le peuple.
L'Impératrice Douairière était vêtue de soie jaune impériale brodée de dragons d'or, et portait une coiffure ornée de fleurs fraîches et de bijoux de jade vert. Son regard était perçant et son autorité naturelle s'imposait à tous sans qu'elle eût besoin d'élever la voix.
La cour de Pékin est entièrement dominée par la volonté de l'Impératrice Douairière. Aucune décision importante ne se prend sans son accord. Elle possède une intelligence politique hors du commun et une capacité à manœuvrer entre les factions qui force l'admiration de quiconque suit les affaires chinoises.
La Chine s'engage à payer une indemnité de quatre cent cinquante millions de taëls d'argent, payables en trente-neuf ans avec intérêts. Des fortifications seront érigées à Pékin pour la protection permanente des légations étrangères.
Sa Majesté prenait chaque matin son pinceau avant toute audience. Elle peignait ses pivoines avec une assurance qui n'appartenait qu'à elle, et offrait les meilleures toiles aux ambassadeurs étrangers en signe de faveur impériale.
Lieux clés
Palais impérial où Cixi résida et gouverna pendant la majeure partie de sa vie, présidant les audiences dans la salle de la Pureté Céleste. Elle y mourut le 15 novembre 1908, après un demi-siècle de pouvoir.
Résidence estivale reconstruite par Cixi entre 1888 et 1895, en partie avec des fonds détournés de la marine impériale. Elle y passait plusieurs mois par an ; ce complexe de jardins et de pavillons autour d'un lac artificiel est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Résidence d'été impériale où l'empereur Xianfeng mourut en 1861. C'est là que Cixi organisa son coup d'État contre les huit régents désignés par le défunt, posant la première pierre de son ascension au pouvoir.
Ville où Cixi se réfugia lors de la prise de Pékin par les forces internationales en 1900, vivant plus d'un an en exil avant de négocier le Protocole Boxeur et de regagner triomphalement la capitale en 1902.
Nécropole de la dynastie Qing où Cixi fut inhumée dans un tombeau somptueux qu'elle avait fait construire et décorer de son vivant. Le tombeau fut pillé par des soldats en 1928, et le corps de Cixi profané.
Objets typiques

Siège impérial laqué de rouge et d'or, orné de dragons sculptés, symbole suprême du pouvoir en Chine. Cixi le présidait lors des grandes audiences, parfois dissimulée derrière un rideau de gaze jaune selon le protocole de régence.

Cixi était une peintre accomplie, pratiquant chaque matin l'art du pinceau dans le style traditionnel chinois. Ses peintures de pivoines, de wistérias et de bambous, signées de son sceau personnel, étaient offertes aux dignitaires étrangers comme cadeaux diplomatiques.

Bracelets, épingles à cheveux et médaillons en jade néphrite vert, couleur réservée à la famille impériale. Cixi possédait l'une des plus vastes collections de jade de la cour des Qing et en portait en toutes circonstances.

Litière en bois laqué et soie jaune portée par seize eunuques, utilisée pour tous les déplacements de Cixi à l'intérieur de la Cité interdite et vers le Palais d'Été. Le jaune était la couleur exclusive de l'autorité impériale suprême.

Vêtements de scène brodés aux couleurs vives, dont Cixi était une fervente admiratrice. Elle fit construire un théâtre de trois étages au Palais d'Été et connaissait de nombreux rôles classiques par cœur.

Cachet en jade apposé sur les édits officiels, dont la possession conférait l'autorité légale sur tous les actes de gouvernement. Cixi contrôlait jalousement les sceaux impériaux, instrument concret et symbolique de son pouvoir.

À partir de 1903, Cixi accepta d'être photographiée — notamment par la dame de compagnie Xunling. Ces portraits officiels, parmi les premiers d'une souveraine chinoise, furent diffusés à l'étranger pour redorer son image après la catastrophe des Boxers.
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Vie quotidienne
Matin
Cixi se levait avant l'aube et commençait sa journée par une longue toilette rituelle : ses servantes l'aidaient à dresser sa coiffure mandchoue en large plateau, ornée de fleurs fraîches et de bijoux de jade renouvelés chaque matin. Elle prenait ensuite un premier repas léger — soupe de riz et légumes — avant une séance de peinture ou de calligraphie qu'elle considérait comme une discipline spirituelle autant qu'artistique.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrées aux audiences officielles, que Cixi présidait depuis son trône, parfois dissimulée derrière un rideau de gaze jaune conformément au protocole de régence. Elle recevait ministres, généraux et, à partir de 1902, parfois des représentantes étrangères. Entre deux séances, elle aimait se promener en barque sur le lac Kunming du Palais d'Été, accompagnée de ses dames de compagnie.
Soir
Les soirées étaient souvent agrémentées de représentations d'opéra de Pékin, que Cixi suivait avec une attention d'experte, interrompant parfois les acteurs pour corriger une note ou un geste. Elle soupait ensuite d'un repas élaboré servi en silence par les eunuques, puis se retirait dans ses appartements décorés de ses propres peintures et de vases précieux.
Alimentation
La table de Cixi comportait théoriquement plus d'une centaine de plats à chaque repas, préparés par une brigade de plus de cent cuisiniers, bien qu'elle n'en goûtât réellement qu'une dizaine. Elle affectionnait les canards laqués, les soupes de lotus, le gruau de millet et les boulettes de porc ; elle était aussi réputée pour son goût prononcé des sucreries et des fruits confits.
Vêtements
Cixi portait des robes mandchoues (qipao) en soie brodée dans des teintes jaune impérial, mauve ou pourpre, ornées de motifs de pivoines, dragons et phénix. Elle chaussait des semelles-plateau en bois laqué, style mandchou traditionnel lui conférant une démarche distinctive. Ses tenues changeaient plusieurs fois par jour selon les circonstances protocolaires.
Habitat
Cixi résidait principalement dans les appartements de l'Impératrice douairière à la Cité interdite, puis au Palais d'Été qu'elle fit embellir à grand frais. Ses appartements étaient décorés de meubles en bois de rose et en laque, de porcelaines de Jingdezhen, et ses murs ornés de ses propres peintures ainsi que de calligraphies de grands maîtres.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Reconstruction du Palais d'Été (Yiheyuan)
1888-1895
Coup d'État du 21 septembre 1898 et répression des Cent Jours
Septembre 1898
Nouvelles Politiques (Xinzheng, 新政)
1901-1908
Peintures à l'encre : pivoines, wistérias, bambous
circa 1890-1908
Protocole d'ouverture diplomatique — réceptions des épouses d'ambassadeurs
1902






